Binti, tome 2 : La Mascarade nocturne - Nnedi Okorafor

Posted by with 6 comments

Binti, tome 2 : La Mascarade nocturne - Nnedi Okorafor
Editions ActuSF // 2021 (2018 VO) // 280p

Après un premier tome que j'avais trouvé, malgré quelques défauts, excellent sur bien des aspects, j'attendais avec impatience la parution de la conclusion de cette série. Et si j'y retrouve certaines choses qui m'ont plu, ce n'est malheureusement pas complètement à la hauteur.


On retrouve Binti sur Terre, alors qu'elle a renoué avec sa famille et découvert qu'une partie de celle-ci est descendante d'un peuple ayant noué contact avec des extraterrestre, et qu'elle possède une partie de leur technologie en elle. Dans le même temps, le conflit Koush / Méduse s'enflamme à nouveau, prenant dans son feu croisé la famille de Binti.

Binti va devoir utiliser ses capacités d'harmonisatrice pour tâcher de ramener la paix tout en acceptant les révélations sur son identités et les changements radicaux dans son corps et son esprit.

 *  *  *

Si l'on retrouve notre héroïne avec plaisir, malheureusement, les défauts évoqués dans le premier tome se répètent, et parfois s'exacerbent même. Deus ex machina, résolution simpliste et atermoiement qui trainent en longueur viennent parasiter une intrigue potentiellement très intéressante.

Car cette intrigue si elle explore encore les thèmes des identités multiples, parle aussi d'émancipation, de bousculer un ordre social et de changement. Et voir Binti chercher sa place, déployer des efforts pour aller au-delà des vieilles rancunes, tenter de concilier des personnes que tout oppose est intéressant.

 

Ce dernier tome de Binti apporte une conclusion relativement satisfaisante dans le sens où elle répond à la plupart des questions en suspens et achève globalement le parcours initiatique de l'héroïne. Malheureusement, des facilités scénaristique, et certaines révélation viennent entacher le tableau.

Quoi qu'il en soit, le bilan global de la trilogie reste positif et en fait une œuvre qu'on pourra sans souci recommander aux novices souhaitant s'initier à la SF.

 Iels en parlent : Dragon Galactique, La Diversithèque 

Sur la pàl - Mai 2021

Posted by with 6 comments

 

Un mois en demi teinte niveau lecture entre de la fatigue et quelques lectures moins inspirantes. Mais au moins, ce qui fut bon fut très bon :)

Lectures du mois :

Demain et le Jours d'après - Tom Sweterlitch (Chronique ici) ★★★

Un enquête glauque dans une dystopie cyberpunk, prenant et intéressant, peut-être trop sombre pour moi.

Les Héritiers - Fabien Clavel (Chronique ici) ★★★

Star Wars : En Pleine Ténèbres - Claudia Gray (Chronique ici) 💜

Binti 2 : La Mascarade Nocturne - Nnedi Okorafor ★★★
Chronique à venir mais j'ai été globalement déçu alors que j'en attendais beaucoup.
Il y a de bonnes choses dans ce tome, mais des défauts qui m'ont ennuyés.


Tout ce qui reste de nous - Rosemary Valero-O'Conell 💜

J'en ai parlé plus en détails sur Instagram mais je reprendrais peut-être mon avis sur le blog, mais rapidement : c'est excellent, de la belle SF, étrange, weird et queer avec des graphisme de toute beauté.

Comics divers

J'ai poursuivi mon rattrapage de la deuxième phase des séries X-Men avec les tomes 1 des séries Hellions, Wolverine et Cable pour être fin prêt à attaquer enfin le crossover X of Sword.

Globalement sympathique mais sans plus à l'exception de Cable que j'ai beaucoup aimé.

Lu aussi le tome 6 de Daredevil de Zdarsky, un volume entaché par les tie-in chiant à l'event King in Black. Globalement j'accroche moins à cette partie du run de l'auteur avec Daredevil en prison. J'ai un problème de crédibilité et je trouve que c'était mieux géré par Brubaker à l'époque dans l'arc The Devil in Cellblock D.



[Star Wars] En pleines ténèbres - Claudia Gray

Posted by with No comments

En pleines ténèbres - Claudia Gray
Pocket Imaginaire // 2021 // 448p
- Livre lu en service presse -

Après l'excellent La Lumière des Jedi de Charles Soule qui inaugurait la periode de la Haute République, c'est cette fois-ci à Claudia Gray de s'y mettre avec un roman à l'ampleur différentes mais tout aussi intéressant.

Reath Silas est padawan de la maître au conseil Jora Malli et il se destine à une vie paisible d'archiviste Jedi sur coruscant, loin de l'aventure et de l'excitation, jusqu'au jour où Maitre Jora lui annonce qu'elle va être muté dans la bordure exterieure sur la nouvelle station, le Flambeau Stellaire. Un déménagement qui ne plaît pas trop à Reath qui se retrouve ainsi confronté à des doutes sur ses motivations de Jedi, sur son devoir envers l'ordre.

Son maitre étant parti en avance, Reath se retrouve à prendre un transport quelques jours plus tard, en compagnie de 3 autres Jedi. Mais c'est au cours du trajet que Grand Désastre arrive et notre transport et nos Jedi vont se retrouver coincé en plein transit sur une station spatiale mystérieuse qui semble abandonnée depuis des siècles et où rôde l'ombre du côté obscur...

*  *  *

Le moins qu'on puisse dire c'est que c'est un roman riche et dense qui a beaucoup de choses à offrir.

Côté intrigue déjà c'est très réussi. L'exploration de la station dans la première moitié du roman pose une ambiance oppressante, et multiplie les problèmes pour nos Jedi. Entre la gestions des différents équipages échoués dans le coin et pas toujours enclin à coopérer, les dangers posées par l'étrange végétation qui prospère au cœur de la station, les visions perturbantes qui assaillent les Jedi et ce sentiments omniprésent qu'une obscurité rôde prête à déferler sur la galaxie.

C'est aussi l'occasion de forcer nos 4 Jedi à l'introspection. Chacun possède des doutes ou bien agit d'une manière qui semble ne pas toujours être en accord avec l'ordre. C'est ainsi qu'on découvre avec Orla Jareni la notion de Cheminant, des Jedi qui ressentent le besoin d'agir en dehors de l'ordre un moment sans pour autant lui tourner le dos définitivement. Les réflexions sur la gestion des émotions par le Jedi sont aussi nombreuses, la manière dont ceux-ci abordent le deuil,dont ils doivent se détacher et finalement les dégâts que cela peut occasionner. Si l'on sent que l'ordre est plus détendu sur ces question qu'à l'époque de la Prélogie, on voit les prémices de règles plus autoritaires et on voit que trop de non dit commencent à faire des dégâts.

*  *  *

Si les Jedi sont ici encore au cœur du récit, ils ne sont pas les seuls puisque Claudia Gray nous met en scène l'équipage attachant du Vaisseaux (oui c'est son nom) avec Alfie, jeune co-pilote en formation, fille adoptive de la cheffe de la Guilde de Byn qui va se retrouver confronter aussi à ses propres problèmes, à des questionnement sur la famille trouvé, sur ce qu'on est prêt à accepter des gens qu'on aime.

Et puis, l'autrice met en scène avec cet équipage, probablement l'un des meilleurs personnage, Géode. Géode est... un être minéral, basiquement un gros rocher qui est toujours dans le coin, qui ne dit rien mais n'en pense pas moins, dont le mutisme est à la fois très amusant et l'occasion de pousser les personnages interagissant avec lui à se poser les bonnes questions. Géode est très réussi.

S'il fait la part belle aux introspections et réflexions, l'action n'est pas absente pour autant. Ainsi la dernière partie du roman nous confronte à ce qui sera l'un des nouveaux ennemis récurrent de la période, les Drengir, une forme de vie végétal violemment prédatrice. Et Claudia Gray n'oublie pas évidement de nous mettre en scène les pirates Nihil déjà découvert dans la Lumière des Jedi.

C'est un roman dense et riche qu'offre Claudia Gray. S'il n'a pas l'ampleur galactique de son prédecesseur, il offre une histoire prenante et passionnante mêlant mystères du côté obscur et  intrigues plus personnelles. Claudia Gray comme à son habitude nous offre une galerie de personnages intéressante et travaillées, et profite de l'occasion pour nous en dévoiler plus sur le contexte de l'époque, le fonctionnement de l'ordre et remettre en questions son fonctionnement. Bref, c'est une grosse réussite, un roman indispensable qui continue de nous offrir de très belle chose pour ce qui est l'une des saga Star Wars les plus enthousiasmante depuis longtemps !


> Iels en parlent : Xapur


Les Héritiers - Fabien Clavel

Posted by with 4 comments

Les Héritiers - Fabien Clavel
Actu SF // 2021 // 750p
Livre lu en service presse

Les Héritiers, un nouveau livre dans l'univers des Feuillets de Cuivre, voilà qui avait tout pour me faire envie tant j'ai trouvé ce dernier extrêmement réussi. Malheureusement, avec cette suite qui n'en est pas une, la rencontre ne s'est pas faite complètement.

