L'ascension de Skywalker - quelques reflexions

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Star Wars Episode IX : The Rise of Skywalker
Bon ça y est !!! J'ai enfin vu le dernier volet de la Saga Skywalker, qui clôture ce pan de l'univers Star Wars. Enfin jusqu'à ce qu'on ai la suite en comics, roman et peut-être nouveau film ?!
Bref Star Wars ne mourra jamais quoi :)
Enfin du coup j'avais envie de revenir sur quelques point de ce dernier film qui m'ont marqué. Je  ne vais pas faire une chronique exhaustive, mais du coup attention ce sera plein spoilers !

Les origines de Rey et le retour de Palpatine
J'ai adoré The Last Jedi, pour sa déconstruction du mythe, et le fait de ne pas donner d'ascendance prestigieuse à Rey allait dans cette direction. Tout le monde peut être un Jedi, le sang n'importe pas.
Bon du coup JJ Abrams à décidé que Rey était la petite fille de Palpatine. Ok. Pourquoi pas.
C'est pas illogique d'imaginer qu'un vieux politicien verreux devenu empereur de la galaxie est des enfants cachés un peu partout, et le côté je vais projeter ma conscience dans ton corps pour revenir plus jeune et plus fort ça me plait à fond. Et bien sûr tout cela rappelle fortement le comics Dark Empire, publié entre 1991 et 1995 qui nous raconte le retour de l'empereur cloné et qui est dans mon panthéon personnel des œuvres de l'Univers Etendu Legend.
alors oui, ça sort de nulle part, puisque le retour de Palpy est expliqué par une phrase au début du texte déroulant et que rien dans les précédent film n'annonce l'ascendance de Rey. Mais pour peux qu'on accepte le postulat, cela fonctionne plutôt bien, avec une Rey qui lutte pour prouver qu'on est pas définit par nos origines mais par nos actions.

La rédemption de Ben Solo et le lien avec Rey
Là encore, j'avais l'impression que Rian Johnson avait détruit cette possibilité en faisant de Kylo Ren le leader du Premier Ordre. Il enterrait définitivement tout espoir de revenir en arrière et j'aimais ça. Après tout, après avoir commis le parricide, y-avait-il une leueur de Ben en Kylo.
Pour JJ Abrams oui. Et... ok. Oui c'est déjà vu, oui on a un énième bad guy romantisé qui revient. Oui. MAIS Adam Driver. Voilà.
Bon je développe. Adam Driver et Kylo, m'ont marqué depuis le début de cette trilogie, cet acteur est parfait dans ce rôle, il apporte toute une palette d'émotions et de nuances au personnages, il est vraiment phénoménal. Pour preuve son jeu après sa rédemption en tant que Ben. Il est transformé, ce n'est vraiment plus la même personne. Plus la même tension sur son visage, dans ses postures, une insolence qui rappelle celle de Han Solo mais avec la retenu de Leia et la Force des Skywalker.
Il est parfait.
Le basculement au moment de la mort de Leia est peut être trop rapide, je ne sais pas, il me faudrait d'autres visionnages. Je pense que toute l'influence de son lien avec Rey a fait une grosse part du travail. D'ailleurs, je suis très heureux de voir que JJ Abrams à conservé ce point de Last Jedi et l'a poussé plus loin encore.
Seul point éventuellement négatif... Le baiser. Ben se sacrifie finalement pour Rey, il donne sa vie pour elle et au moment de mourir, ils échangent un baiser. Sur le coup j'étais vénère. Il la torture, la traque et la manipule depuis 3 film, on veut pas voir ça.
Mais avec le recul, il n'y a pour moi aucune tension romantique dans ce baiser. J'y voit un élan d'affection, quelque chose de fort, mais pas de lien romantique. Je pense que dans d'autres circonstance, Rey et Ben seraient devenu de grand amis, des compagnons inséparable, unis dans la Force et c'est ce que j’entraperçois ici.

Poe et Finn et la représentation LGBT...
*sigh* Quelle tristesse, quelle occasion manqué. Quand je repense à ce merveilleuse alchimie entre les deux personnages... Il y avait moyen de faire quelque chose de magnifique entre ces deux là, mais... le pognon potentiellement perdu dans certains pays avec une romance gay entre deux persos à gagné.
Nan à la place, on a JJ Abrams qui tease de la représentation LGBT dans le film et au final on a une scène de baiser lesbien entre deux persos anecdotique que tu rate si tu clignes des yeux au mauvais moment. Une scène tellement anecdotique qu'elle a été coupé au montage pour la sortie du film dans certains pays bien homophobes...
Et puis on a le perso de Zorii, une femme venu du passé de Poe qui est au demeurant fort cool mêm si peu développé mais avec qui on essaye de nous forcer l'hétérosexualité de Poe. C'est rageant et ça ne fonctionne pas. De la même manière, Finn semble vouloir faire une déclaration d'amour à Rey. C'est sans aucune subtilité, mais HEUREUSEMENT, rien n'est jamais dit explicitement. Résultat, rien ne vient vraiment invalider la possibilité de Poe/Finn dans ce film, même si tout est fait pour nous le laisser supposer, comme si la production essayait de marcher sur le fil sans vraiment se décider...

