L’individu n’est rien, l’auteur est tout. Ou pas ?

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L’individu n’est rien, l’auteur est tout. Ou pas ?

« Quel est votre comportement envers des auteurices dont vous adorez les textes mais qui sont (ou étaient) vraiment pas cool dans la vraie vie ? Vous boycottez ou vous faites abstraction ? »
Suite à une série de Tweet de Lunatrix, qui gère la chaîne littéraire tête de litote, s’en est suivit sur le réseau du piaf de nombreux échanges et réflexions autour de cette question cruciale pour certains, peut-on faire la distinction entre l’œuvre et la personne ?
Si les échanges que nous avons se sont avérés constructifs et bienveillant ( une chose à laquelle je tiens même si ma nature de snobinard parisien lutte parfois ^^) il faut avouer que parfois c’est un peu compliqué d’argumenter, partager et développer un propos un peu long en fractionnement de 140 caractères. C’est pour cette raison que j’ai eu envie d’élargir mon point de vue à l’aide cet article.
Je vais ici me concentrer sur les livres et donc les auteurs et autrices parce que c’est ce domaine qui m’est plus familier.

En fait la question, c’est est-ce que consommer c’est cautionner ? Quand un auteur à des idées différentes des nôtres, quand il est plus ou moins ouvertement raciste, homophobe, mysogine, est-ce que lorsque que l’on va lire sa production on donne notre aval à ces idées ?
Et qu’en est-il de ceux en plus de revendiquer leurs point de vue, milite ? De ceux qui donne leur argent à des associations homophobes, racistes, etc. N’est-ce pas participer à la promulgation de ces idées que d’acheter, lire, parler de l’œuvre ?

Les auteurs morts
Baudelaire était mysogine, Lovecraft raciste, et si je connais peu le premier, si ce n’est de réputation, je suis beaucoup plus familier des écrits du second que j’estime énormément.
Lovecraft est un jalon important dans la littérature de genre, dans la fantasy et dans la SF, c’est indéniable et il possédait l’une des plumes les plus évocatrices qui soit, un style déjà daté pour son époque mais qui permet de s’évader dans le merveilleux, l’horreur, les contrés lointaines du rêve ou du cauchemar comme peu savent le faire.
Alors oui, parmi ces plus beaux écrit, on trouve des étrons ou transparaissent complètement ses idées nauséabondes.

Le truc, c’est qu’avec les auteurs morts, on à toujours la possibilité de remettre dans un contexte social, culturel, temporel, ou bien même d’avoir un appareil critique qui permet d’aborder l’œuvre avec une certaine distance. On sait à quoi s’attendre, on a accès à un décryptage et l’on peu se dire que l’on lit pour l’importance historique.
Je pense personnellement que c’est le cas le plus simple, puisqu’après tout,  on ne nourrira pas un salaud, et on ne contribuera pas à répandre ses idées.

Les auteurs vivants
Le cycle d’Ender d’Orson Scott Card est un monument de la SF. En tout cas pour ses deux premiers tomes que je trouve excellents (Je me suis arrêté au 3, ça commençait, je trouve, à décliner). C’est une œuvre pleine de sensibilité, une ode à la différence, une critique des medias et de la guerre, bref une œuvre qui m’est apparut comme assez humaniste et très empathique.
Et pourtant, elle est écrite par un homme ouvertement homophobe qui s’est publiquement exprimé en opposition au mariage des personnes de même sexe.
Est-ce que je vais arrêter pour autant de conseiller la lecture d’Ender ? Non. Car aucune de ces idées n’y transparaît. Bien au contraire.
Est-ce que je lirais d’autres œuvres de l’auteur maintenant que je connais ses idées ? Difficile question. Je ne m’en empêcherais pas consciemment en tout cas. Mais de là à dire que la vision que j’ai maintenant de l’auteur n’influera pas mes futurs choix…
En tout cas cela ne m’a pas empêché d’aller le voir en conférence, car quand il s’agit de littérature et de science-fiction, il a des choses à dire qui valent le coup.
Je pourrais aussi parler de Dan Simmons, dont j’ai adoré le magnifique cycle d’Hyperion qui est, là aussi, un jalon important dans la science-fiction. Depuis j’ai appris qu’il était un bon gros conservateur de droite radical, et que son traducteur français a décidé de cesser de travailler avec lui suite aux inanités qu’il sortait.
Est-ce que j’ai envie de financer leurs discours de haine, leur notoriété ? Non, c’est sûr. Est-ce que je veux pourtant que des gens lisent leurs œuvres, oui ! Mille fois oui car elles sont grandioses !