1899, Paris, en pleine belle époque, on découvre une société féérique cachée qui vit parmi les humains et qui est traversée par de nombreuses dissensions politiques. Dans cet univers où Merlin veille sur une Avalon en pleine déliquescence, nous allons suivre principalement Raphaël, sylve de son état, sauf qu'il ne le savait pas et le découvre à l'âge adulte.

Son parcours de découverte de sa nature va l’amener à croiser d'autres personnages féérique, vampyre, farfadet et autres, et va l'impliquer dans une terrible machination dont le but ultime semble être la destruction d'Avalon.

* * *

C'est un long pavé. Pas forcément un défaut dans le genre de la fantasy quand cela permet de présenter un univers, développer un intrigue complexe, prendre son temps. Malheureusement, il y a ici beaucoup de longueur qui égarent l'intrigue principale et délayent un peu l'histoire.

Une histoire qui s'avère intéressante avec son mélange entre mythe arthurien et une ambiance belle époque mais où certaines intrigues secondaires viennent parasiter le récit principal. Si le lecteur des Feuillets de Cuivre retrouvera avec plaisir le commissaire Ragon, on regrettera que tout ce qui le concerne ne s'intègre finalement qu'à la marge de notre histoire.

Une histoire qui développe pourtant des choses intéressantes avec ses luttes de factions, monarchistes, révolutionnaires ou autres, mais qui manque un peu de profondeur. Un manque de profondeur qu'on retrouve aussi dans certains personnages.

Le protagoniste Raphaël, bien qu'archétypal est plutôt bien campé, de même que certains personnages secondaires. On notera surtout l'attachant vampire Bela ainsi que l'amusant Ferdinand.

Là où le bât blesse c'est côté personnages féminins. Ceux-ci sont peu présent puisqu'il faut attendre la moitié du livre pour en avoir un d'importance, et que concrètement c'est le seul et qu'il sert principalement de love interest à une romance mal foutu.

C'est dommage car on retrouve dans ce roman le style riche tout en fioriture de Clavel, un univers foisonnant en potentiel et une intrigue qui mêle l'aventure, l'archéologie et le politique. Un mélange potentiellement détonnant dans un cadre des plus réussi mais dont les défauts auront nuit à mon plaisir de lecture.

Les oiseaux du temps - Amal El-Mohtar & Max Gladstone

Posted by with 14 comments

Les oiseaux du temps - Amal El-Mohtar & Max Gladstone
Mu // 2021 (2019 VO) // 192p

Bon j'annonce, ce roman est un énorme coup de cœur. Et paradoxalement, il m’apparaît difficile d'en parler. L'histoire est simple et complexe à la fois, et j'ai peur que rien de ce qu'en j'en dirais ne lui rende vraiment justice et soit à la hauteur de ce que j'ai ressenti pour ce magnifique récit, cette superbe romance lesbienne.

Rouge travaille pour l'Agence, Bleu, travaille pour le Jardin, toutes les deux sont des agentes de terrain, impliqués dans une guerre temporelle où elles passent leur temps à lier des trames et délier celles de l'adversaire. Jusqu'au jour où Bleu tombe, sur un champ de bataille, sur une lettre laissé par Rouge à son attention.

C'est ainsi que commence entre les deux femmes une correspondance, qui lentement va tisser entre elles une relation forte, les premières provocation s'effaçant pour laisser place à la confiance et finalement à l'amour. 

* * *

L'intrigue est en fait assez simple, Rouge et Bleu s'affronte, interfèrent dans les missions l'une de l'autre cherchant à déstabiliser l'autre camp, mais le contexte restera relativement flou jusqu'au bout. Au fil des chapitres alternant entre les lettres de l'une ou de l'autre et leurs mission, on en découvrira bien sûr un peu plus sur Jardin et l'Agence mais sans jamais avoir d'idée précise de leur but ou de leur motivation, autre que la victoire de leur camps, l'imposition de leur vision de la vie au détriment de celle de l'adversaire.

Car si une chose est tout de même clair, c'est que ces deux camps ont des concept de vie radicalement opposés. Jardin nous apparait comme un organisme biologique total, d'où viennent chacune de ces créature tandis que l'Agence semble être une entité numérique, un esprit de ruche qui ne s'incarne et n'accède au biologique que pour s’impliquer dans la guerre qu'elle se livre avec Jardin. Deux visions du monde donc, a priori irréconciliable mais dont, au fil des discussions de plus en plus sincère  de Rouge et Bleu, nous allons découvrir les points communs et les différences avec plus de précisions.

Les missions qui nous sont présentés nous permettent donc d'esquisser les contours de ces deux sociétés mais surtout de découvrir à chaque fois les lettres que se laissent nos deux agentes. Et les moyens de communication utilisés sont bien loin des simples missives de papier, puisque les deux femmes rivalisent de ruse et d'ingéniosité pour coder, camoufler, incorporer les messages qu'elles se transmettent.

* * *

Si le contexte de la guerre temporelle à bien sûr une importance dans l'histoire, ne serait-ce que pour nous permettre de saisir les enjeux culturels qui opposent les deux femmes, il reste globalement très secondaire au regard de la relation que vont tisser les protagonistes. 

Et ceci, est fait de la plus belle des manière. Tout d'abord on a le style, poétique, lyrique, plein d'une beauté flamboyante qui, allié à cette histoire va toucher au cœur.

Et quelle histoire ! Les oiseaux du temps nous parle d'Amour bien sûr, mais plus largement des liens qui unissent, des différences qui rapprochent plus qu'elles ne séparent. Ce livre nous parle de l'altérité la plus radicale, de l'autre dans tout ce qu'il peut avoir d'étrange, différent, repoussant même et de comment, en embrassant cette altérité, on y trouve la joie. 

Amal El-Mohtar et Max Gladstone nous parlent aussi de la façon dont la confiance se gagne, se tisse, se donne surtout, avec la lente et inexorable progression la relation de Bleu et Rouge. C'est fait tout en subtilité, sans précipitation, avec tantôt de la douceur, tantôt un désir puissant qui dévore tout.

Incontestablement ancré dans la science-fiction par son contexte, ses thèmes et sa forme,  Les Oiseaux du Temps est un livre magnifique, poétique, beau, ardent, plein de désir et d'amour, touchant au-delà du dicible, qui met tout son arrière plan, toute sa construction au service de son histoire. Il utilise savamment tout les éléments mis en place pour nous faire vibrer jusqu'à la toute fin, c'est un livre intelligent, qui reste en tête, qui joue avec nous aussi, en offrant de subtils et savamment dosés retournement de situation et qui remplis d'émotions fortes.

C'est un livre qui se ressent, et qui peut potentiellement être clivant, pour peu que les non-dits, les zones d'ombres laissé à l'imagination du lecteur ou de la lectrice entache le plaisir et frustre.

Mais c'est un livre fort qui marque et qui mérite absolument qu'on lui laisse sa chance.

Iels en parlent : Lianne, L'ours inculte, Les histoires de Lullaby, Vanille, Le Maki

Demain et le jour d'après - Tom Sweterlitsch

Posted by with 4 comments

Demain et le jour d'après - Tom Sweterlitsch
Albin Michel Imaginaire // 2021 (VO 2014) // 416p
Livre lu en service presse

J'étais très curieux de ce roman qui annonçait une enquête sombre sur fond cyberpunk et c'est totalement ça effectivement, bien que, plutôt que sombre, il vaut mieux parler de glauque, sordide, voir franchement crade.Mais regardons déjà de quoi ça parle.

Futur proche, 10 ans après l'attentat de Pittsburgh qui a réduit la ville à l'état de scories. John Dominic Blaxton, un poète à perdu sa femme et son enfant à naître lors de cet évènement et depuis il reste englué dans une profonde dépression et se perd régulièrement dans l'Archive, un double numérique de la ville construit à partir de toutes les images collectés par les multiples capteurs et caméras omniprésentes et qui permet de s'y promener pour revivre des moments de sa vie pour peux que ceux-ci aient été captés. Pour rendre l'immersion en réalité virtuelle plus tangible, il s'abîme régulièrement dans les drogues.
Son métier actuel d’enquêteur est un prétexte supplémentaire pour lui d’errer dans l'Archive, et c'est là qu'il va découvrir le cadavre d'Hannah. Une découverte qui va l'obséder totalement et dont la recherche de vérité va l'amener à découvrir des choses toutes plus immondes les unes que les autres.

* * *

L'enquête est relativement classique, mais suffisamment prenante et possède de multiple rebondissements et découvertes qui rendent le récit accrocheur malgré parfois certains événements prévisible.