Le scandale de Rose
Rose est un des meilleurs perso secondaire de cette trilogie. Apparut dans Last Jedi, elle y est fortement caractérisée, bien développée, et représente les sans voix, le petit peuple qui subit les héros inconscient et qui fait son job. Elle est la prolétaire qui fait prendre conscience à Finn de l'importance du combat, de pourquoi on se bat et de pourquoi il faut vivre.
Et elle a moins de 10 lignes de dialogues et 3 min à l'écran dans Rise of Skywalker. C'est juste un scandale. Avec tout le harcèlement raciste et mysogine qu'a subit l'adorable actrice Kelly Mari Tran après la sortie de Last Jedi, ça sonne comme une reddition de la production face à cette frange toxique et gerbante du fandom Star Wars.

Bon, voilà, cette fois c'est fini pour la saga Skywalker (enfin, on verra bien ^^).
Quoi qu'il en soit, j'ai passé un très bon moment avec ce dernier film, malgré ses imperfections et sa légèreté. Ce que je retiendrais de cette trilogie, ce sera de belle choses, d'ecellent personnages, mais un manque flagrant de vision à long terme.
En attendant il reste l'univers étendu, et puis de nouveaux films à venir qui explorons de nouveaux pans de cette univers infini !

Binti - Nnedi Okorafor

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Binti - Nnedi Okorafor 
ActuSF - Naos // 2020 (VO : Binti 2015 & Binti Home 2017) // 320 pages

Aujourd'hui on part dans l'espace avec la série jeunesse Binti de Nnedi Okorafor.
Nnedi Okorafor est une autrice américaine d'origine nigériane, qui participe au courant afrofuturiste qui vise à développer un imaginaire SF en lien avec le continent africain, ces nombreux peuples et tradition variés afin de sortir d'une vision trop occidentalo-centrée. 
Cette série est composé de 3 novellas (Binti, Binti: Retour et Binti: The Night Masquerade) et d'une nouvelle (Binti : Feu Sacré). Le premier texte eponyme, publié en 2015 a remporté cette année là le Nebula de la meilleure novella et en 2016 le prix Hugo de la meilleure novella.
Publié en France par les éditions Actu SF dans la collection Naos, un label jeunesse commun aux indés de l'imaginaire, ce premier volume intitulé Binti reprend donc les deux premières novellas ainsi que la nouvelle se situant entre les deux. The Night Masquerade, ultime (pour l'instant) volet de cette série sera publié en principe l'an prochain.

Binti est une jeune fille Himba de 16 ans, un peuple du nord de la Namibie réputé pour une pratique qui consiste à s'enduire le corps et les cheveux d'Otjize, un mélange de terre ocre et de graisse qui les protège notamment de l'ardeur du soleil. Binti est une surdouée en math et une harmonisatrice, elle voit les équations et est capable de générer une sorte de courant électrique, et surtout Binti a reçu une lettre l'invitant à rejoindre l'université d'Oomza, un établissement situé à plusieurs systèmes solaire de là. Le problème, c'est qu'aucun Himba n'a quitté la Terre et que sa famille ne voit pas d'un très bon oeil cette invitation. Mais Binti a pris sa décision et elle part pour les étoiles en quête de connaissance, une quête qui va s'avérer semer d'embuches et qui va la confronter à elle même, aux autres et à sa famille.

Évacuons tout de suite les points qui peuvent coincer. Binti est une œuvre jeunesse et ça se sent. C'est parfois naïf, notamment dans la résolution du conflit entre les Méduses, un peuple alien ennemi héréditaire des Koush, un peuple humain qui traitent avec mépris et parfois haine les Himba que la peau plus sombre et la pratique de l'otjize rebute...
L'histoire est basée sur une coïncidence un peu forte, un device ex-machina pourrait-on dire. Binti possède un Edan, un morceau de technologie antique et mystérieux trouvé dans le désert pendant son enfance et qui va s'avérer crucial pour affronter les Méduses, pour discuter et résoudre le conflit.

Parlons maintenant de ce qui fait le grand intérêt de ce livre

Binti, l'héroïne de l'histoire est attachante, et son parcours intéressant. L'univers, les cultures abordés permettent d'ouvrir au monde, et c'est passionnant de découvrir cela par les yeux de Binti.
Les thématiques abordés par les textes sont variés, on y parle de racisme bien sûr par la manière dont sont traités les Himba par les Koush. On y parle des conséquences de la guerre, de la faculté à pardonner à l'ennemi pour des conflits qui nous ont touchés mais dont les raisons ne nous concernent pas.

