En quête de Jake et autres nouvelles - China Miéville

Posted by with 8 comments

En quête de Jake et autres nouvelles - China Miéville
Outre Fleuve // 2020 (VO 2005) // 360p

Livre reçu en service presse

Il y a maintenant un paquet d'années, j'ai découvert China Miéville par Perdido Street Station et j'ai pris une grosse claque. J'ai enchainé avec son excellent roman jeunesse Lombres et bien que ce fut encore excellent, je n'ai bizarrement jamais poursuivi ma découverte d'un auteur qui a tout pour me plaire. Un style baroque et riche, une imagination foisonnante, une univers fantastique et original et un propos politique percutant. Et donc j'ai eu l'occasion de me replonger dans la plume et l'univers de l'auteur avec cet excellent recueil (oui spoiler je sais) et j'en suis plus que ravi.

En quête de Jake

Un voyage dans une Londres en déliquessence, la vision qui se précise d'une apocalypse douce, entre disparition mytérieuse et créatures étranges, le tout dans l'apathie quasi générale.

La plume de Miéville fait merveille.

Fondations.

L'homme qui murmurait à l'oreille des murs, ou plutôt celui qui entendait les morts sur lesquels s'appuient notre civilisation. C'est glauque mais il y a une douceur, presque une torpeur qui se dégage du récit.

La piscine à balles

Une histoire glauque de fantôme dans un royaume du meuble qui évoque une marque suédoise. 

De certains événements survenu à Londres

Un récit original qui donne vie à la ville littéralement. Une quête mystérieuse des et dans les rues de Londres. La découverte d'un monde dans le monde avec des combats de rues au sens littéral.

Familier

Une histoire de magie très... organique, ancré dans la chair, les détritus et l'urbanité. Miéville revisite le concept des familiers de mage et nous offre ici un récit à la fois beau et écœurant sur l'émancipation.

Entrée tirée d'une encyclopédie médicale

Où l'auteur met toute son imagination pour inventer une maladie fantastique, avec tout l'historique qui va avec, rédigé à la manière d'un dictionnaire. C'est très sympathique.


Les Détails

Les détails se précisent pour nous à chaque page, et le protagoniste, un jeune adolescent, plonge plus profond dans le récit de Mme Miller, pour comprendre sa réclusion.
Une histoire purement horrifique des plus réussies où des choses indicibles se cachent dans les interstices du monde.

Intermédiaire

Une histoire totalement paranoïaque. On sait finalement peu de chose sur cet homme, ses missions mystérieuse qui lui arrive sans prévenir et cette incertitude qui monte, ce doute qui dévore. Est-ce que je fais le bon choix ?

Un autre ciel

Et si une fenêtre nous ouvrait sur un autre lieu, un autre temps ? Et si cet aperçu nous bouffait au point de nous détruire totalement ?

Mort à la faim

L'un des textes le plus politiques qui tâcle le capitalisme dans la manière qu'il a d'essayer de s'acheter une conscience par des bonnes actions inutiles. Evidemment il y a une composante plus ou moins science fictive /fantastique, de l'étrange et de la paranoïa. Un texte anarchiste sympathique.

De saison 

Et si on privatisait Noël™ ? Un texte politique et satyrique qui ne se contente pas d'être une vague fable à moral mais qui offre une bonne histoire remplie d'un humour décapant.

Jacques

On retourne ici dans l'univers de Perdido Street Station et dans la ville de Nouvelle Crobuzon. Un texte cynique qui donne envie de se replonger dans cet univers si particulier.

Sur le chemin du front

Un court comics qui m'a laissé perplexe. Je pense que le format n'a pas aidé ma compréhension de l'oeuvre, je suis complètement passé à côté.

Le Tain 

Le plus gros morceau, du recueil, une novella qui nous emmène dans une Londres dévasté par la guerre entre les habitants et ses reflets. Une texte riche, inventif et surprenant qui en plus propose par un certain côté une relecture du mythe vampirique. Un texte trouble qui offre de beaux retournements de situation, une fin amère et anticlimatique au possible mais qui fonctionne à merveille.

Le recueil de China Miéville est un quasi sans faute. Il explore avec brio de nombreux genres, fantasy, fantastique, horreur, sf même, en y mêlant sa patte particulière, son style foisonnant et ses idées dérangeantes. Un ouvrage très recommandable donc qui permets à ceux qui apprécie l'auteur de le découvrir aussi doué pour la forme courte et qui offre aussi une parfaite porte d'entrée à ceux qui craignent de se lancer dans ses romans en évitant l’écueil d'une longueur qui peut parfois se faire indigeste et qui s'avère ici contrainte par le format à se diriger à l'essentiel, mais sans jamais laissé derrière ce qui fait la marque de l'auteur.

Ils en parlent : Outrelivres, Bibliocosme

Shining in the Dark - Anthologie

Posted by with 4 comments

Shining in the Dark - Anthologie
Editions ActuSF // 2020 (VO 2018) // 420pages

Livre reçu en SP à ma demande

Pour les 20 ans du site de référence sur Stephen King Hans-Åke Lilja à dirigé et publié  une anthologie hommage rassemblant 12 nouvelles horrifiques. Dans des styles différents et pas toujours dans le genre de l'imaginaire, c'est un beau panel que nous offre donc ce livre traduit par Actu SF cette année.

Le compresseur bleu

C'est donc la nouvelle de Stephen King qui ouvre le bal, une nouvelle qui n'a pas été réédité depuis le début des années 80 et... c'est franchement mauvais...
Un écrivain perdu dans une cabane qui écrit un texte en se basant sur sa logeuse qu'il trouve immonde. Meh.

Réseau 

Cassandra et Andrew discutent sur Internet, ils s'amusent, se plaisent, ils finiront par se rencontrer.

Un texte très accrocheur qui met le malaise. On anticipe une conclusion horrible et inévitable.

L'horreur tangible du quotidien, c'est réussi.