Le monde décrit par Tom Sveterlitsch par contre est des plus intéressant. Située dans un futur assez proche, il extrapole une omniprésence des réseaux dans ce qu'ils ont de plus envahissant, par l'intermédiaire du Neurospam, sorte de smartphone connecté sur le cerveau et proposant un monde en RV remplie de réalité augmenté et de pop-up publicitaire intempestifs. Il imagine aussi une société du spectacle misogyne poussée à l'extrême où le porno est partout, ou les exécutions de condamnés à mort sont retranscrit en direct, présidé par une Présidente Meecham qui tient d'un mix obscène entre Trump et Sarah Palin. C'est un monde clairement déprimant, plongé dans l'autoritarisme, violent à l’extrême.

* * *

Il résulte malheureusement de cet univers un manque flagrant de personnages féminin variés et une tendance exagérée de l'auteur à nous présenté la violence de manière extrêmement graphique, et une violence principalement faite aux femmes. L'intrigue est centrée sur des féminicides et on peut comprendre que le but de l'auteur est de mettre en scène cette violence, ce monde misogyne pour l'exposer dans toute son horreur, mais c'est souvent trop.

Pour autant, le roman à malgré ça des choses très intéressantes à proposer, notamment concernant son personnage principal et son obsession pour sa femme défunte. L'auteur aborde la dépression de John Dominic avec beaucoup de justesse. Le récit à la première personne y est probablement pour beaucoup, mais on vit intensément les affres et souffrances du poète, on comprends sa détresse et les échappatoires qu'il se cherche.

Demain et le jour d'après est un roman dur qui porte peu d'espoir. Il propose une extrapolation de tout ce qu'il y a de pire dans notre monde actuel, un protagoniste dépressif qui peine à garder la tête hors de l'eau et une intrigue qui met au cœur de son récit des problématiques très contemporaine, les féminicides, la domination des hommes de pouvoirs et l'impunité qu'ils s'arrogent. C'est un roman qui a mon sens joue trop sur les violences faites aux femmes pour appuyer son propos et qui aurait mérité d'offrir des points de vues féminin plus divers même s'il offre avec l'une de ses personnages un exemple de résilience intéressant.

Je suis content d'avoir commencer ma découverte de l'auteur par ce qui est son premier roman, plutôt que Terminus car celui étant selon plusieurs avis plus abouti, je n'aurais pas de déception lors de ma lecture prochaine.

Iels en parlent : Lune

Ressources antisexistes pour s'éduquer

Posted by with 4 comments


 Le 21 avril dernier, et dans le cadre du mouvement #MeToo de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, Mediapart publiait un article mettant en cause Stéphane Marsan, co-fondateur de la maison d'édition Bragelonne, une maison bien connu dans notre microcosme SFFF. 

"Autrices, éditrices, étudiantes, traductrices ou stagiaires… Toutes font part de remarques et de gestes inappropriés, à connotation sexuelle, dans un cadre professionnel."

De nombreux témoignages, anonymes ou non y sont publiés.

Je ne suis pas journaliste donc je ne vais pas vous faire une analyse quelconque, exercice que je ne maitrise pas pour ce genre de chose, mais je voudrais faire part de mon soutien inconditionnel aux victimes de violences sexistes, sexuelles et masculinistes.

Notre petit milieu de la SFFF n'étant pas toujours le plus progressif, il faut bien l'éduquer un peu pour prévenir autant que possible ce genre de choses, c'est ainsi que Meor à tweeté :

"Hey les amis du milieu SFFF, vous seriez intéressés par une liste de ressources pédagogiques/lectures/critiques au sujet du sexisme, du harcèlement, et des choses que l'on peut faire indiv/collectivement pour enrayer ça? (je mets au masculin car...vous avez plus de pouvoir!)"

Du coup je me suis dis que j'allais compiler les choses que je lis, écoute pour tacher de m'éduquer sur ces sujets. Je sais que c'est très loin d'être exhaustif sur le sujet, mais ce sont des pistes et c'est bien sûr amené à évoluer à l'occasion. 

 

Ressources antisexistes

----- Livres -----

> La Domination Masculine - Pierre Bourdieu

C'est écrit par un homme, et je crois qu'il est un peu controversé, notamment à cause du fait qu'il ne cite pas nombre de féministes dont il utilise les travaux mais c'est le premier ouvrage que j'ai lu sur le sujet et... bon il me semble quand-même pertinent.

C'est très instructif dans sa manière de décrire les mécanismes de domination et notamment comment magrés les changements apparent les choses restent les même quand on va dans le détail mais c'est complexe et jargonnant.

> Nous sommes tous des féministes - Chimamanda Ngozie Adichie

Parfait pour une introduction aux questions féministes, en rajoutant un dimension supplémentaire lié aux problématiques des femmes noires. C'est court et très accessible.

> Chère Ijeawele. Un manifeste pour une éducation féministe - Chimamanda Ngozi Adichie

Je l'ai lu peu avant la naissance de ma fille et c'est intéressant. Sur le mode du témoignage cela offre des pistes de réflexions sur la manière d'éduquer nos enfants. Une réflexion essentielle si l'on veut changer le monde de demain.

> King Kong Théorie - Virginie Despentes

150 pages coup de poing entre l'autobiographie et l'essai qui décortiquent la violence des rapports hommes/femmes. C'est cru, un choc mais essentiel.

> Ces hommes qui m'expliquent la vie - Rebecca Solnit

Une compilation d'articles écrits par l'autrice sur plusieurs années. C'est parfois un peu décousu mais c'est intéressant.

> Une culture du viol à la française - Valérie Rey-Robert

Un livre clair et didactique sur la manière les violences sexuelles dans la société française. C'est extrêmement sourcé, très factuel et les analyses sont d'une grande pertinence.

----- Blogs, Sites et articles -----

> Crepe georgette

Blog tenu par Valérie Rey-Robert, je le lis depuis très longtemps, il a basiquement fait le principal de mon éducation sur les sujets du féminismes. 

> ça fait genre

Plus mis à jour depuis pas mal d'années, mais pleins de ressources très utiles

> La mecxpliqueuse

Blog qui analyse, parle et déconstruit la masculinité

> Antisexisme

Des articles complets qui analyses les différents mécanismes du sexisme

> Dans un choufleur

Un blog transféministe tenu par une amie très chère. Les mises à jours sont rares mais de qualité.

> Sur l'éducation au consentement

Article à l'usage des plus jeunes mais pas uniquement.

> Bibliographie Féministe

Sélection sur le site de libraires Librest

> Emma

Le blog de la dessinatrice Emma, celle qui a été popularisé par la publication de sa BD sur la charge mentale. Elle aborde d'autres sujets (anti racisme, anticapitalisme) mais bon... tout est lié

> S.L.I.P.
Société de Libération de l’Imaginaire contre les Préjugés.
Lutte contre les stéréotypes de genre, promotion de l'égalité garçon/fille, notamment au travers d'une littérature jeunesse inclusive. Leur compte instagram plein de recos littéraires

----- Podcasts -----

> Les Couilles sur la table

Podcast de référence sur les question de masculinité

> Un podcast à soi

Un podcast d'une très grande qualité qui analyse, partage des témoignages, recontextualise tout. C'est érudit, toujours pédagogique et très clair et la réalisation sans faille.

> Camille

Un podcast très pédagogique sur les questions de genre, parce que c'est essentiel de se questionner sur le genre quand on aborde les problématiques sexistes

> Breton.ne.s et féministes

Un podcast qui deux fois par mois "explore les féminismes en Bretagne".

> Quoi de meuf

Podcast qui parle pop culture en analysant des œuvres avec une perspective féministe intersectionnel

3 minutes contre les stéréotypes de genre

C'est court, à destination des enfants du primaire, mais pas inutiles pour certains adultes ^^

Epées et démons - Fritz Leiber

Posted by with 6 comments

Epées et démons - Fritz Leiber
Pocket SF // 1985 (VO 1970) // 250p

J'ai finalement décidé de m'attaquer à un monument de l'heroic fantasy, le Cycle des épées. Si je déplore régulièrement le manque de diversité dans les littérature de l'imaginaire (Oui ça évolu, je sais pas besoin d'une liste), j'ai malgré tout le coupable plaisir d'apprécier encore certains textes surannés, épiques et riches en aventure, tel que les Conan d'Howard. Mais à petite dose.

Bref, du coup en voyant passer un article récent de Xapur sur le sujet, je me suis rappelé que j'avais envie de lire cette saga du père de la Sword & Sorcery.
Bon par contre, vu que les intégrales Livre de Poche sont pas ultra agréable (avec une couverture très bof) et que les couv des éditions Bragelonne sont moche (à part celles des 10 ans mais dur à trouver), je me suis rabattu sur un lot trouvé d'occasion des Pocket SF à dos noir avec les illustrations de Siudmak en pleine page ! Et moi j'aime bien Siudmak, même si ses illustrations sont incompréhensible et / ou n'ont aucun rapport. C'est pas grave, c'est beau.

Bref c'est parti, pour de l'aventure, de la baston et de la magie noire !