On y parle aussi du poids des traditions, d'une manière très fine et complexe. Il y a la façon dont celles-ci peuvent être une entrave à l'apprentissage, un frein à l'émancipation et aux désirs individuels. Mais Okorafor apporte de la nuance en montrant aussi comme ces traditions qui peuvent être un poids sont parfois aussi un ancrage salutaire dans ses racines quand on quitte son foyer pour s'ouvrir au monde.

Binti : Retour poursuit encore la réflexion en abordant comme son nom l'indique le retour aux sources. Comment retrouver sa famille, ses racines, sa culture et accepter tout de celle-ci quand on a été confronté à un univers si vaste et si cosmopolite ?
Peut-on retrouver sa place comme si de rien n'était ? Peut-on renouer les liens brisés avec ceux qui n'ont que rancœur envers nous pour avoir ainsi trahit notre identité ?

La question de l'identité se pose aussi beaucoup. Binti est transformée part son émancipation des règles stricts des Himba et sa découverte de l'université, mais elle est aussi transformée physiquement à un certains point du récit, et une nouvelle rencontre va finir de renverser toutes ses certitudes sur qui elle est ?
Peut-elle se raccrocher à son identité Himba ? N'est-elle pas plus que ça, un pont entre les cultures, les espèces ? Les identités sont changeantes, fluctuante, rien n'est figé et Binti va devoir le comprendre pour accepter pleinement toutes les facettes de son être.

Toutes ces questions sont abordées avec justesse, et l'identité de Nnedi Okorafor, une femme noire, au carrefour de deux cultures, expérimentant régulièrement le racisme de plein fouet, n'est pas étranger à cette finesse dans ces interrogations.

Binti est une œuvre de SF jeunesse plus que réussie et une excellente porte d'entrée pour un jeune public novice qui voudrait s'initier au genre. C'est une œuvre riche et originale qui pousse à la réflexion sur des sujets peu abordés dans le genre ou en tout cas pas avec ce point de vue et cette réussite.

D'autres avis : Célindanaé, Feydrautha, Lutin, Blackwolf, Lune, Tigger Lilly

https://les-lectures-du-maki.blogspot.com/2019/12/le-projet-maki-presentation-inscriptions.html

Une madeleine nommée Narnia

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J'étais motivé, j'avais fait tout un programme pour participer au challenge de Lune, mais mon habituelle gestion catastrophique du temps aura eu raison de moi encore une fois.
Malgré tout, j'ai réussi à relire un livre et devant l'avalanche de cancre, Lune dans sa grande bonté nous a donner un délais supplémentaire pour publier une chronique pour le challenge.
à la base, je voulais me relire tout le cycle de Narnia, mais finalement cela n'aura été que le premier tome (en content l'ordre de publication).

Ha Narnia, si la série a été grandement popularisée par la sortie du film de Disney en 2005 (Omagad, 15 ans !!!!!), pour moi, cette saga littéraire évoque avant tout le parfun de moquette poussiéreuse et de livre jauni de la bibliothèque où je passais mes mercredi après-midi dans mon enfance.
Narnia c'est les éditions de la Bibliothèque du Chat Perché avec leur couverture cartonnée, leurs couleurs hasardeuses et leurs illustrations de couverture surannée.
J'ai encore en mémoire la première fois que j'ai sortie cet exemplaire des rayonnages, attirée par le mot "Magique" comme c'était souvent le cas à cette époque, vers 8/10ans.
Et puis l'émerveillement. Une armoire, qui permet de quitter ce monde si cartésien et sans magie pour découvrir tout un univers fantastique où les créatures de mythes sont tangibles, où un lion majestueux vous adoube Roi ou Reine d'une contrée merveilleuse ?!
J'aurais signé sans hésiter en ce temps là ! Et d'ailleurs j'ai souvent essayé moi-même de trouver un passage vers ce pays mythique, en inspectant le fond de mon armoire ou en me perdant au milieux des manteaux dans le dressing de mes parents ou les placards de ma grand-mère.
Narnia c'est ça pour moi. C'est j'ai 9 ans et je dévore les aventures de Peter, Susan, Lucy et Edmund. Je rencontre le Prince Caspian, je suis amis avec Jill et Eustache, j'échappe moi aussi à mon quotidien compliqué, je rêve un peu plus et je met de la magie dans mon existence.
Alors cette relecture, ça donne quoi ? 
Peu importe en fait, ce qui compte c'est que j'ai retrouvé ce petit garçon timide et solitaire qui grattait au fond de l'armoire et que j'ai rêvé encore un peu avec lui.

https://unpapillondanslalune.blogspot.com/2019/11/challenge-hivernal-madeleine-de-proust.html

I sexually identify as an attack helicopter - Isabel Fall

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I Sexually Identify as an Attack Helicopter - Isabel Fall
Clarkesworld Magazine // 2020 // 20pages
 
Cet article est la reprise d'un thread publié sur mon compte twitter.
Il y a peu de temps, j'ai lu la nouvelle de SF "I sexually identify as an attack helicopter" par Isabel Fall publié dans le numéro 160 de la revue américaine Clarkesworld et disponible gratuitement en ligne.
J'avais pas mal hésité à en parler à cause d'une polémique assez violente qui s'est abattue sur l'autrice, qui a du coup pris la décision de retirer le texte du site. Mais, je trouve ce texte très bon et je déplore ce qu'il c'est passé et la manière dont c'est arrivé. 