Le livre de l'Holocause 

Où comment un écrivain est éclipsé par son oeuvre, comment celle-ci empiète sur sa réalité au point d'occulter aux yeux du public qui il est vraiment.
Une histoire de souffrance, de ce qui aurait pu être. Un texte triste.

Aeliana

 Une histoire de monstre urbain où le monstre n'est pas qui l'on croit. Un texte impitoyable qui laisse un gout amer

Charabia et Theresa 

Quand un ange foire une canonisation. Quand une tortue et un perroquet deviennent amis. Quand Dieu choisi bien mal ces saint.
Une histoire drôle et grinçante.

La fin de toutes choses - Brian Keene

Quand ce n'est pas la fin du monde qui compte mais plutôt la fin de son monde. Un texte terrifiant pour le parent que je suis, dur et d'une grande tristesse.

La danse du cimetierre - Richard Chizmar

Un texte relativement anecdotique qui joue sur l'ambiance d'un cimetière.

L'attraction des flammes - Kevin Quigley

Quand trois jeunes ado se retrouve attiré dans une maison hanté des plus étranges. Quand la visite effrayante tourne au cauchemar. Une ambiance très Stephen King avec ces enfants confrontés à l'horreur. Un long texte des plus réussi.

Le compagnon - Ramsey Campbell

Un texte qui joue sur l'ambiance d'une vieille fête foraine, qui joue sur les angoisses que l'on transporte avec nous. C'est plaisant.

Le cœur révélateur - Edgar Allan Poe

Un homme commet un meurtre, il sombre dans la folie. Du fantastique classique, c'est court, ça se lit vite et c'est plutôt sympathique.

L'amour d'une mère - Brian James Freeman

Un court texte sur l'amour filial dont le twist final est relativement ignoble et réussi.

Le manuel du Gardien - John Ajvide Linqvist

Un enfant découvre le jeu de rôle l'appel de Cthulhu. Le récit va nous emmener dans le quotidien d'un ado un peu en dehors de la norme mais que l'arrogance et la lâcheté vont rendre détestable et finir par causer sa perte.

Un texte réussi tant par l'ambiance paranoïaque et inquiétante que par les surprises distillées par l'auteur.

Comme souvent dans ce genre d'anthologie thématique, tous les récits ne se valent pas forcément. Mais le niveau global est bon et la majorité des textes sont suffisamment réussi pour que le lecteur en quête de frisson, de fantastique ou d'horreur viennent y jeter un œil pour accompagner et assombrir ses longues nuits d'automne.

Ils en parlent : Célindanaé - Au pays des cave trolls, Lune

Une cosmologie des monstres - Shaun Hamill

Posted by with 4 comments

Une cosmologie des monstres - Shaun Hamill
Albin Michel Imaginaire // 2019 // 416 pages
// Livre lu en audiolecture //
 

Une cosmologie des monstres est un roman très différent de ce que j'attendais.
J'imaginais une lovecrafterie glougloutante dans une Amérique contemporaine, avec les thèmes du raciste de Providence remis au gout du jour un peu comme l'ont fait Kij Johnson ou Victor Lavalle (dans deux excellents textes) mais pas du tout, ou pas vraiment. 

L'influence de Lovecraft est très tangible, dans des titres de chapitres, dans les goûts littéraire d'Harry Turner, dans sa critique du l'auteur. Mais Shaun Hamill nous propose plutôt ici une fresque familiale qui démarre à la toute fin des années 60 avec la rencontre de Margareth et Harry Turner et qui va aller jusqu'au début des années 2010, conté par leur plus jeune fils Noah. 

Pendant toutes ces années, on va suivre quelques fragments de vie de la famille Turner, leur quotidien difficile, les problèmes qui leurs tombe dessus, leur résilience face à la vie, les dépressions, les coups durs, les enfants, les petits enfants, les amis, amants ou amours qui traversent un instant leur vie. L'obsession malsaine pour l'entreprise familiale, une maison hanté dont les idées et plans semblent soufflé par ce qu'il y a derrière le voile. La rencontre avec le surnaturel, forcément, la manière dont tout s'imbrique enfin et l'innomable.

Le récit de Shaun Hamill prend son temps, il distille les éléments fantastique avec parcimonie, laisse le lecteur s'interroger longtemps sur le sens de tout ce qu'il voit pour finalement tout résoudre dans une apothéose sinistre et amère.

Le roman de Shaun Hamill possède ce petit quelque chose qu'a Stephen King dans ses meilleurs œuvres, ce côté terre à terre, cet ancrage dans le réel, cette manière de dépeindre un quotidien normal où l'horreur n'est pas tant dans les monstres que dans la vie de tous les jours. Mais à cela il y mélange avec talent la capacité qu'avait Lovecraft de nous faire ressentir qu'il y a quelque chose d’innommable derrière le voile du réel et y ajoute un zeste de pulp qui pourrait tourner au kitsh dans les mains de quelqu'un d'autre mais il parvient avec talent à liée toute ces influences pour en sortir une très bonne fresque fantastique où rode l'horreur.

//Point représentation : Personnage secondaire bi ou lesbien.

//D’autres avis : Au pays des Cave trolls, Les lectures de Xapur, Un papillon dans la Lune, Nebal, Les chroniques du chroniqueur, Chut… maman lit!, L’Albedo, l'épaule d'orion

Beyond the Aquila Rift | Derrière la faille : Nouvelle et adaptation

Posted by with 6 comments

Beyond the Aquila Rift - Alastair Reynolds
Gollancz // 2005 // 35pages

Derrière la faille 
Scenario : Philip Gelatt
Réalisation : Léon Bérelle, Dominique Boidin, Rémi Kozyra, Maxime Luére

Aujourd'hui je parle d'un de mes auteurs favoris, Alastair Reynolds avec sa nouvelle non traduite chez nous, Beyond the Aquila rift ainsi que son adaptation en court métrage d'animation dans la série Love, Death + Robots.