Les Femmes des Neiges

Second texte du présent volume (mais le premier fait une page et s'avère être une vague introduction joliment écrite mais sans particulièrement d'interet) et l'on fait la connaissance de Fafhrd, un barbare des terres enneigés vivant sous la coupe d'une société matriarcale de sorcière des neiges acariâtres et envieuse... tout un programme.

C'est long, rempli de clichés sexiste, et pas palpitant pour deux sous. On découvre les origines d'un des héros, un barbare en quête de civilisation, mais qui ne se sent pas assez civilisé pour assumer sa paternité puisqu'il fuit sa future femme enceinte avec une saltimbanque sexy *soupire*. 

Vu qu'en l'on a encore aucun attachement particulier aux personnages, on s'ennuie ferme. C'est le soucis de présenter des œuvres dans une chronologie interne et non dans dans l'ordre de publication.

Le Rituel profané

Cette fois-ci, se sont les origines du Souricier Gris qui nous sont présentés, et si globalement on retrouve les même soucis de représentation féminine foireuse  (combo lâcheté et attireuse d'emmerdes *soupire*), cette fois-ci on a une intrigue plus prenante. Magie noire, meurtre, trahison et torture, rien que ça. On découvre le Souricier en apprenti magicien, éperdu d'amour pour Ivrian, la fille du Duc Janarl, un amour qui va lui causer bien des ennuis. L'intrigue n'est pas extraordinaire mais l'histoire est courte et le style suffisamment dynamique pour que l'on y trouve de l'interet.

Mauvaise rencontre à Lankhmar (Nebula Award and a Hugo Award)

Et on attaque le dernier morceau, la rencontre des deux (anti-)héros. Celle-ci se fait au détours d'une allée sombre dans la cité de Lankhmar, sur le détroussage de deux membre de la guilde des voleurs.
Leur rencontre fortuite les lie instantanément, dans l'ivresse, la violence et le tragique. Les deux héros sont à Lankhmar avec leurs amour respectifs rencontré dans les textes précédent, Fafhrd pour accomplir la vengeance de sa dulcinée, le Souricier pour tenter de maintenir le niveau de vie de la sienne.

Le texte laisse parfois perplexe tellement on a juste l'impression de voir le cliché de deux potes qui picolent ensemble et râlent sur leurs femmes respectives. Mais à côté de ça, leur rencontre semble à la limite de la bromance, et l'on ne peut pas s’empêcher de déceler un sous texte homoromantique entre les deux héros dans nombre de leurs interactions (ou alors j'ai trop de yaoiste dans mon entourage).

Côté intrigue, on a de la quête de vengeance, de l'infiltration dans une guilde des voleurs, un affrontement contre un mage noir terrifiant et de l'alcool, beaucoup. C'est plaisant à lire, parfois drôle, et la fin, bien que reposant sur un ressort scénaristique un peu trop usé fonctionne surprenamment bien et offre un retournement de situation dramatique du plus bel effet, offrant un contraste fort avec l'humour et l'aventure du texte.

Bon, de là à lui filer le Hugo et le Nebula par contre...

Premier contact en demi teinte donc avec cet univers et ces héros qui accusent leur âge mais qui semblent malgré tout prometteur. Ce premier tome souffre du défaut d'avoir été conçu avec un ordre de lecture ne facilitant pas l'immersion immédiate et proposant une introduction assez molle heureusement rattrapé par un dernier texte fort agréable. Je poursuivrais donc, ne serait-ce que parce que comme un couillon, j'ai acheté l'intégrale d'un coup... (Bon pour 6 balles, ça va).

Ils en parlent :
Xapur

 

[Star Wars] Une épreuve de Courage - Justina Ireland

Posted by with No comments


Une épreuve de courage - Justina Ireland
Hachette Jeunesse (Bibliothèque verte) // 2021 // 220p

Après l'excellentissime La lumière des Jedi, on continue la découverte de la Haute République avec un roman jeunesse, à destination des 8/10 ans, publié chez nous chez la Bibliothèque Verte. Les attentes sont forcément différentes, le public visé n'est pas le même et les ambitions sont toutes autres.

Vernestra "Vern" Rwoh est, à 16 ans, l'une des plus jeune chevalier Jedi. Sa première mission va l'assigner à la protection d'Avon Starros, 13 ans, fille d'une sénatrice de la République. Elles voyage dans le Steady Wing pour une croisière diplomatique en compagnie du maitre Jedi Douglas, de son Padawan Imri ainsi que de différents dignitaires de Dalnan. Suite à une catastrophe causé par les Nihils, Vern, Avon, Imri et le jeune dalnan Honesty vont se retrouvé isolés sur une planète jungle inhospitalière.

* * *

Le scénario de ce roman est simple, adapté à son public cible.Nos jeunes héros nous sont présentés, une catastrophe arrive et ils vont devoir survivre par eux-même, seuls, sans adultes, traversant ainsi des épreuves initiatrice transformatrices. Pas de révolution de ce côté et nous sommes bien sûr loin de l'ampleur galactique et de l'épique que propose La lumière des Jedi. 

Mais cela ne veut pas dire que le roman de Justina Ireland soit dénué d'intérêt, bien au contraire, car elle soigne particulièrement les caractères de ses personnages et leurs questionnements.

Ceux-ci traversent chacun leur épreuve, que ce soit la tentation du côté obscur, le deuil, la peur de ne pas être à la hauteur, et c'est très bien fait.

* * *

Pour peu que l'on soit sensible à la littérature jeunesse, ce nouveau roman de la Haute République est fortement recommandable. il nous fait découvrir de nouveaux personnages, aborde des sujets sérieux mais avec un traitement toujours bien adapté à son public cible.
En plus de cela, ce récit nous introduit de nouveau personnages que nous retrouvons dans les autres médias, participant à tisser la grande trame de cette nouvelle ère Star Wars.

Pour finir, juste un petit aparté sur l'édition française du livre. Étant un ouvrage jeunesse, celui-ci est forcément publié chez la bibliothèque verte. Le résultat c'est que l'édition est tout de même beaucoup moins qualitative, mais surtout que les 3 illustrations en double page que l'on retrouve dans l'édition originale non pas été inclues. C'est dommage...

[Star Wars] La lumière des Jedi - Charles Soule

Posted by with 2 comments
La lumière des Jedi - Charles Soule
Pocket SF // 2021 // 512 p
- Livre reçu en SP -

C'est peut dire que ce roman Star Wars était attendu, en effet, il s'agit du roman qui ouvre un nouveau pan de la saga Star Wars, La Haute République, une nouvelle période temporelle se passant 200 ans avant la menace fantôme et présentant une république au sommet de sa gloire, et un âge d'or pour l'Ordre Jedi. 

Je dois dire que j'étais fortement enthousiasmé devant les annonces de cette nouvelle saga littéraire. Même si le nouveau canon Star Wars nous a offert de beaux romans jusqu'à présent (et je suis loin d'avoir encore tout lu), je trouve que l'on manquait de saga littéraire d'ampleur comme à pu l'être par le passé la série du Nouvel Ordre Jedi, 20 tomes publié sur de nombreuses années et qui a marqué profondément l'univers Star Wars. Et là, en privilégiant le volet littérature (et comics), Lucasfilm nous fait un très beau cadeau qui promet de belles histoires pour les années à venir. 

La tâche est rude pour Charles Soule puisqu'avec ce roman il doit donner le la de la Haute République, présenter la période, ouvrir la voie aux nombreuses histoires à venir et bien sûr ne pas oublier de raconter une histoire. Alors trêve de suspens, c'est une très grosse réussite, et nous allons voir ça en détails. 

* * * 

200 ans avant la menace fantôme, la chancelière Lina Soh s’apprête à inaugurer le Flambeau Stellaire, une station spatiale située dans la Bordure extérieure dont le but est de faire rayonner la république jusque dans ses confins, de montrer aux systèmes reculés qu'ils ne sont pas oubliés, d'améliorer les communications, d'offrir un point de rencontre culturel, politique, d'héberger un avant-poste Jedi d'importance. Sauf qu'il y a un accident, un drame, le Legacy Run rencontre un problème dans l'hyperespace et le vaisseau se disloque propulsant un monceau de débris quasiment à la vitesse de la lumière dans le système Hetzal, et même au-delà. Heureusement, un contingent de Jedi à proximité mené par la Maitre Avar Kriss intervient pour gérer la catastrophe. Cette catastrophe est-elle accidentelle ou bien a-t-elle un rapport avec les mystérieux Nihil, sorte de gang de pilleurs qui surgit et disparaît presque à volonté, pliant l'espace à ces désirs ? 

* * *

Le roman de Charles Soule se partage en deux grosses parties qu'il faut presque considérer séparément, tout d'abord la catastrophe et sa gestion immédiate, et ensuite, l'enquête et les conséquences à moyen terme. 