Pour ceux qui ne sont pas familier de la chose, le titre de la nouvelle fait référence à un même transphobe.

Le texte décrit un futur proche dans des USA éclatés en différentes factions politique dirigés par des IA et où la guerre est permanente, incompréhensible mais inévitable. Le point important est que l'armée a décidé de militariser et d'exploiter la notion de genre.
On se retrouve donc avec un.e protagoniste dont le genre est Attack Helicopter. 
Alors ok, dit comme ça, ça parait très con, voir très moqueur. Cependant, le premier point à savoir c'est que l'autrice est une femme transgenre, qui a d'ailleurs du s'outer à l'issue de la shitstorm déclenchée par sa publication.
Ensuite, il suffit de lire la nouvelle pour se rendre compte que l'on se retrouve clairement dans un texte profondément ironique qui cherche à se réapproprier un terme, à retourner le stigmate comme c'est régulièrement le cas pour les minorités opprimées. 
Et dernier point, le texte est assez brillant dans la manière dont il aborde le genre, dont il aborde le rapport que l'on a son genre, la manière dont les rôles genrés peuvent être des performances pour beaucoup de personnes et la manière dont ces performances façonne le monde.
Can you tell me honestly that killing is a genderless act? The method? The motive? The victim?
When you imagine the innocent dead, who do you see?

Pouvez vous honnêtement dire que le meurtre n'a pas de genre ? La méthode ? Le mobile ? La victime ?
Quand vous pensez aux victimes innocentes, qui voyez-vous ?
(Libre traduction approximative de ma part)
Il faudra aussi noter la description très intéressante d'un futur militarisé à l'excès ou la guerre n'a plus d'autre sens que d'être, et c'est dans cette optique que le militaire c'est emparé du genre afin de naturaliser un état de guerre permanent qui n'a aucun sens.
  
Concernant ce qui a poussé l'autrice a retirer le texte et la réception d'une partie de la communauté des personnes transgenre, c'est délicat pour moi d'en parler bien sûr car je ne suis pas concerné. On pourra souligner que le texte est un ownvoices (c'est à dire écrit par une personne concerné par le sujet abordé), qu'il a été relu par des Sensitivity Readers (des personnes issus de minorité sociales qui peuvent être embauchées pour relire des textes afin de donner leur ressenti sur des points les concernant, le but étant avec ces relectures d'obtenir des textes justes, qui sortent des stéréotypes et qui offrent des représentations cohérentes) mais au final, bien sûr que ça n'invalide pas le ressenti des personnes qui ont été blessé par la manière dont Isabel Fall dépeint et aborde le genre, la transition ou la dysphorie de genre dans son texte.

Some people say that there is no gender, that it is a postmodern construct, that in fact there are only man and woman and a few marginal confusions. To those people I ask: if your body-fact is enough to establish your gender, you would willingly wear bright dresses and cry at movies, wouldn’t you? You would hold hands and compliment each other on your beauty, wouldn’t you? Because your cock would be enough to make you a man.
Have you ever guarded anything so vigilantly as you protect yourself against the shame of gender-wrong?

Certains disent que le genre n'existe pas, que c'est une construction postmoderne, qu'en réalité il n'existe que les hommes et les femmes et quelques aberrations marginales. A ceux-là, je demande : si votre biologie est suffisante pour établir votre genre, vous n'hésiteriez pas à porter des robes brillantes, à pleurer au cinéma non ? Vous vous tiendriez par la main, complimenteriez votre beauté n'est-ce pas ? Parce que votre bite serait suffisante pour faire de vous un homme.
Vous êtes vous déjà protégé autant que face à la honte d'être mégenré ?

(Libre traduction approximative de ma part)

Alors quoi ? Est-ce qu'on peut parler de censure ? Pas vraiment, le texte est toujours disponible dans la version papier du magazine. Est-ce que les réactions étaient disproportionnée ? Étant donné qu'elles ont forcé l'outing de l'autrice, peut-être ?