J'ai commencé la série il y a peu et le visionnage de l'épisode m'a très donné envie de lire la nouvelle afin de comparer et parce que bon Reynolds c'est bien mangez-en.

Derrière la faille

Dans un lointain futur, l'humanité voyage dans la galaxie en utilisant des portails laissé à l'abandon par une civilisation extraterrestre. Personne ne comprends vraiment cette technologie mais l'humanité en sait assez pour les utiliser afin de se déplacer au sein de la bulle locale, une sphère de 400 années lumières de diamètre centrée sur notre système solaire.

Mais de temps en temps, il y a un petit bug qui fait dévier de la trajectoire, qui envoi ailleurs, ou bien un peu plus loin.

C'est ce que Thom, capitaine du Blue Goose découvre en sortant de son caisson de sommeil sur la station Saumlaki. Lui et son équipage auraient déviés. De quelques jours, peut-être un peu plus, enfin c'est que lui dit Greta, une vieille connaissance qui par un heureux hasard se trouve à son chevet pour lui annoncer la nouvelle.

Alors que le délai des réparations du Blue Goose s'allonge chaque jour, Thom et Greta tentent avec difficulté de réveiller Suzy, l'une des autres membre d'équipage, et de lui faire accepter une situation qui n'est peut être pas exactement ce qu'elle semble être.

La nouvelle

Celle-ci est vraiment très réussie. En quelques pages le contexte est posée et il est riche. L'intrigue avance doucement, la situation se dégradant progressivement avec une progression vers l'horreur très bien gérée. Le retournement de situation final à tiroir est réussie et laisse un sentiment de malaise, un doute horrible, une incertitude qui fait frissonner. 

Alastair Reynolds réussi à mêler habilement sense of wonder et huis clos presque horrifique.

L'adaptation

Elle aussi très réussi. L'intrigue est très fidèle dans son déroulée, même si elle amène moins d'informations sur le contexte et s'avère plus directe, mais elle apporte énormément côté visuel tout en conservant l'esprit de l'histoire.

Pas de twist à tiroir, par contre mais le retournement de situation mise visuellement sur l'horreur cosmique et c'est glaçant. On termine sur de la terreur pure, et ça fonctionne à merveille.

Au rang des défauts de cette adaptation, mais c'est quelques choses qui revient dans plusieurs épisodes de Love, Death + Robot, on notera un abus du male gaze dans la mise en scène des relation Thom/Greta et une hypersexualisation du personnage de Greta. C'est lourd, c'est banal et c'est pénible d'avoir encore ce genre de représentation.


Quoi qu'il en soit, je recommande fortement la nouvelle d'Alastair Reynolds qui un excellent texte de SF au relent horrifique ainsi que son adaptation qui vaut le coup pour les superbes visuels.

L'épaule d'Orion en parle aussi

 https://les-lectures-du-maki.blogspot.com/2019/12/le-projet-maki-presentation-inscriptions.html

 

 

House of X / Powers of X | Le renouveau de l'univers Mutant

Posted by with No comments

House of X / Powers of X

House of X #1 -#6 / Powers of X #1 - #6
Scenario : Jonathan Hickman Dessins : Pepe Laraz et RB Silva Couleurs : Marte Garcia
VO : Marvel // 2019 VF : Panini // 2020. Dans les softcover House of X/Powers of X #& à #4


Pendant que vous dormez, le monde change

L'humanité se réveille un matin et cette fois ça y est, les mutants ont fait sécession. Adieu le rêve pacifique de Charles Xavier de cohabitation entre mutanité et humanité. Lassés de protéger un monde qui les hait et les craint, le Professeur X à déclarer la nation mutante sur l'ile de Krakoa. Et celle-ci est ouverte à tous, car pour trouver le salut, une seule solution, faire front commun, laisser derrière soi les inimités et se mettre définitivement en dehors de l'humanité. C'est ainsi que Magneto se retrouve au côté de Xavier, mais aussi Apocalypse, Sinistre et d'autres ennemis de longue date afin de créer une nation mutante unie.

C'est sur ce postulat de départ que démarre le dyptique HoX/PoX, un duo de mini série fonctionnant de concert et dont le but est de redéfinir l'univers X-Men. Et cela commence par la création de cette nation mutante, mais ne s'arrête pas là puisque tout au long des 12 chapitres de l'histoire, Hickman va bousculer violemment les certitudes du lecteurs.
D'abord, il va y avoir une RetCon (changement de continuité, modification d'un événement du passé ayant des répercussions sur la vision qu'on avait d'évènement déjà écrit en en changeant la perspective rétroactivement) dévastatrice, un changement radical sur un personnage établi qui vient bouleverser beaucoup de chose.
Il y a aussi ces aperçus de l'avenir, 100 ans dans le futur avec cette guerre raciale entre mutant, humains et machines, et puis 1000 ans plus tard cette civilisation mystérieuse qui court vers une ascension spirituelle et va atteindre une singularité inattendue.

Comme souvent avec Hickman, les pistes sont nombreuses, les échelles étirées au maximum, et le récit nous entraine dans des directions inattendus, dans des boucles et des circonvolutions complexes, denses, mais ici, jamais au détriment de la lisibilité de l'histoire qui reste d'une grande limpidité.

Plus qu'une bonne histoire de super-héros, Hickman propose ici un excellent comics de science-fiction. Il nous parle bien sûr mutation et évolution lors de ses explorations temporelles. Il aborde la notion d'humanité [mutanité ?] avec un concept de résurrection fascinant, et bien il aborde tout ce qui permets à une nation, une société de se créer. Les références culturelles commune, la langue, les rituels.  Et puis il parle aussi de nos société, de la manière dont les opprimé doivent prendre le pouvoir pour exister.

Vous avez de nouveaux Dieux maintenant

Xavier révait d'un monde où Mutant et Humains pourrait coexister pacifiquement. Ce monde n'est jamais advenu puisque les Mutants ont toujours subit les discrimination et la haine dans l'indifférence générale, une indifférence qui à souvent touché aussi les autres héros de l'univers Marvel. 