La première partie est un concentré d'action, elle alterne des chapitres courts, introduits une multitude de personnages, et nous présente, à travers la gestion immédiate de la crise, une partie du fonctionnement de la république et de l'ordre Jedi. Et de ce côté-là c'est grandiose, ceux-ci sont les gardiens de la paix et de la justice dans toute leur splendeurs. Ils sont flamboyants, éclatant, les Jedi tels qu'on les rêve et tels qu'on ne les a jamais vraiment vu. Alors certes, la prélogie nous présente certains de ces aspects, mais dès l'épisode I, on ressent que l'ordre n'est plus ce qu'il a pu être à une époque. Là, il est au sommet de sa gloire, les Jedi sont nombreux, compétents, différents, juste et magnifiques. 

Cette première partie présente beaucoup de personnages, et même si certains nous tapent dans l'œil plus que d'autres, il ne s'agit pas ici d'approfondir les passé et les caractérisations de tous les personnages. Cela viendra plus tard. Dans des comics ou d'autres romans pour certains, dans la seconde partie pour d'autres. 

* * *

La seconde partie du roman est en comparaison plus posée, plus lente, mais elle possède de nombreuses qualités. Elle va s'attarder sur plusieurs choses. D'abord l'enquête de la république, la découverte des Nihil, et l’approfondissement de certains personnages. 

Les Nihil sont donc amenés à être les antagonistes principaux de cette nouvelle période, et si dans un premier temps les personnages principaux composant l'organisation, de même que l'organisation en elle-même peuvent paraître un peu cliché dans le genre "criminels très méchant", tout est beaucoup plus subtil. On retiendra particulièrement le personnage de Marchion Ro, l'Oeil des Nihil, un personnage ambigu et manipulateur dont l'évolution et la transformation et l'espace d'un roman laisse présager le meilleur. 

Du côté des Jedi, on ne sait plus où donner de la tête. On a par exemple Avar Kriss, une maitre Jedi qui a la particularité de visualiser la Force sous forme de musique et qui peut s'y accorder et accorder les autres ensemble. Le duo qu'elle forme avec Elzar Mann, leur amitié, les non-dits qui flottent entre eux et qui laisse deviner ce que pouvait être l'ordre sur certaines règles à l'époque est des plus intéressant. 

Sur la planète Elphrona, nous allons suivre un petit avant-poste Jedi, l'occasion de découvrir leur quotidien loin du temple de Coruscant et de voir des personnages très humains, dont les liens d'amitiés sont fort, faisant preuve d'humour. Des personnages qui vivent, mangent, rient, et agissent quand il le faut, des Jedi vivants ! 

On découvre ainsi le vieux maître Porter Engle qui préfère finir ses vieux jours dans ce genre de coin reculé, qui a développé une passion pour la cuisine (haaaa, son ragoût aux neuf oeufs !) et qui quand la Force en a besoin n'hésite pas à devenir le guerrier dont elle a besoin. C’est un personnage très ambivalent qui par certain côté démonte totalement le cliché du Jedi guerrier justement. " L'aventure heh !l'agitation heh, ces choses, un Jedi ne les désire point." C'est exactement ça et c'est abordé de façon si simple, évidente et claire ! 

Les dynamique Maitre / Padawans que l'on découvre sont aussi très diverses, très variés et sont toutes passionnante, comme entre Loden Greatstorm et Bell Zetifar, un padawan peu sûr de lui, malmené gentiment par son maître qui croit profondément en ses capacités.

* * * 

Niveau personnages, on est admirablement servi, ceux-ci sont nombreux, variés, différents, avec un vrai souci de représentation de genre et d'ethnicité. On a des Jedi femmes puissantes, en grand nombre et c'est agréable ! On pourra juste regretter que la seule représentation LGBT concerne un couple d'homme assez secondaire, mais vu les règles sur l'attachement, il est sûrement compliqué de représenter des Jedi gay, bi ou lesbiennes on imagine… (Ceci-dit on notera que la série de comics La Haute République, scénarisée par Cavan Scot, présente deux Jedi non binaire)

* * *

La lumière des Jedi avait pour mission de nous introduire à la Haute République, et il le fait de la plus belle des manières. Le roman de Charles Soule est d'une grande richesse, il est empreint de l'esprit Star Wars à chaque page tout en nous offrant en même temps une ambiance comme on n’en avait jamais vu. Il se passe énormément d'évènement dans ce roman, de nombreuses intrigues sont mises en place, une multitude de personnages nous est présenté n'attendant que d'être développés dans les années à venir. L'émotion est palpable à de nombreux moments, on ne peut qu'être touché par les événements, les Jedi, la République que rêve cette Chancelière suprême. 

La lumière des Jedi est une magnifique réussite, un roman enthousiasmant qui ouvre la voie à de nombreuses choses, qui fait rêver, passionne et ne donne qu'une envie, plonger encore un peu plus longtemps dans une galaxie très lointaine ! 


 

Sur la pàl - Mars 2021

Posted by with 5 comments


C'est l'heure du bilan du mois passé !

Les arrivées

> 7 livres :

J'ai pris les tomes 4, 5 et 6 de  Fullmetal Alchemist Perfect edition histoire d'être à jour et de ne pas me laisser trop distancer.

Sont arrivé aussi Star Wars : Leia Princesse d'Alderaan, Star Wars : La lumière des Jedi, Les maitres enlumineurs, le livre de M.

Les lectures

> 5 Livres

Scarlett et Novak - Alain Damasio

Mon premier Damasio, un texte jeunesse court, 60 pages en papier, lu en 15 minutes et une bouse infâme qui se résume à "les smartphones c'est mal". Avec en plus une remarque franchement homophobe. (Oui, le héros qui se demande si les mecs qui lui courent vont pas le violer parce qu'il découvre qu'ils ont regardé du porno gay... Quel est le fuck)

Star Wars :  Leia, princesse d'Alderaan - Claudia Gray

Une super roman Star Wars sur un moment clef de l'adolescence de la Princesse Leia Organa, chronique complète ici

Epées et démons - Fritz Leiber

Je me suis lancé dans la découverte de ce vieux classique de la fantasy et... bon ce premier tome était pas ouf mais des choses intéressantes, j'attends quand même de voir la suite. (Chronique à venir prochainement)

Les maitres enlumineurs - Robert Jackson Bennet

Un excellent roman de fantasy, une univers très riche, des perso bien écrit, c'est prenant et la chronique complète est ici

L'enfance attribué - David Marusek 

Gros bof. Je n'ai pas du tout accroché au couple principal, et c'est un problème parce que toute la mise en place de l'histoire passe par leur relation. Il y a un potentiel intéressant dans l'univers décrit mais tout repose sur ces deux personnages et ça ne fonctionne pas.

> 4 Comics

Excalibur, vol 2

Un tome plus réussi, moins fouillis que le précédent. On reste un peu dans l'obscurité mais on comprend que l'autrice à des choses derrière la tête et que rien n'est laissé au hasard.

Magnificent Ms. Marvel, Vol. 3: Outlawed

Fin de la deuxième série Ms. Marvel, et j'ai beaucoup aimé. Le nouveau scénariste, Saladin Ahmed, a su capter l'essence du personnage et offrir de nouvelles choses avec. Un peu triste que cela s'achève déjà, d'autant plus que rien n'est annoncé pour la suite. On pourra se consoler en retrouvant le personnage dans la série Champions en attendant.

Valkyrie: Jane Foster, Vol. 2: At the End of All Things
Je me suis enfin mis à jour sur la série de Jason Aaron qui continue l'histoire de Jane Foster et c'était très sympa. On va retrouver le personnage dans sa mini série lié à l'event King in Black après ça.

Captain Marvel Vol. 5: The New World

Un tome très sympa avec du voyage dans le temps. Sans être la série du siècle, Kelly Thompson fait un travail très honorable et c'est franchement plaisant à lire

Et pour avril ?

Du Star Wars, parce que j'ai entamé le mois en finissant La Lumière des jedi, l'introduction à la nouvelle période Star Wars, la Haute République et que je vais enchainer avec le roman jeunesse et les comics sur la même période. Je vais peut être essayer de poursuivre ma (re)lecture du Star Wars Legends post Retour du Jedi, et puis ensuite, on verra ^^

Midnight Sun - Stephenie Meyer

Posted by with 8 comments

Midnight Sun - Stephenie Meyer
Hachette // 2020 // 800p

Ha, Twilight... Bella, Edward, l'humaine, le vampire, une histoire d'amour classique en somme mais un succès fulgurant. Classique dans ce qu'elle dépeins une relation hétéro standard totalement inscrite dans son temps avec tout ce que cela implique d'inégalité dans les rapports de pouvoirs, de sexisme intériorisé, de harcèlement et d'emprise romantisé. 