Les criminels
Il y a peu, un auteur que j’apprécie énormément à été condamné pour quelque chose de pas franchement reluisant. Je ne vais pas citer, c’est une histoire suffisamment triste et douloureuse, ceux qui savent, savent.
Suite à cette affaire, son éditeur à décider de rappeler et retirer du marché ses livres.
Il m’en reste à lire à la maison. Parce qu’ils sont excellent. Est-ce que je vais les lire rapidement ? Il va très certainement me falloir du temps et du recul. Vais-je les lire un jour ? Oui.
Déjà parce que je ne veux pas me priver de cette œuvre qui est de qualité. Et ensuite, parce qu’après tout, une fois condamné et sa peine purgée, n’aura-t-il pas payé sa dette à la société ?
Pourquoi envoie-t-on les gens en prison ? La punition peut-être, pour avoir brisé les règles de la société. La protection des autres individus pour lesquelles ils peuvent constituer un danger éventuellement je crois. Mais aussi pour les préparer à retourner dans la société il me semble.
Je n’ai bien sûr pas la naïveté de croire que notre système est juste, parfait ou idéal. Mais il me semble que les individus ont le droit au pardon. Évidemment, c’est parfois compliqué pour nous de l’accorder, de faire confiance ou d’accepter en fonction de notre vécu et sensibilités.

Mais alors que faire ?
Mais du coup que faire pour ces auteurs, ces êtres humains dont les idées ne nous plaisent pas et qui pourtant produisent, créent des choses merveilleuses ?
Il y a bien une chose dont je me méfie, c’est la « quête de pureté ». Chercher la perfection dans l’œuvre, l’individu derrière, dans ses idées, me pose problème.
Est-ce que je vais demander à mon boulanger ce qu’il pense du mariage pour tous ? Est-ce que j’arrêterais d’acheter son pain (qui est le seul mangeable à 25km à la ronde) si je savais que c’était un sale con ? Je ne sais pas trop.
Ce qui m’interroge en fait, c’est nous. Nous en tant que lecteur, quand nous refusons d’accepter que quelqu’un de « mauvais » puisse faire quelque chose de « bon ». N’est-ce pas après tout rien de plus qu’une position morale ? Sa légitimité n’est-elle pas douteuse donc ?
Je prends moi aussi parfois des positions morale, parce que j’estime qu’elles sont justes. Par exemple, ne plus retourner au Puy du Fou parce que le parc a financé une asso anti-ivg. Ou bien ne pas commander de livre sur Amazon (hormis de l’occasion à des vendeurs tiers).

Pour conclure, j’ai envie de faire un parallèle avec Severus Rogue. Parce qu’il est l’exemple parfait qu’une mauvaise personne peut faire de bonnes choses. Je pense que cela parlera à beaucoup de monde et permettra de nuancer un peu tout ça.
Au final, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises (situation) réponse je pense, en tout cas je n’en ai pas pour moi. Mais je pense tout de même qu’il peut être dommage de se priver de petites merveilles de littérature pour des raisons morale.

Poumon Vert - Ian R. MacLeod

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Poumon vert - Ian R. MacLeod
Le Bélial (Une Heure Lumière) // 2017 // 144p


C'est l'été ! Et qui dit été, dit challenges Summer Star Wars et Summer Short Stories of SFFF ! Et quoi de mieux donc que de commencer avec un petit livre de la collection Une Heure Lumière qui me permet de faire un beau combo ! Un livre qui possède de nombreuses qualités, mais qui m'a laissé un peu partagé.