Quand la société ne veut plus t'intégrer, il ne reste qu'a trouver le moyen de maintenir la société à distance pour se créer un espace de liberté protégé. Et c'est ainsi que grâce aux ressources de Krakoa, Xavier obtient ce pouvoir, ce moyens de compter véritablement, pour renverser un rapport de force défavorable depuis le génocide mutant de Genosha.

Avec ce choix, Hickman s'inscrit dans une perspective très actuelle où les minorités opprimés sont contraintes à ce choix, à la création d'espace en dehors des normes pour pouvoir se retrouver et exister. Et il ne s'agit pas "d'essentialisme vociférant" comme le dise certains mais d'une nécessité de survie et d'une réaction face à un monde dont l'universalisme consiste en l'effacement de ce qui ne correspond pas à sa norme.
Les mutants ne s'extraient pas de la société parce qu'ils la refusent mais parce que celle-ci leur déni depuis des décennies le droit de vivre.

Impossible de parler de HoX/PoX sans aborder la somptueuse partie graphique. Que ce soit Pepe Laraz ou RB Silva, les planches sont sublimes. Leurs traits parfait, leurs composition aussi réussie sur les moments intimes que sur les plans plus épiques et grandioses. Et le tout est superbement mis en couleur par Mate Gracia.

Je n'ai pas honte de ce que je suis

Après plusieurs années en demi teinte, apportant son lot de bonnes histoires mais manquant parfois de vision à long terme, Jonathan Hickman prend les rênes de l'univers mutant avec comme à son habitude, des idées novatrices et un plan au long cours. Le résultat est riche, complexe, prenant et laisse entrevoir un schéma global qu'on ne fait ici qu'effleurer dans ce qui est une superbe et épique introduction.




10 ans de blog !

Posted by with 9 comments


He bien ! Aujourd'hui ça fait 10 ans que ce blog existe et... wahou, jamais je n'aurais imaginé qu'il durerait autant, qu'il m'apporterait autant et ferait gonfler ma PàL autant ! 

D'ailleurs je n'avais aucune idée de ce qu'était une PàL avant d'ouvrir ce blog.

J'étais naïf il y a 10 ans, j'ai eu une idée que je trouvais révolutionnaire, parler de livres de SF sur internet parce que je voyais qu'on en parlait nulle part... Bon résultat, quelques semaines après l'avoir ouvert, j'ai découvert la communauté Planète SF et plonger violemment dans la blogosphère et le fandom puisqu'un mois après l'ouverture du blog je faisait mes premières Utopiales, ZE festival de SF en France. quelle plongée stimulante, avec des rencontres d'auteurs pour la première fois, des conférences, des achats et des envies de lectures à n'en plus finir :)

Pour mon premier article sur ce blog, je parlais de Simulacron 3, une chouette vieillerie de Daniel Galouye, avec une chronique de quelques lignes à peine.

De ce côté là aussi il y a eu du changement. Je ne suis pas l'analyste le plus fin de la blogo mais je suis fier des progrès que j'ai fais de ce côté, je suis content d'avoir appris à réfléchir à ce que je lisais, pourquoi et comment.

10 ans, et même pas 400 articles, on peut dire que j'étais un précurseur du slowblogging avant l'heure, mais qu'importe, malgré des moment de démotivation ou de ralentissement, j'ai continué tranquillement et je suis toujours là ;)

En 10 ans il s'en est passé des choses, des découvertes, des débats parfois houleux, du thé et du drama, quelques inimités mais surtout des rencontres marquantes et des amitiés sincères, et puis, par dessus tout, ce sentiment, lorsque j'ai plongé dans le fandom, d'être sortit de la solitude, d'avoir trouvé mes semblable, une famille, un peuple de la SF, comme le disait le regretté Roland C. Wagner, et c'est vraiment quelque chose de précieux que je chéri.

Je ne citerais pas toutes les personnes qui m'ont marqués ces 10 dernières années, je risquerait d'en oublier ou d'en froisser, mais je vous aime :)

Clairement, ouvrir ce blog fût une des meilleures décisions de ma vie.


Dans le sillage de Poséidon - Alastair Reynolds

Posted by with 4 comments

 
Dans le sillage de Poséidon - Alastair Reynolds
Bragelonne // 2017 (VO 2015) // 648p  
 
Enfin ! Avec ce 3e tome, je termine la trilogie des enfants de Poséidon entamé en 2016 avec La Terre bleue de nos souvenirs.

200 ans ont passé depuis le volume précédent, l'humanité à essaimé dans la galaxie et on retrouve une fois encore la famille Akinya. D'un côté Goma Akinya, petite fille de Chiku Verte, sur Creuset, la planète Mandala, une jeune femme qui suit en quelque sorte les traces de sa famille puisqu'elle s'occupe en compagnie de sa femme Ru des derniers Tantors, des éléphants augmenté capable de raisonnement presque humain et doués de parole. De l'autre Kanu, petit fils de Sunday, encore envie si longtemps après la chute du Mécanisme. Il semble avoir tourné le dos aux Aquatique et est désormais ambassadeur sur Mars auprès des population robots avancé de l'Evolvarium.

Ce qui va mettre en route tout ce beau monde, c'est la réception d'un message à destination de Ndege Akinya, la mère de Goma, en provenance de Gliese 163.

Creuset décide de mettre en place une mission d'exploration au très long court, puisqu'il faut compter avec les vitesses relativistes sur un décalage de 300 ans pour un aller retour, afin de répondre à cet appel, avec un espoir, retrouver la trinité, Chiku, le clone robot d'Eunice et la Tantor Dakota partie il y a bien longtemps.