Et pourtant... J'ai aimé malgré tout aimé cette histoire à l'époque de sa publication vers 2007/2008. Oui, c'est malsain par bien des égards, et à ce titre le volume 4 est terrible en plus d'être chiant, mais ce n'est pas pire que 90% de ce que l'on peut trouver dans le genre, et ça simplicité et sa sincérité m'ont touchés à l'époque et fait vibré. J'ai même relu le premier tome début 2020, avec le recul, l'éducation féministe que j'ai acquise et... pas oui c'est plein de soucis mais "c'est pas si pire" quoi. Mais la série c'est pris des tombereaux de haine et de mépris, des réactions que l'on peut attribuer en partie à deux choses. La saga est le fait d'une femme, et elle vise principalement un public jeune et féminin. D'ailleurs je vous invite fortement à écouter le podcast de Lemon Adaptation sur le sujet qui développe ça bien mieux que moi.

Bref, tout ça pour dire que je suis globalement acquis à la cause quand Midnight Sun est finalement annoncé. Finalement ? Oui parce qu'à l'origine, Stephenie Meyer travaillait dessus en 2008 mais elle a mis de côté le projet quand les premiers chapitres du manuscrits ont fuité. 

***

Midnight Sun nous propose donc de revisiter le premier tome de la saga, Fascination, mais narré par Edward Cullen, le vampire, et compte donc nous faire partager l'intégralité de ses pensées. Oui, toutes ses pensées. Et croyez-moi, ça fait beaucoup, beaucoup de pensées.
Et c'est là que mon premier reproche arrive. C'est long, très long, beaucoup trop long.  Par comparaison, Midnight Sun fait 225 000 mots, là ou Fascination n'en faisait que 125 000. Et ça se ressent à chaque page. Edward se lamente, Edward réfléchit, Edward pense, Edward introspecte, Edward atermoie et le lecteur subit dans un longue agonie. C'est lourd, le style de Meyer n'est pas particulièrement mauvais (contrairement aux critiques qui lui ont été faites d'ailleurs), il est relativement sobre et sans artifice, mais le résultat c'est que ce n'est pas adapté à ce genre de chose. Les long monologues d'Edward sont un calvaire. ET PENDANT 800 PAGES !!

Si il y avait clairement des soucis dans la représentation des relations hétéro dans Fascination, inutile de dire qu'on retrouve ici les mêmes problème mais ceux-ci sont exacerbé puissance 10 par les pensées d'Edward. Tour à tour il la traite d'hystérique, la considère comme incapable, envisage sérieusement de la faire interner parce qu'elle n'a pas de réaction approprié, il la manipule consciemment en utilisant son attachement pour lui, bref là où l'on avait une "relation problématique mais ça va c'est mignon", on se retrouve avec un type ultra glauque et manipulateur. Edward est détestable et ces tentatives de justifications son pathétiques.

***

Au rang des points positif, car il y en a tout de même, on pourra noter quelques "scènes coupés", des moments où Edward était seul, sans Bella et qui nous offre un autre point de vue. On appreciera aussi de découvrir la dynamique de la famille Cullen, de voir son fonctionnement, de découvrir certains personnages plus en profondeur. A ce titre, la palme revient encore à Carlisle qui est adorable

Malheureusement, là encore la vision de l'autrice vient entacher ces moments. Esme, la mère d'Edward est relativement insipide, définie uniquement par l'amour inconditionnel qu'elle peut porter aux autres, mais je crois que le pire c'est Rosalie. Si le personnage n'est pas toujours franchement agréable dans la saga, on nous la présente ici de manière affreusement caricatural. Rosalie devient l'archétype de la femme belle sans rien dans le crâne, superficielle, jalouse, vindicative. L'autrice ruine totalement son personnage sous sa représentation misogyne.

Bref, je vais arrêter là, on retiendra qu'au final il n'y a pas grand chose à sauver dans ce pavé interminable et sans saveur.


Les maitres enlumineurs - Robert Jackson Bennet

Posted by with 8 comments

Les maitres enlumineurs - Robert Jackson Bennet
Albin Michel Imaginaire // 2021 (VO 2018) // 640 page
Lu en service presse

Un bouquin de fantasy avec un magnifique blurb promo de Brandon Sanderson, il n'en fallait pas plus pour me convaincre que je voulais lire ce livre ! Et quand en plus il est présenté chez nous avec un super couverture de Didier Graffet, il n'y avait plus d'excuses !

Sancia Grado est probablement la meilleure voleuse de Tevanne, c'est pour ça que quand commence notre histoire, elle occupée à dérober pour son receleur un objet précieux qui devrait lui rapporter un très gros pactole. Suffisamment gros pour changer sa vie, peut-être enfin se débarrasser des talents si particulier qui font d'elle une si bonne monte-en-l'air mais qui l'empêche au quotidien de vivre normalement. Mais malheureusement, quand on est une moins que rien et qu'on travail pour des puissants, cela finit toujours par nous retomber dessus.

Que celui qui a enluminé ceci, puisse m'illuminer

La première chose qui frappe à la lecture, c'est l'univers, la qualité de sa construction, que ce soit par la cité état de Tevanne ou bien par le système de magie original, précis et complexe, pensé par son auteur dans ses moindres détails.

Celui-ci, joue sur le langage, un langage ancestral, millénaire qui, une fois écrit sur les objets permet d'en altérer le fonctionnement, d'influer sur la réalité, tel ce carreau d'arbalète sur lequel les sceaux apposés vont lui faire croire qu'il pèse 10 fois son poids et chute depuis 2km au moment où il part. 

Ce système de magie, l'enluminure, est au cœur du récit de l'auteur donc, car il infuse le quotidien de quasiment tous les habitants, et surtout il possède un lien très fort avec notre héroïne Sancia. Lien qui sera dévoilé, exploré et disséqué tout au long du roman.

La ville de Tevanne, inspiré de la sérénissime est fascinante, presque un personnage à part entière. Dirigé par 4 maisons marchandes richissimes, chacune cloitré dans leurs enclaves, les Campos, où elles bénéficient de tout le confort apporté par les enluminures, exploitant sans vergogne la mains d'oeuvres qui lui tombe sous la main et laissant le reste de la cité, hors des murs des Campos, vivre dans la crasse, la misère et l’absence de loi. On y retrouve à la perfection l'ambiance vénitienne, complots, de lutte de  pouvoir, canaux et assassins masqués.

Une intrigue prenante

Mais si l'univers est riche, côté intrigue, nous ne sommes pas non plus en reste. D'un simple casse, va découler tout un tas de conséquences, de ramifications qui vont faire passer l'histoire d'un plan personnel à un niveau collectif. D'un combat individuel pour la survie, on se retrouve pris dans une lutte de pouvoir qui dépasse les simples enjeux personnels. L'intrigue est épique, creusant le passé du monde créé par Bennet, nous plongeant dans des millénaires d'histoire et dans une mythologie profonde et oublié. C'est grandiose, mais à aucun moment l'auteur ne le fait au détriment de ses personnages.

Des personnages riches

Sancia bien sûr notre héroïne, une jeune femme endurcie, à la vie rude et au passé dramatique, qui au-delà de son histoire personnel va se retrouver à devoir faire le choix de la société face à l'individu. 

Gregor, le privilégié, l'aristocrate presque mais dont l'expérience radicale de la guerre a chargé d'une soif de justice profonde. Imbu et parfois franchement énervant avec son côté donneur de leçon, il s'avère finalement loin du justicier monolithique qu'on imagine au début.

Orso, l'enlumineur, c'est un peu le savant fou, le génie insupportable, celui qui est doué, le sait et ne supporte pas les autres. Enfin là encore c'est plus compliqué qu'au premier abord. Le personnage s'avère plein de surprise.

Berenice, l'assistante d'Orso, l'ingénieure, intelligente, faussement réservé, qui sait ce qu'elle veut et qui derrière son apparente fragilité fait preuve de beaucoup de courage.

Il y en a d'autres encore, mais le point commun; c'est que tous les personnages de Bennet sont complexes, multifacettes, qu'il y a toujours plus derrière les apparences.

On appréciera aussi beaucoup le fait que l'auteur s'attache à proposer un casting de personnages variés, et divers. Il présente ainsi une belle galerie de personnage féminins dont deux lesbiennes et il s'attarde à mettre en scène des personnages racisés.

Mais alors, ce roman est-il sans défauts ? 

He bien oui. next.

Bon ok, s'il fallait lui faire un reproche, on pourrait pinailler sur le fait que la structure se répète par moment et que, si l'auteur s'attarde à adresser les problèmes sociaux important de son univers, esclavage, exploitation, lutte des classes, on aimerait qu'il aille plus au fond des choses. Mais c'est vraiment pour pinailler.

Les maitres enlumineurs est donc une vrai grosse réussite sur tous les plans. Il propose un univers passionnant, dont les ambiances, mélange de Venise et Dishonnored (comme l'a fait très justement remarqué l'Ours Inculte. PS : jouez à ce jeu il est excellent) sont très immersive. Une intrigue haletante, qui monte en intensité tout au long du récit devenant de plus en plus épique à mesure que l'on fouille dans la mythologie de l'univers. Et le tout est porté par une galerie de personnages divers et complexes qui accroche le lecteur du début à la fin. 