Les seules choses dont je suis sûr, c'est que le texte est très bon et qu'il apporte des choses que l'on voit trop peu en SF. Et l'autre chose, c'est qu'il est des sujets qui malgré toutes les précautions, les réflexions et les remises en question seront toujours très sensibles et que l'ironie, la satyre et le retournement du stigmate sont difficiles à maniés avec clarté pour chacun


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Lolita - Vladimir Nabokov

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Lolita - Vladimir Nabokov
Folio // 2005 (1955) // 532p

Qu'est-ce que ça vous évoque "Lolita" ? 

A une époque, quand j'entendais ce nom, je pensais aguicheuse, provocatrice, délurée, et tout ça accolée à des jeunes filles, des ados. Du roman de Nabokov que je ne connaissais pas vraiment, j'avais l'idée d'une histoire complaisante de pédophilie qui mettrait en scène ce genre de personnage.
J'avais tort.
Il y a peu, je suis tombé sur cette archive de l'INA ou Nabokov remet Bernard Pivot à sa place et clarifie son propos. Il se désole aussi de la manière dont le public a perverti l'image de Lolita, en a fait un jeune fille perverse et manipulatrice là où elle n'est pour lui qu'une enfant victime.

Mais de quoi ça parle Lolita ?

Dolorès "Lolita" Haze est une américaine de douze an pour qui Humbert Humbert, un pédophile européen d'une bonne 40aine d'année, va développer une obsession malsaine.
Par un concours de circonstance, dont le décès accidentel de la mère de Lolita, il va se retrouver tuteur de l'enfant et va l'isoler de ses proches durant de long mois pour abuser d'elle en tout impunité.
Durant 500 pages, Nabokov nous propose de passer du temps dans la tête d'Humbert Humbert (HH) depuis son enfance jusqu'à l'acte qui le conduira derrière les barreaux.
Le roman est raconté du point de vue d'HH, à la manière d'une confession, alors que celui-ci croupis en prison. Et donc durant 500 longues, voir très longues pages, nous avons un vieux mec blanc pédocriminel qui va tenter de justifier son comportement, essayer de se faire passer pour un bel érudit victime des circonstances, nous détailler l'amour obsessionnel qu'il pense éprouver pour Lolita en particulier et les "nymphettes" (de très jeunes filles qu'il sexualise à outrance) en général. Il va aussi nous dépeindre Lolita comme une enfant manipulatrice mais parfois, dans un éclair de lucidité reconnaitre à demi mot le mal qu'il lui a fait.

Une lecture pénible

Bon soyons clair, j'ai franchement détesté ce livre, mais pas pour les raisons qu'on pourrait croire, et il m'a été très très pénible à lire.
Pour peu que l'on soit attentif, il ne peut y avoir d’ambiguïté. HH est un pédocriminel, il manipule Lolita, profite de sa jeunesse, voir de sa naïveté, exploite (ce que l'on pourrait qualifier de "crush d'ado") l’intérêt que lui porte l'enfant, et la viole longuement et à de multiple reprise laissant au final une jeune fille traumatisée dont le compas moral finit passablement dérangé...
Le propos du livre concernant HH est univoque, celui-ci est un manipulateur dangereux, un narrateur non fiable dont il faut se méfier de chaque mot posé sur la page, on ne peut lui faire confiance et à ce titre certaines descriptions de ses moments d'intimité avec Lolita sont impérativement à contextualiser.
S'il y a une chose avec laquelle je suis d'accord, c'est qu'il me parait important que la littérature s'attache à dépeindre des personnages détestable, mauvais, et à le faire bien. Il y a un enjeux fort dans le fait de montrer que le mal n'est pas aussi clair, que les être humains sont complexes, animés de vastes et nombreuses motivation et surtout que les monstres n'existent pas.
Parler de monstre, assimiler les actes délictueux, criminels et horribles au seuls fait de monstres c'est fermer les yeux sur le fait que c'est la société qui produit ces individus. Ne pas reconnaître leur humanité c'est nier notre responsabilité collective à faire en sorte que nos sociétés mettent en place les conditions pour que ces actes n'arrivent pas. Dire que quelque chose est monstrueux, c'est renoncer à changer le monde, c'est la plus lâche des excuses.
Et en ça, ce livre est une réussite, puisque HH nous est dépeint avec complexité, il n'est pas un monstre, c'est un être humain qui a un problème et qui bénéficie d'un contexte propice, d'une éducation favorable, et finalement de la complaisance de beaucoup de monde.
Pourquoi est-ce que j'ai détesté cette lecture alors ?
Déjà, c'est long, très long, voir chiant, le style est loin d'être marquant et les atermoiement d'HH ne sont pas vraiment les choses les plus agréables à supporter. Ensuite, et malgré le talent de l'auteur pour décrire un personnage complexe, à aucun moment on ne peut ressentir de sympahie pour HH, et étant le seul point de vue sur l'histoire il est difficile alors de maintenir son interet en dehors d'un désir voyeuriste de savoir comment cela va finir.
Ensuite, ce roman apparaît comme relativement vain au vu de ce qu'il en reste et de l'image négative de la Lolita qui reste auprès du grand public.