Avec le talent qui le caractérise, Reynolds offre dans la conclusion de cette trilogie  du bon gros "Sense of Wonder". Certains des mystères mis en place depuis 2 tomes trouvent leurs réponses et c'est proprement vertigineux.
Entre artefacts démesurés, intelligences artificielles supérieure, émergence de nouvelles espèces, exploration et voyage étalé sur des centaine d'années, l'échelle de ce 3e livre est gigantesque.

Toutes les réponses apportés par Reynolds ne seront pas entièrement satisfaisantes puisque parfois elles apportent aussi leur lot de nouvelles questions, ouvrent des pistes et laissent en suspens des interrogation philosophique, quasi métaphysique même (je sais, ce mot est interdit dans le fandom depuis vous savez quoi).
Mais malgré tout, c'est une belle conclusion qu'offre ici l'auteur, la fin d'un voyage de plusieurs siècles qui aura vu l'humanité changer, être éprouvée et évoluer vers une issue positive, lumineuse.


 

 

Seul sur Mars - Andy Weir

Posted by with 4 comments

 
Seul sur Mars - Andy Weir 
Milady // 2015 (2014 Vo) // 472pages

J'étais plutôt impatient de lire ce thriller de Hard Science, mais malheureusement, suite à un énorme spoiler concernant la fin du bouquin je l’ai un peu laissé trainer sur la pàl (Oui c'est une excuse bidon vu le nombre de livres qui traînent dessus  depuis... pfiou... au moins !!).

Bref, j'ai enfin pris ma fusée afin d'aller tenir compagnie au pauvre Mark Watney !

Is there life on Mars?

Seul sur Mars donc, c'est l'histoire d'un type qui se retrouve seul, sur Mars... Parti pour une mission d'exploration du sol martien censé duré deux mois (plus deux ans de voyage aller-retour hein), la mission tourne au vinaigre quand au bout de 6 sol (le jour martien, qui dure environ 40 minutes de plus que sur Terre), suite a une tempête trop violente, l'équipage est obligé d'abandonner l'exploration et de redécoller pour rentrer sur Terre.

Malheureusement, durant la manœuvre, un accident se produit et Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers.

Manque de pot, il a en fait survécu mais se retrouve privé de communication, et supposé mort par l'humanité entière qui n'a donc pas de raison de revenir le chercher. Il va ainsi se retrouver l'homme le plus isolé de l'univers dans l'un des environnements les plus hostile qui soit, car ici, tout est extrêmement létal pour l'être humain. Que ce soit la maigre atmosphère, très riche en CO2, ou bien les températures qui descendent régulièrement en dessous des -100 degrés, ou même encore les rayonnements solaire qui le grillerait sur place sans sa combinaison ou la protection de l'abri.

Heureusement pour lui, tout n'est pas perdu car sur place, il y a un abri, équipé de recycleur d'eau et d'air, il y a des provisions pour tenir des mois, et puis surtout, Mark est ingénieur et botaniste, deux compétence cruciale qui vont l'aider a survivre au quotidien et à prolonger sa chance chaque jour un peu plus en attendant que d'hypothétiques secours puisse venir.

It's the freakiest show

Narré sous forme d'un journal que Mark enrichit chaque jour pour raconter ses péripétie, l'histoire va se concentrer donc sur l'ensemble des problèmes qui vont se poser à lui et les ingénieuses solution qu'il va y apporter.

On va ainsi lire le récit de ses recherches et trouvailles pour faire pousser de la nourriture sur le sol stérile de Mars, pour augmenter ses réserves d'eaux en utilisant le combustible resté sur place, ou bien encore pour trouver le moyen de restaurer les communications avec la Terre. L'auteur nous explique en détail chaque étape avec une cohérence scientifique passionnante, qui témoigne d'un impressionnant travail de recherche. Ceci allié au fait que le roman offre peu de temps mort, enchainant les péripéties, les problèmes et les retournements de situations, on se retrouve avec une histoire vraiment très prenante.

Toutefois, le roman n'est pas sans défaut, et au premier de celui-ci, on peu mettre le manque d'épaisseur des personnages. Mark lui-même est assez monolithique, nous apparaissant comme un surhomme au moral à toute épreuve ayant un éventail d'émotion relativement restreint mais heureusement contrebalancé par un humour potache qui arrive à le rendre très attachant (pour peu qu'on accroche a son humour particulier).

Concernant les personnages secondaires, c'est encore plus maigre, ceux-ci n'étant défini que par leur nom et leur fonction.

Côté style, on pourra aussi repasser, le roman ne brille pas par celui-ci. C'est très aride, un peu comme Mars d'ailleurs, et très factuel.

Mais peu importe en fait, car pour peu qu'on soit un minimum intéressé par les sciences ou l'espace, on se régale avec ce roman de Hard Science et on ne le lâche pas du début à la fin.

But the film is a saddening bore

Un petit mot sur le film que du coup j'ai vu dans la foulée.

Globalement, celui-ci est de qualité, Ridley Scott sait tenir une caméra, et Matt Damon est plutôt bon dans le rôle de Mark Watney. Il apporte de l'épaisseur au personnage, présente des failles qui aident à le rendre plus humain et fait preuve de pas mal d'humour.

Mon grand regret par contre, vient du côté scientifique assez réduit. C'est le plus gros point fort du livre, mais le film se concentre beaucoup plus sur l'aspect survie et catastrophe sans entrer autant dans les détails. C'est surement compréhensible, le média étant différent, peut-être que c'est pour éviter de tourner au documentaire.

Par contre ce qui est vraiment dommage, c'est d'avoir sacrifier un certain réalisme au profit du grand spectacle, et notamment lors de deux scènes qui m'ont beaucoup marqués

La première est une scène de sortie extravéhiculaire où les astronautes évoluent sans être attaché, notamment en se jetant d'un élément à l'autre de la structure du vaisseau. C'est ridiculement dangereux, et surtout, dans le roman l'accent est vraiment mis le fait que les astronautes doivent être attachés à ce moment là, et l'un d'eux qui suggère le contraire est vertement rappelé à l'ordre par son commandant.