Une remarque pour finir. L'éditeur facétieux à aussi classé le roman en Cyberpunk. Et effectivement, pour peu que l'on connaisse un peu le genre, on y retrouve de nombreux code. Que ce soit le système de magie qui peut s'apparenter à un langage de programmation, les maisons marchandes qui peuvent s'assimiler à des Megacorporations. C'est amusant quand on connait de faire des liens, mais il n'est pas nécessaire d'avoir ce bagage pour apprécier ce qui reste avant tout un excellent roman de Fantasy.

Ils en parlent aussi : Orion, Le Maki, Gromovar, Le Chroniqueur, Lorhkan, Albedo, Lianne, xxx

Fils des brumes : l'histoire secrète - Brandon Sanderson

Posted by with No comments

Fils des brumes : l'histoire secrète - Brandon Sanderson
texte inclus en VF dans Les Bracelets des larmes (Chronique ici)

Attention, je vais spoiler sévèrement une révélation de la toute fin du roman les Bracelets des larmes

Avec cette novella d'environ 200 pages, Brandon Sanderson avait pour ambition de nous offrir quelques explications sur un évènement arrivant à la toute fin des Bracelets des Larmes. Un évènements qui surprend à plus d'un titre, qui remet une partie du roman en question et surtout qui interroge sur ce qu'il a pu se passer dans la première trilogie. Il s'agit d'un ressort scénaristique délicat à manier car il peut potentiellement évacuer une partie de la tension dramatique du reste de l'oeuvre, passé et à venir, mais il est utilisé ici avec finesse, et surtout, il ne sort pas de nulle part puisqu'il est le résultat d'une longue planification de l'auteur. Cet évènement c'est la résurrection de Kelsier.

La novella commence donc tout naturellement par sa mort face au Seigneur Maitre dans le roman L'Empire Ultime. Sauf qu'au moment de passer dans l'autre monde, Kelsier s'arrange avec Sauvegarde et devient une sorte de spectre, une présence qui tout au long des deux volumes suivants interviendra comme il le pourra en arrière plan pour aider et faciliter l'accomplissement du destin de Vin.

Et c'est là que tout le talent de planification de l'auteur nous explose au visage car si l'on regarde bien, les indices sont là depuis très longtemps ! On rejoue ainsi certain moment clef du Puits de l'ascension et du Héros des siècles mais depuis les coulisses, et c'est passionnant de découvrir les causes de certains évènements, les coups de pouce de Kelsier, les luttes de pouvoir sur des plans autres et de comprendre un peu plus le fonctionnement de ce monde.

Mais bien sûr, Sanderson ne s'arrête pas là, il nous permet de nous impliquer plus profondément dans la lutte divine entre Ravage et Sauvegarde et surtout au-delà, d'avoir un aperçu de son grand œuvre, le Cosmere. C'est encore succin, quelques indices, quelques bribes d'informations, mais l'on apprends des choses, on voit que Scadrial n'est pas seule, que d'autres forces œuvrent, comme on avait d'ailleurs pu en avoir un aperçu dans les deux derniers roman de Fils des Brumes avec l'évocation de Trell.

La conclusion de ce texte coïncide à peu près avec la fin de la première trilogie et là, l'émotion est au rendez-vous.  Kelsier est là pour la mort de Vin, et les retrouvailles sont puissantes, émouvantes. On est touché de voir une partie de l'équipe se retrouver.

L'histoire secrète est un incontournable absolu pour quiconque s'intéresse à la série Fils des Brumes, le texte lève des voiles mais tout n'est pas encore expliqué, loin de là. Sanderson le dit dans une postface, il sait tout sur le destin de Kelsier après ça déjà, et on ne peut qu'être impatient d'en découvrir plus dans Lost Metal, la conclusion à venir des aventures de Wax et Wayne et pourquoi pas dans d'autres volets de l'histoire secrète !

 

[Star Wars] Leia : Princesse d'Alderaan - Claudia Gray

Posted by with 4 comments

Leia : Princesse d'Alderaan - Claudia Gray
Pocket SF // 2021 (2017 VO) // 397p
Livre reçu en SP à ma demande

Un nouveau roman Star Wars par Claudia Gray vient d'arriver chez nous, et comme d'habitude, je l'ai dévoré ! Après les excellent étoiles perdues (chronique ici), Liens du Sang et Maitre et Apprenti (Chronique ici) Claudia Gray s'intéresse de nouveau à la Princesse Leia Organa en abordant cette fois-ci sa jeunesse, avant Un Nouvel Espoir, et à un moment charnière de sa vie.

Leia Organa vient d'avoir 16 ans et elle va bientôt être officiellement intronisée héritière du trône d'Alderaan, mais afin d'y prétendre, elle doit, comme la tradition l'exige, se conformer à 3 épreuves. Les épreuves de l'esprit, du cœur et du corps qui ont pour but d'évaluer sa détermination et sa capacité à régner sagement et avec compétence. Et le roman va donc suivre sur quelques mois la vie de Leia au travers de ces épreuves. Orientations et exploration, missions humanitaire, et introduction au monde politique, voici les épreuves qui attendent notre princesse et qui vont la façonner tout au long de ce roman.

Le roman de Claudia Gray est un roman initiatique pur jus. Il nous introduit une Leia jeune, encore relativement naïve sur certains sujets, mais déjà pétri de sens du devoir et il va donc la faire passer par diverses étapes de formation qui vont la façonner pour l'amener vers celle que nous connaissons et la faire passer, parfois brutalement, à l'âge adulte. Pour cela, l'autrice introduit une galerie de personnages secondaire très réussie qui va graviter autour de la princesse. 

***

Au plus proche d'elle, il y a bien sûr ses parents. Bail Organa est fidèle à lui-même, à l'image que l'on en connait par les films et les séries, c'est un politicien juste, un père aimant, un homme qui doute malgré tout et qui cherche à faire les bons choix. Breha, la reine et mère de Leia est un ajout de qualité. On découvre vraiment pour la première fois ce personnage et il est des plus réussi. Elle porte de nombreuse qualités que l'on retrouvera plus tard chez sa fille, que ce soit sa détermination, son sens du devoir ou sa capacité à prendre des décisions difficiles quand elles s'imposent.

Avec ces deux personnages, Claudia Gray explore des questionnement sur les relations parents-enfants. Elle parle de la confiance donné et de la façon dont l'inquiétude peut parfois entraver cette confiance. 

Il y a aussi Amilyn Holdo, l'amirale de la résistance dont le courageux sacrifice sauva Leia et ses partisans dans Les derniers Jedi. C'est sa rencontre avec la princesse qui est abordé ici, dans le cadre du programme legislatif pour la jeunesse. Une rencontre amicale décisive, importante qui apportera beaucoup à Leia sur le plan personnel, mais aussi en terme d'alliance politique futur. La relation entre les deux jeune fille est intéressante et propose un bel exemple de sororité.

***

Qui dit roman young adulte initiatique, dit romance. C'est limite un passage obligé, et c'est bien traité ici. Leia rencontre Kier Domadi, un compatriote alderaanien qui comme elle suit le programme legislatif et bien que d'une classe sociale supérieur (parents universitaires), il aporte un contrepoint et des réflexions intéressante sur la monarchie d'Alderaan, mais aussi sur le rapport à l'empire, les conséquences des choix d'opposition et le prix à payer. La relation est bien gérée, crédible et le personnage est attachant.

Évidemment qui dit Leia dit aussi rebellion, et avec Bail Organa, ou Mon Mothma dans les environs, c'est un sujet qui devait être abordé. On assiste ainsi à l'introduction de la princesse à cet environnement et c'est l'occasion de s'interroger sur la manière de combattre un régime totalitaire, de se questionner sur les moyens d'actions. Le sujet de l'usage de la violence révolutionnaire est abordé avec justesse, bien qu'un peu superficiellement (oui, on reste dans du Star Wars hein c'est pas non plus un pamphlet gauchiste antifasciste) mais il permet de poser frontalement la chose tout en explorant ses conséquences. On sera parfois surpris par les radicalité d'opinions de certains personnages, celle-ce ne vient pas forcément d'où on l'attend et c'est suffisamment nuancé pour être intéressant.

Le roman de Claudia Gray est une vrai réussite, il offre un voyage formateur à un personnage incontournable, la confronte efficacement à de nombreuses épreuves transformatrice proposant ainsi un roman de passage à l'âge adulte prenant et réussi et dont les quelques ficelles et facilités n’entache jamais la qualité du récit. C'est un roman honnête et sincère, plein d'amour pour notre princesse de l'espace trop tôt parti et je défie quiconque de ne pas verser une larme à la toute fin.