De la réception de l'oeuvre

Une chose m'interroge beaucoup, c'est la reception de cette œuvre et la vision déformée de ce que la Lolita ou la nymphette représente dans l'imaginaire collectif.
Nabokov est clair dans son interview, et comme on l'a vu, il ne peut y avoir d'ambiguité sur son propos. Pourtant nombreuses sont les personnes à voir Lolita comme perverse, comme en partie responsable de ce qui lui arrive.
On se souviendra aussi de la « mode des lolita » au début des année 2000... Britney Spears, Alizée, Christina Aguilera, etc. Que des jeunes filles sexualisé par les leur prod et par les media et de manière franchement écoeurante.
Du coup voilà, on se retrouve avec cette idée que Lolita l'a bien cherché, qu'elle provoque et que c'est un peu normal si un vieux mec de 40 ans ai envie de la baiser...
On pourrait évoquer les visuels de couverture qui présente souvent des filles plus agées que celle du roman et avec des angles sensuels, parfois des poses sexualisés. Peut être que cela contribue à fixer une certaine image auprès du public, mais si ces visuels sont là, ils sont le fruit de choix editoriaux et donc d'une vision de l'oeuvre déjà ancrée dans ceux qui font ces choix.
Il y a le film de Stanley Kubrick peut-être. Si Nabokov est crédité au scénario, il ne reste en réalité quasiment rien de son travail dessus et le film semble prendre des liberté avec le livre et présenter une relation beaucoup plus sensuelle, édulcorant les manipulations et viol d'HH. (Je n'ai pas encore trouvé le courage de voir le film...)

De la culture du viol et de la culpabilisation des victimes

J'ai commencé à lire quasiment au même moment que Lolita, Une Culture du Viol à la Française de Valérie Rey-Robert, une lecture qui par bien des aspects peut être extrèmement éclairante sur la réception de Lolita par le public.
On pourrait se poser mille question sur pourquoi beaucoup de personnes continuent de culpabiliser Lolita, sur la faute des représentations, mais la réponse apparaît très clairement.
Nous vivons tout simplement dans une société où il est accepté de rendre responsable les victimes de ce qui leur arrivent. Le nombre de violeur condamné avoisine les 1%, les idées reçus sur le viol parasitent le crédit qu'on accorde aux victimes, et même actuellement, on continue de considérer qu'une jeune fille de 11 ans peut donner un consentement éclairé auprès d'un adulte de 28 ans..
On ne croit pas les femmes, on ne croit pas les enfants, on continue de considérer ces dernières comme des manipulatrices, et partant de là, on est fatalement conditionné à excuser voir romantiser le comportement d'HH et à blâmer Lolita pour des comportements dont elle n'a pas conscience de la portée. On pourra rappeler la toute récente médiatisation de l'affaire Matzneff où tout un aréopage de ses pairs continue d'excuser et de justifier ses viols et manipulation sur une enfant de 14 ans !

Un livre vain.

Je l'ai dit, cette lecture m'apparait comme extrêmement vaine.
Dans une société où la parole est plus souvent donnés aux agresseurs qu'aux victimes, a-t-on besoin encore de lire le récit d'un prédateur de cette manière ?
Alors que des Matzneff sont impunis, que des DSK prospèrent, qu'en tant que société nous ignorons la majorité des victimes de viols et violences sexuelles, est-il utile de lire le réçit romancé d'un homme qui leur est si semblable, blanc, aisé, éduqué, manipulateur, violeur et impuni ?
Bien sûr qu'il nous faut des histoires qui mettent en scène le mal, bien sûr qu'il faut que ces histoires soient profondes, nuancée, voir même ambiguë. Mais il est aussi et surtout primordial de donner la voix aux victimes, d'être clair sur les dégâts infligés, d'être sans complaisance avec ces hommes et surtout, surtout, il est indispensable de montrer des histoires de résilience.
J'ai la conviction profonde que la littérature peut être un formidable moteur de changement par la force de ses représentations et Lolita, malgré l'intention de son auteur, malgré parfois la finesse d'écriture tombe dans l'écueil de sortir dans une société qui ne pouvait que pervertir son propos.
Le roman n'est pas mauvais en soi, il est juste, perspicace, clair, mais la focale choisi ne pouvait que le desservir. Au final, la postérité ne retient que l'histoire d'amour sulfureuse entre une jeune adolescente et un adulte là où il n'y a que la prédation et le viol, et elle ne s'en inquiète pas.