Et puis, il y a la scène Iron Man... Sans spoiler l'histoire, un astronaute dans le livre suggère de faire un trou dans la main de sa combinaison pour utiliser la fuite d'air comme moyen de propulsion, comme Iron Man... La suggestion est rapidement écarté dans le livre mais malheureusement, on y a droit dans le film.

Je trouve ça très dommage, car ce n'est vraiment pas nécessaire pour avoir un bon film, il faudrait que les réalisateurs cessent d'imaginer que vraisemblance égale chiant.

Bref, lisez le livre, il est vraiment très bien !

 

[Star Wars] Maitre & Apprenti - Claudia Gray

Posted by with No comments

Maitre et Apprenti - Claudia Gray
Pocket // 2019 // 464p

Avec les romans Etoiles Perdues et Liens du sang, Claudia Gray est devenue une autrice incontournable du nouveau canon de l'univers étendu Star Wars dont j'attends les nouveaux romans avec impatience.
Du coup, quand on se retrouve avec un roman situé durant la période de la prélogie, une période un peu délaissé depuis le rachat par Disney mais que j'affectionne particulièrement, et qu'en plus on apprend que ce roman va s'attaquer à la relation qui lie Qui Gon Jin à son Padawan Obi Wan Kenobi, autant dire que l'impatience était très grande de pouvoir lire ce titre !


8 ans avant les évènements de La Menace Fantôme, les relations entre Qui Gon et son Padawan Obi Wan sont relativement conflictuelles. Qui Gon a l'impression de ne pas être à la hauteur d'Obi Wan, de ne pas lui transmettre son savoir comme il le peut tandis que de son côté, Obi Wan trouve son maitre distant et redoute que celui-ci ne soit déçu de son élève.
Après une mission de routine en demi teinte, Qui Gon se voit proposer une place au conseil Jedi. Si cela reste un grand honneur, Qui Gon à besoin de réflexion, d'une part parce qu'il se trouve très souvent en désaccord avec les méthodes du conseil et de l'autre parce qu'accepter le poste l'obligerai à renoncer à former Obi Wan.
Sa décision va bientôt devoir être repoussée quand le conseil reçoit une demande d'aide de Rael Aveross, un Jedi atypique aux méthode peu conventionnelle et ancien disciple de Dooku, car celui-ci requiert expressément l'expertise de son ami Qui Gon.
 
Wahou ! Que dire d'autre à part que ce roman était tout ce que j'espérais et encore plus.
D'un côté, on a donc la relation Qui Gon, Obi Wan qui est exposée et développé, leur différences, leurs doutes, les inévitables conflits. De l'autre, on a une plongé dans les rouages de l'ordre Jedi par le prise de Qui Gon. Et si' l'on savait déjà que des points de frictions existait entre cet ordre millénaire, encrassé par l'immobilisme et la vision plus idéaliste et ouverte de Qui Gon, on ne réalisait pas à quel point la défiance de ce dernier était grande vis à vis du conseil.
Un autre point passionnant est la découverte des prophéties. On connait celle de l'élue grâce à la prélogie, mais on découvre ici qu'elle sont nombreuses, très ancienne et qu'elles ne sont pas forcément très bien considérés par la plupart des Jedi qui laisse de côté cette mystique pour une approche plus pragmatique de la Force. 
La jeunesse de Qui Gon est abordée aussi, son lien avec son ancien maitre Dooku, et globalement, c'est tout un réseau de connexions qui s'établit grâce à ce roman.
 
L'intrigue en elle même n'est pas forcément des plus originale, une mission diplomatique sur planète lointaine, une conspiration à mettre à jour, etc. mais elle réserve quand-même son lot de suprises, et surtout il nous fait découvrir l'ordre Jedi comme jamais, avec ses forces, mais surtout ses faiblesse, sa trop grande implication dans le jeu politique au détriment d'une approche à la fois plus mystique et plus terre à terre. Les Jedi se sont éloignés du quotidien, du peuple, c'est quelque chose que l'on peut voir très clairement dans la saison 7 de la série The Clone Wars avec l'arc sur Ahsoka dans les bas fond de Coruscant, et qui apparait encore plus distinctement ici, en plein coeur de la machine, avec l'un des leurs qui s'oppose ouvertement à leurs choix.

Ce roman est un indispensable pour quiconque s'intéresse aux Jedi, à la prélogie ou tout simplement à Star Wars.
 

Terre Errante - Liu Cixin

Posted by with 2 comments

Terre Errante - Liu Cixin
Actes Sud // 2020 (2000 VO) // 80 pages

Le pitch est simple, le soleil doit se transformer en géante rouge d'ici 4 siècles. Pour que l'espèce humaine survive à ce cataclysme annoncé, les sociétés humaine s'unissent avec un seul but, construire des milliers de propulseurs pour stopper la rotation de la Terre, la dévier de son orbite et finalement l'envoyer dans le vide intersidéral à destination de Proxima du Centaure où 2500 ans plus tard elle ira tranquillement intégrer l'orbite de sa nouvelle étoile.

Ouais. Rien que ça. Alors déjà là, on a le cerveau qui explose en ayant lu ces quelques lignes, mais la réalisation étant du tonnerre, c'est pas fini.

Écrite en 2000, cette courte novella va s'attarder à nous raconter par le regard d'un enfant né peu de temps avant que la Terre n'entame son accélération, toute cette période de grand changement. La société qui évolue, avec notamment des personnes qui deviennent froides, presque sans aucun sentiment, ceux-ci étant devenu futile face à l'extinction programmé et la chance infime de s'en sortir.

On verra aussi comment une pathologie psychique, l'héliophobie se développe pour les terriens vivant du côté de la Terre perpétuellement dans la nuit

Ce n'est pas parfait, les personnages manquent d'épaisseur, sont parfois un peu caricaturaux et certains passages vont trop vite donnant une impression de fouillis.