Les Bracelets des larmes - Brandon Sanderson

Posted by with No comments

Les Bracelets des larmes - Brandon Sanderson
Livre de poche (Orbit) // 2018 (2016 VO) // 800p

Quelques mois ont passé depuis le roman précédent et Waxillium se remet douloureusement de la révélation et la perte qu'ont occasionné la chasse au Kandra Paalm. Il est plein de ressentiment envers Harmonie et n'est donc pas le moins du monde intéressé quand le jour de son mariage avec Steris, un kandra vient lui proposer de mettre en quête des bracelets des larmes, les anciens cerveaux métalliques du seigneur maitre qui rendent leurs porteurs doté des pleins pouvoirs allomantiques et ferrochimique. Mais c'était sans compter que cette quête semble mêler le Cercle, son oncle et sa sœur disparue.

Avec l'intrigue de ce nouveau volume, Sanderson plonge plus profondément encore dans la mythologie de Scadrial et ressert une fois de plus les liens avec la première trilogie. Mais il ne se contente pas de jouer sur les souvenirs ou la nostalgie, il continue de développer cette nouvelle époque, que ce soit par les avancé technologique, les explorations magiques, les nouveaux usages magique qu'il développe ou bien l'ouverture vers un monde plus grand.

Si la première trilogie de Fils des Brumes nous dépeignait une révolution brutale, un changement de paradigme radical et cataclysmique, ici c'est la lente et inexorable mutation qui est au cœur de l'histoire. Mutation des mœurs, des croyances, des liens, des personnages, des technologies avec l'implacable avancé du progrès.

Côté personnages, c'est encore une fois un sans faute et Sanderson pousse ses différents protagonistes à évoluer. Que ce soit Wax dont les croyances et la foi ont été ébranlé et qui va finalement réaliser qui il est après une épreuve transformatrice radicale, Wayne qui va s’affranchir, se libérer et s'émanciper un peu de sa relation avec Wax. Côté émancipation, Marasi n'est pas en reste non plus. Vu au début comme un love interest potentiel de Wax, elle a changé, laissant derrière elle cette possibilité, trouvant sa voie, montrant une force, une intelligence et là aussi elle affrontera son épreuve, sa tentation pour en sortir libéré.

Et puis il y a Steris. Si on sentait qu'il y avait avec ce personnage un énorme potentiel, on pouvait regretter qu'il soit trop inexploité. Certes elle prend un peu plus d'ampleur dans Jeux de Masques mais il y avait matière à la mettre un peu plus sur le devant de la scène. Et c'est chose faite ! Et encore une fois avec le talent d'écriture de Sanderson, c'est tout en subtilité qu'il nous montre enfin le vrai visage de Steris, tout ce que l'on présentait s’accomplit. Steris Harms est un personnage atypique (que Sanderson confirme être asperger d'ailleurs) et chacun des moments la mettant en scène est un réel plaisir. C'est un personnage qui fait preuve de beaucoup de courage et de résilience, d'une manière peu valorisé en général et c'est ce qui est agréable avec elle.

Avec cet avant dernier volume de la deuxième époque de Fils des Brumes, Sanderson enfonce le clou des révélations, il bouscule encore les certitudes de son lectorat et offre une aventure épique prenante de bout en bout qui fait avancer ses personnages et offre des perspectives et réflexions intéressante sur la divinité, la politique et le changement. Un roman riche et des plus réussi.

On notera que le livre contient une novella bonus intitulé Fils des Brumes : L'histoire secrète. Ce texte fera l'objet d'un article à part.

D'autres avis : Nathalie, Lianne 

Sur la pàl - Février 2021

Posted by with 4 comments


 C'est l'heure du bilan du mois passé !

Les arrivées

> 7 livres :

Cela aurait pu être raisonnable, j'ai remporté Genèse de la cité, le dernier N K Jemisin chez Yogo et j'aurais pu m’arrêter là, mais j'ai craqué pour les 6 premiers tomes du cycles des épées de Fritz Leiber en édition Pocket à dos noir avec les belles illustrations de Siudmak en couverture. Moi qui me félicitais de bien faire baisser la pàl...

Les lectures

  

> 1 Audiolecture

Midnight Sun de Stephenie Meyer, nouveau tome de la saga Twilight qui reprend le premier roman vu par les yeux du vampire Edward Cullen et... c'est nul. 800 pages, au moins une grosse moitié de trop. C'est chiant, on s'ennuie, tout les défauts de la saga sont exacerbés.

> 4 Livres

Percy Jackson : Le sort du titan - Rick Riordan. Je continue tranquillement mon exploration de cette série jeunesse qui s'avère surprenante et de très bonne facture

Fils des Brumes : L'alliage de la Justice (chronique ici), Jeux de Masques (chronique ici), les Bracelets des larmes - Brandon Sanderson
J'ai rempli mon objectif de reprendre et me mettre à jour sur cette excellente série ! Je l'ai ai dévoré comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps ! :)

> 3 Comics

Excalibur, vol 1 - Tini Howard & Marcus To
Un premier tome un peu fouillis qui peut perdre le lecteur mais qui semble poser de nombreuses pistes pour le futur

X-Men, vol 2 - Jonathan Hickman, Leinil Francis Yu & Mahmud Asrar
Hickman continue de poser les jalons de son run, on sent qu'il prépare un plan au très long court et cette mise en place et franchement plaisante à lire, notamment dans son exploration des conséquences de la création de la nation mutante.

Marauders, vol2 - Gerry Duggan, Stefano Caselli & Matteo Lolli
Un excellent second volume qui explore les suites des manigances de Sebastian Shaw. La dynamique de groupe fonctionne à merveille, Emma Frost est génial, Kate Pryde aussi et globalement tout le reste du casting

Et pour mars ?

Et bien je n'ai rien de prévu. J'ai profité des vacances pour faire une orgie de comics et me mettre à jour sur quelques séries sur lesquelles j'avais beaucoup de retard mais sinon je verrais au fil des envies je pense :)

Jeux de masques - Brandon Sanderson

Posted by with 2 comments

Jeux de masques - Brandon Sanderson
Le livre de poche (Orbit) // 2017 (VO 2015) // 576p

Et c'est parti pour le tome 5 de fils des brumes !! Si dans l'alliage de la justice, on sentait les prémices d'un intrigues plus vaste se mettre doucement en place, ici on est en plein dedans.

Environ 1 ans a passé depuis les événements du tome précédent, Wax alterne entre ses devoirs de noble envers sa maison, la préparation de son mariage avec Steris et ses activité annexes de constable honoraire. Des activités qui vont une fois de plus prendre toute la place face à un assassinat délicat sur le plan politique.

Il faut dire que la situation à Elendel est explosive. Des inondations mettent en péril la survie alimentaire de la ville, le taux de chômage de certaines profession explose, conséquence de l'industrialisation et d'un progrès technique qui ne s'accompagne pas de mesures sociales, les grèves et manifestations se multiplient pour des ouvriers qui n'en peuvent plus de se tuer à la tâche 16h par jours et la corruption des gouvernants enflamme un peu plus la colère des gens du commun.

Si l'intrigue du précédent volume pouvait paraître légère et manquer d'ampleur, ici c'est gros et dense, tous les jeux politiques cachent quelque choses de plus grand, des ramification qui s'étendent dans le passé de Scadrial, jusqu'à l'époque de la première trilogie.

Et c'est vraiment quelque chose de très appréciable ici, cet équilibre entre une intrigue terre à terre, humaine, qui parle des hommes, de leurs aspirations et de leurs vie, mêlée à un plan plus grand, divin, épique.

Les personnages introduits dans le volume précédents sont toujours de la partie et ils s'étoffent et se complexifient grâce à de nombreuses alternances de point de vue.

Steris devient passionnante, plus subtile et amusante qu'on pouvait l'imaginer, on regrettera juste qu'elle ne fasse pas plus d'apparition, restant trop en retrait de l'intrigue. Marasi s'est trouvée de nouvelles ambitions. Wayne réfléchit beaucoup aux implications des choix que lui et Wax font. Il dévoile de nouvelles facettes de sa personnalité, plus sérieuses et posées qu'on l'imagine, avec une manière de percevoir le monde bien à lui, et toujours son humour et son décalage si bienvenu. Quant à Wax, on en viendrait presque parfois à le prendre en grippe quand ses décisions et son badge le mettent presque du côté des oppresseurs. Il cherche toujours à faire ce qui est juste mais Sanderson s'ingénie à brouiller les pistes pour notre garde-loi le mettant face à des choix plus que difficiles.

L'une des grosses réussite de ce tome justement c'est la nuance et la subtilité que Sanderson parvient à glisser dans son antagoniste. Des buts qui semblent pertinent dans une situation d'inégalités flagrantes où le seul choix malgré tout qui s'offre à nos héros est de le combattre.

L'ensemble des intrigues et des fils posés par Sanderson depuis le tome précédent convergent vers un climax à couper le souffle, des révélations fracassante qui balaye les certitudes du lecteur comme de nos héros. 

Sanderson bouleverse avec ce nouveau volume, et il le fait comme toujours intelligemment, explorant de nouvelles facette de son univers, resserrant les liens du passé et introduisant de nouveaux éléments potentiellement vertigineux et l'ensemble est une grosse réussite.


D'autres avis : Lianne