Bilan 2019

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Ça y est, 2019 touche à sa fin (on est probablement d'ailleurs déjà en 2020 au moment où cet article sera publié...), il est temps de faire le bilan, calmement, se remémorant chaque instant (on s'en lasse pas hein ? Pas moi en tout cas :-*).
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'après une année 2018 perturbé par l'arrivée de ma descendance, je me suis un peu ajusté à cette nouvelle vie pour retrouver un rythme de lecture relativement plaisant. Un rythme qui se retrouve régulièrement perturbé par les nuits sans sommeils et autres rhumes et poussées dentaires de Minipuce ^^ (Un jour, je dormirai...)

Alors, qu'en est-il des objectifs fixé.


Allez, pour commencer, regardons si les objectifs ont été remplis, parce que oui, nous sommes des capitalistes ici ! (Qui y croit ?)
> Finir quelques séries entamées comme :
// L'héritière de Jeanne-A Debats : Presque, j'ai lu le second tome que j'ai beaucoup aimé, mais je n'ai pas poursuivi de suite avec le troisième et dernier. ça sera du coup pour 2020
// Les enfants de Poséidon d'Alastair Reynolds : Hum, je n'ai même pas sortie le livre de l'étagère, allez, c'est aussi pour 2020, d'autant plus que j'ai très envie de démarrer sa nouvelle série Revenger, mais interdiction de commencer avant d'avoir fini la précédente lol.
 // Les Chroniques de la Terre fracturée de NK Jemisin : OUI ! J'ai enchainé et dévoré les tomes deux et trois et wahou ! ce fût un régal !! Parmis mes meilleurs lectures de l'année !
> Lire le tome 3 de la Passe-miroir : Non... mais j'ai repris en fin d'année la relecture des 2 premiers tomes en audiolivre (je viens de finir le premier) pour mieux m'attaquer au 3, puis au 4, qui vient de sortir, dans la foulée

> Se mettre à jour sur les dernières sorties Une Heure Lumière : Oui et non, j'ai tout les volumes dans la bibliothèques, mais il m'en reste encore un peu à lire. Je les picore tranquillement, comme de délicieuses friandises à faire durer.

> Lire un tome supplémentaire des Rougon Macquard de Zola : He bien non, je n'ai toujours pas poursuivie, malgré les réguliers avis de TiggerLily sur la suite qui donnent envie.
à ce rythme, je ne sais pas quand j'arriverai au bout de cette grande fresque, mais je vais essayer de continuer cette année.


> Relire puis terminer enfin le manga Evangelion : Oui, et... ce fût un semi déception. J'ai retrouvé mon plaisir de lecture dans les premiers tomes, l'action, les personnages, la complexité de leurs relations, l'univers fouillé et mystérieux. Malheureusement, le soufflet est retombé avec les deux derniers tomes qui n'étaient qu'un gloubiboulga mysticoreligieux sans queue ni tête :-/ 


Bilan chiffré

 


136 lectures cette année, en comptant romans, BDs, Manga, essais, audiolivre et comics. Ce qui est fort honorable ma foi !
82 comics Alors encore et toujours une majorité écrasante de super-héros. Et j'ai envie d'essayer de réduire un peu la voilure de ce côté. Lire plus d'indé. On verra si je m'y tiens ou si je me laisse encore avoir par l'appel des superslips ^^
10 BDs francobelge Pas grand chose, la lecture du premier cycle de Lanfeust, qui fut une lecture agréable, malgré un sexisme très lourd par moment, tellement que ça en est parfois ridicule.
Mais en dehors de ça on notera les excellents Le vrai sexe de la vrai vie ainsi que la marquante Apocalypse selon Magda
14 mangas Là non plus ce n'est pas très fourni, surtout qu'il s'est agit principalement de la relecture (puis conclusion) d'Evangelion...
8 livres audio Très grosse progression de ce côté-là, et je vais essayer de faire au moins autant. C'est vrai qu'avec un temps de lecture qui s'est globalement réduit, ce support me permet de continuer à découvrir encore de belles choses. J'en aurais surtout profité pour relire des choses mais aussi lire des livres que je n'aurai probablement pas lu sans ça.
3 livres de non-fiction Comme l'an passé, malgré mon désir de découvrir plus d'essai. Cette année j'essaye d'aller jusqu'à 5, enfin on verra ^^
5 fictions hors imaginaire Et oui, je continue mes incursions dans la littérature générale... Bon il y a de la romance, du nature writing et des choses qui sont à la limite du genre mais tout de même ^^

22 fictions SFFF Soit 10 de plus que l'an passé ! Et c'est représentatif de ce que je disais en en-tête, c'est reparti ! Même s'il y a pas mal de lectures courtes, je retrouve un bon rythme.
55/39/7 La répartition hommes, femmes non binaire des auteurices lu.e.s cette année. Eeeet le constat est habituel, si je ne prend pas garde à la répartition genré, je lis une majorité d'hommes.
Et encore, ces chiffres ne prennent pas en compte les BDs, si on les rajoute, vu le nombre de série superhéroïques que je lis et l'écrasante majorité de scénariste/dessinateur masculin qu'on y trouve, ça serait bien pire...