MAIS ! En 80 pages, et pour peut qu'on fasse marcher sa suspension d'incrédulité Liu Cixin nous offre un voyage vertigineux sur une Terre au bord de la catastrophe. Il explore les changements drastique d'une société qui a pris conscience de son extinction quasi inéluctable et qui tend ensemble vers la survie. Et surtout il offre de purs moment de vertige science fictif, de "sense of wonder". Ça vaut le voyage !

 

 

[TAG] Les incontournables SFFF récents

Posted by with 13 comments

Régulièrement, que ce soit pour conseiller des lectures de plages, ou bien pour constituer une liste de Noël, ou même juste comme ça, la presse généraliste nous propose des listes de classiques, d'incontournables de la SFFF. Quand on est un fervent amateur de ces genres de l'imaginaire, on fait tous le même constat : ses listes sont ringardes, dépassés, recyclés, elles sentent la naphtaline et bouclent sans cesse sur les même roman d'il y 50, 60 ou 70ans. Des romans qui certes possèdent des tas de qualités que je reconnais puisque souvent ce sont des romans que j'ai lu et apprécié, mais des romans qui donnent l'impression qu'en littérature, la SFFF est un genre dépassé, moribond. Une remarque que j'ai entendu régulièrement d'ailleurs de la part de personne ayant grandit avec ces vieux classique c'est "ha oui je lisais de la SF avant, mais j'ai arrêté et puis on a pas fait mieux que [inséré ici vieil auteur mort]". Spoiler, si, on a fait mieux, différent, et on continuera longtemps.

Parce que le temps passe, la société évolue, de nouvelles voix s'élèvent pour raconter des histoires plus en phase avec notre monde. Des histoires prenant en compte des problématique sociales que n'auraient jamais abordé ces vieux auteurs mort à cause de leur appartenance sociale. Des histoires donnant la voix aux sans voix, des histoires aussi riches, si ce n'est plus, que les textes surannés qu'on nous propose sans cesse.

Il est important de connaître son histoire, ces racines, mais il est bien dommage de ne jamais s'en affranchir. C'est un peu le constat que fait toute la blogosphère SFFF, et c'est en partant de ça que Vert du blog Nevertwhere à eu l'idée d'un tag qui permettrait enfin de mettre en avant toute la richesse de cette littérature que nous aimons. 

Le but est de lister 5 à 10 ouvrages publiés après 2000. Alors voilà, ma... heu mes listes. Oui, j'ai accepté de faire moins de 10... par catégorie, parce que c'est trop dur sinon ^^

Science-Fiction


Janus - Alastair Reynolds (2005)

Alastair Reynolds a publié son premier roman L'espace de la révélation au début des années 2000 et j'ai pris un claque. Depuis j'ai aimé chacun de ses titres. Il fait de la SF monumentale, produit du Sense of wonder démesuré et n'oublie jamais de raconter des histoires avec des personnages.

La Justice de l'Ancillaire - Ann Leckie (2013)
chronique

Gros coup de cœur pour ce roman de SF militaire qui bouscule le genre, et les identités de genre. Sa SF synthétise beaucoup de choses faites avant elle mais avec un regard qui lui est propre et qui en fait un roman et une série incontournable.

 

L'espace d'un an - Beckie Chambers (2014)

Du space opera feel good. Un roman qui vaut pour ses personnages, qui fait voyager comme rarement.Un parfum de Firefly mais avec une diversité de personnage qui nous emporte. Et les deux suivants sont aussi bien !

 

Planetfall - Emma Newman (2015)
chronique

De l'anticipation tangible, le sujet de la maladie mentale abordé avec justesse.

 

L'incivilité des fantômes - Solomon Rivers (2017)

Un premier roman coup de point qui s'attaque au racisme dans sa dimension systémique, aux systèmes oppressif, qui bouscule les identité de genre et leurs représentation avec un.e auteurice queer inventive à surveiller !


Journal d'un AssaSynth - Martha Wells (2017)

Là aussi on est dans de la SF "à personnage". Si les intrigues de cette série sont agréables et même se bonifie avec les tomes, c'est pour AssaSynth, androïde associal.e préférant passer son temps devant des séries plutôt qu'interagir avec les humains, que la série est très marquante.

Fantasy


Fils des brumes - Brandon Sanderson (2006)

Et si le seigneur des ténèbres avait gagné, et si le héros de la prophétie avait échoué ?

La première trilogie de Fils des Brumes est un sans faute qui revisite certains tropes de la fantasy avec succès. Sanderson offre un monde très riche, une intrigue surprenante, et un système de magie extrêmement cohérent (c'est devenu sa marque de fabrique un peu) qui offre des moments très visuels.


Un pont sur la brume - Kij Johnson (2011) chronique

Un récit presque contemplatif, très onirique qui parle de la vie, des êtres humains et de ce qui les relie. Un texte magnifique.



Morwenna - Jo Walton (2011) chronique

Un livre qui parle de livre, mais pas que. Quiquonque c'est un jour senti à la marge, perdans ses livres peut s'y retrouver. Un très beau roman sur le passage à l'âge adulte, sur la magie et la lecture d'imaginaire.


La route de la conquête - Lionel Davoust (2014) Chronique

Des nouvelles qui explore un monde, un univers, une chronologies. Des thématiques variées, un constructions intéressante, une porte d'entrée dans l'oeuvre majeur d'un auteur de talent.


La cinquième saison - N. K. Jemisin (2015) chronique

3 tomes, 3 prix Hugos. Très largement mérité. C'est fort, c'set puissant, c'est ultra prenant.


Le prieuré de l'oranger - Samantha Shanon (2019) chronique

De la fantasy épique féministe par essence. Une intrigue palpitante, des personnages parfait, des thématiques riches et une construction d'univers qualitative.

Fantastique


World War Z - Max Brooks (2006)

Grosse claque pour cette chronique d'une guerre totale qui met à jour brutalement le genre zombie. Un livre coup de poing, la forme est un sans faute. (On oublie le film médiocre par contre).



Feed - Mira Grant (2010) Chronique

Politique, critique des medias, plongée dans un monde post apo qui a survécut aux zombies mais où les même monstres qu'avant trainent encore.


L'éducation de Stony Mayhall - Daryll Gregory (2011) chronique

Daryll Gregory s'est révélé chez nous avec ce superbe roman qui s'approprie le mythe du zombie pour nous parler de nos sociétés, d'oppression et de révolte.


Le dernier Loup Garou - Glen Duncan (2011)

Sex, blood and rock'n roll. Glen duncan passionne avec ce premier tome très réussie qui se suffit à lui-même. Le suivant est pas mal du tout mais la conclusion laisse à désirer.


Je suis ton ombre - Morgan Caussarieu (2014)

Du vampire sombre, crade, glauque et désespéré. Une histoire de misère social qui rend les vampires de nouveaux effrayant !

Nouvelles


La Tour de Babylone - Ted Chiang (2002 ??) Chronique


Serpentine - Mélanie Fazi (2004)


Axiomatique - Greg Egan (2006 pour la VF, 1995 pour la VO)


Infinité - Vandana Singh (2009)


Ainsi naissent les fantômes - Lisa Tuttle (2011)


La ménagerie de Papier - Ken Liu (2015) chronique


Son corps et autre célébration - Carmen Maria Machado (2017)

Un recueil féministe, queer, parfois dérangeant, toujours percutant.

Quelques listes de camarades blogueureuses

Vert, Lorhkan, Anne-Laure - Chut Maman Lit, Anudar, Anouchka, L'Ours inculte, Le chien critique,
FeydRautha, TmbM, Herbefol, Lihsbei, Lhotseshar
Shaya, Yogo, Snow, Sometimes a book, Lune

 

Les Jeunes Chevaliers Jedi - Kevin J. Anderson et Rebecca Moesta

Posted by with 3 comments
Petite plongée dans l'univers Star Wars "legends" avec cette série jeunesse en 14 tomes. Parue entre 1995 et 1998, la série ce centre principalement sur Jacen et Jaina, jumeaux et enfants aînés de Lei et Han, ainsi que sur leurs amis Tenel Ka et Lowbacca.
J'ai un attachement particulier à cette série que j'ai commencé quand j'étais adolescent et que je n'avais jusque là jamais terminé. Mais le confinement m'a fait retombé dans une frénésie de lectures Star Wars et ce fut l'occasion de relire la série et d'enfin la terminer.


Jacen et Jaina ont longtemps été mes personnages préférés de Star Wars. Rencontré quand j'avais à peu près leur âge, j'ai un peu grandit avec eux à travers cette série, celle du nouvel Ordre Jedi ou bien de l'Héritage de la Force et le destin tragique de Jacen.
quand on suit des personnages pendant 20 ans, on se lie fortement à eux et une des grosses difficulté lors du reboot de l'univers étendu Star Wars fut pour moi d'accepter que je ne verrais plus ces personnages évoluer.

Mais alors qu'en est-il de cette série ?

Hé bien on va suivre les aventures de nos Jedi en formation à travers différentes épreuves, aventures, et péripéties sur une période d'environ 3 ans. Au fil du temps on les verra évoluer, grandir et devenir des Jedi confirmés. La série peut se découper en 3 actes.
L'académie de l'ombre qui les voit affronter des vestiges de l'empire et une version miroir de leur académie Jedi peuplée de Jedi obscurs. C'est du classique Star Wars avec des imperiaux, des utilisateurs du côté obscur et il confrontera nos héros à leurs premiers choix, leurs premières épreuve et à la tentation du côté obscur.
L'alliance de la diversité, ou une organisation politique d’extraterrestre menée par une chef Twilek va se transformer en nazi en puissance anti humains malgrés son désir initial de combatre les injustices et discriminations dont les non humains sont victimes dans l'univers Star Wars. Une antagoniste aux motivations bancales qui montre une vision politique au mieux naïve de l'auteur.
Le retour du soleil noir enfin qui confrontera nos héros au retour de cette organisation criminel et les fera douter de leur père.

Évacuons tout de suite les points négatifs.

C'est à destination d'un public jeunesse et c'est daté. On sent qu'on est dans un monde pré Harry Potter où les publications jeunesse n'avait pas toujours un niveau d'exigence très élevé. Les intrigues sont très naïves, les situations tirés par les cheveux et les résolutions souvent trop faciles.

Il y a du bon en lui.

Mais tout n'est pas à jeter dans cette série, loin de là ! Car si les intrigues sont globalement bancales, il en va autrement de la galerie de personnages adolescent que nous offres les deux auteurices !
Déjà, on a la parité au sein du groupe principal, et les deux jeunes filles, Jaina et Tenel Ka sont loin d'être là pour faire de la figuration.

Chaque personnage est caractérisé, multi-facette et loin des clichés. Ils affrontent toutes et tous des épreuves difficiles, font parfois preuves de faiblesse, de force, bref iels sont  complexes et travaillés.
En plus de ça, ils évoluent sur le long terme et ça se voit. A la naïveté des début succède l'assurance de l'expérience et les premiers émois adolescent. Leurs relation sont bien écrites, on s'attache fortement à eux, et on apprécie de les voir grandir et s'affirmer chacun à leur manière. De ce côté là c'est une vrai réussite.

Alors est-ce que cette série vaut le coup ?

Diffic ile à dire, disons que ça dépend de ce que l'on cherche. Pour découvrir les début de Jacen, Jaina et Tenel Ka parce qu'on vient de lire le Nouvel Ordre Jedi et qu'on veut en avoir un peu plus sur eux, je dirais oui, pareil si on veut faire découvrir du Star Wars littéraire à un enfant.
Pour débuter l'univers étendu legends clairement non, comme je dis, c'est très jeunesse et c'est daté.