14 Ça c'est le nombre d'articles publiés l'an passé sur le blog, soit à peine plus d'un par mois... Bon il y a une belle progression par rapport à 2018 (8 articles seulement) et on est au dessus de ma plus mauvaise année avant paternité, 2012 avec 12 articles publiés seulement malgré beaucoup de temps disponible lol.


Et pour 2020 ?

Eh bien, je vais tâcher de continuer sur ce rythme, en augmentant si possible le nombre de livre, et du coup peut-être en réduisant les comics.
J'aimerais me maintenir en ce qui concerne les romans hors genre, mais j'aimerais lire plus de non-fiction (essais, témoignages, etc.)
Je vais continuer sur ma lancé concernant les fins de séries. Allez, cette année je finis la Passe-Miroir et Les Enfants de Poséidon ! J'essaye de reprendre Sanderson et de cloturer aussi la trilogie de l'héritière.
Et puis j'aimerais relire un peu de fantasy épique. J'ai d'ailleurs un gros pavé qui m'attend et que je vais essayer de sortir prochainement, Le prieuré de l'Oranger.
Côté blog, je vais tâcher de voir le niveau à la hausse avec 20 articles, si possible 24 our atteindre les 2 par mois, et dans un monde rever la 30aine \o/

Bon sinon il reste une rubrique manquante dans ce bilan, à savoir un top de mes lectures ! He bien je triche, je garde ça pour un autre article, ce qui me permettra ainsi d'augmenter sans effort le nombre de publications *rire maléfique*.
Et puis sinon dernier point. Cette année, le blog va avoir 10 ans \o/ du coup, je vais essayer de réfléchir à un truc pour l'occasion.
Allez, bonne année culturelle à toutes et à tous ! :)


A la pointe de l'épée - Ellen Kushner

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A la pointe de l'épée - Ellen Kushner
Editions Actu SF // 2019 (VO 1987) // 546p
Aujourd'hui nous allons nous mettre dans une ambiance mousquetaire, escrime, spadassin et intrigue de cours avec le roman à la pointe de l'épée d'Ellen Kushner.
Publié en version originale par son autrice en 1987, et traduit chez nous en 2008, Actu SF réédite ce petit bijoux de fantasy queer dans un superbe écrin, couverture cartonnée, dorure, tranche-fil et signet, en l'agrémentant de plusieurs nouvelles venant enrichir l'univers.
Ce billet se concentrera sur le roman, les nouvelles feront l'objet d'un billet ultérieur.

Richard Saint-Vière est un bretteur, une épée à louer qui vit sur les Bords-d'eaux et qui travaille régulièrement pour les nobles de La Colline, pour peu que la paye soit convenable et le travail intéressant.
Saint-Vière est un surdoué de l'épée, celui que tous les nobles veulent s'arracher pour régler leurs querelles, car dans cet univers fictif fortement inspiré de notre XVIe et XVIIe siècle, les différents se règlent par des duels judiciaire, des défi officiels lancé entre nobles par le truchement de leurs épées à louer. Mais surtout, Saint-Vière est un homme d'honneur, qui travail dans la discrétion, et le respect des codes. C'est en partie à cause de cela, et pour la défense de son amant Alec qu'il va se retrouver au cœur d'un complot politique et d'une vengeance personnelle.

Si bien sûr nous avons droit à quelques duels de haute volées et passes d'armes mémorable, le coeur du roman se situe plutôt au sein des antichambres et alcoves des nobliaux. Manigances, complots, coups bas feutrés, paroles assassines et sourires trompeurs sont le gros morceau de l'intrigue.
Et ça fonctionne, on se questionne, on s'interroge, on se passionne pour le drame qui se joue, notamment grâce la relation passionné qui unit Richard Saint-Vière au mystérieux Alec, un étudiant de l'Université au passé secret qui possède des manières de nobles et un fort tempérament mélancolique mais ne dit mot sur son ascendance.
Si la romance entre Richard est Alec n'est pas centrale, elle a une grande importance dans le récit et est très bien traité. C'est un plaisir de voir abordé une relation homosexuelle dans un roman de fantasy de manière "normale", d'autant plus quand on sait que le dit roman à 30 ans !
Si l'homosexualité n'est pas un sujet en soit dans le roman, on y trouve plusieurs personnages gay et/ou bisexuels, ceci semblant être un fait admis et non sujet à débat dans la société que décrit Ellen Kushner.

Des duels endiablés, des joutes verbales acéré, du drame, de la romance, presque de la tragédie, c'est tout ça que A la pointe de l'épée nous offre, et qui est plus est dans un style prenant qui se lit avec grand plaisir.
On ne peut que conseiller cette fantasy presqu' historique queer pour tout ceux qu'une pincée des Trois mousquetaires saupoudré un zeste Shakespearien intrigue !