L’arrivée dans la ville d’Al Janb est un gros changement dans la vie de Jalila, elle qui jusqu’à présent vivait avec ses 3 mères dans les montagnes. Mais cela va être l’occasion pour elle d’apprendre à grandir, de lier de nouvelles amitiés, et d’en découvrir un peu plus sur Habara, sa planète et sur elle-même.

Ce qui frappe dans ce court texte, c’est le style. Celui-ci est emprunt de beaucoup de poésie, presque éthéré, et retranscrit à la perfection l’exotisme d’Habara, et la langueur évanescente qui accompagne l’histoire.
Une histoire qui va chercher du côté du roman initiatique puisque l’on suivra par étapes le passage à l’âge adulte de l’héroine. Ses nouvelles amitiés, son premier amour, ses pertes, ses questionnement sur son futur et son choix de vie.
Et toute cette histoire s’accompagne d’un contexte riche et foisonnant. Dans un univers d’inspiration moyen-orientale (où l’on n’échappe pas à des références explicites mais sans lourdeur aux milles et une nuit), on découvre un monde où les hommes ont quasiment disparus. Ceux-ci sont des exceptions, des bêtes curieuses presque, et cela se ressent à tout les niveaux de la société et se transcrit ainsi dans le langage avec la quasi omniprésence du genre féminin dans le texte.

Intriguant et dépaysant, ce court texte déroule son histoire à un rythme assez lent,  langoureux et presque mélancolique qui à mis un peu de temps avant de m’accrocher et m’a laisser très interrogatif à la fin de ma lecture.
Difficile d’évaluer pleinement mon ressentit, mais pour sa richesse, ses thèmes et son style, c’est un texte qui mérite clairement qu’on lui laisse sa chance.

https://bibliosff.wordpress.com/2017/06/21/challenge-summer-short-stories-of-sfff-top-depart/http://rsfblog.fr/2017/06/21/summer-star-wars-rogue-one-cest-parti/

Unboxing | Intégrale clark Ashton Smith

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Une fois n'est pas coutume, j'ai filmé un petit unboxing, parce que ce sont vraiment des bouquins qui valent le coup !
Mnémos à vraiment réussi son coup avec cette superbe intégrale de Clark Ashton Smith, l'un des pères de la fantasy !
Il ne manque plus qu'une belle édition intégrale de Lovecraft dans le même genre et ça sera parfait !! On attend :D






Du nouveau dans la PàL | Mai 2017

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Voici venu le temps de faire le bilan des lectures et acquisitions du mois !
Un mois un peu moins raisonnable que le précédent, et avec moins de lectures que je ne l'aurais voulu et assez peu de marquantes au final, mais tout de même une grosse claque avec l'excellente BD Idéal Standard.


Les Entrées :



Ça, tome 1 à 3 - Stephen King
Depuis l'annonce de la nouvelle adaptation de ce classique de Stephen king, j'ai eu envie de me relire ces bouquins qui sont parmis ceux qui m'ont le plus effrayé adolescent. Et c'est par hasard (destiné ? ^^) que je suis tombé sur ce lot chez un bouquiniste.

La grande route du Nord, tome 1 - Peter F. Hamilton
J'ai profité des promos Milady pour prendre un des dernier Peter F. Hamilton, un auteur de space op que j'apprécie assez :)

Saga, tome 5 à 7 - Brian K. Vaughan et Fionna Staples
J'ai dévoré les 3 premiers tomes lors de leur sortie et j'ai fait une grosse pause, je ne sais pas pourquoi. Bref, il est temps de m'y remettre !

La Volonté du Dragon - Lionel Davoust (numérique)
Il était en promo numérique. J'ai beaucoup aimé la route de la conquête, et j'ai Port d'âme sur la pàl, il est temps de continuer d'explorer l'univers d'Evanégyre.

Le Club des punks contre l'apocalypse zombie - Karim Berrouka (numérique)
Du zombie, du punk, le prix Julia Verlanger 2016, et un live qui à le label Sita Approved, donc j'ai profité d'une promo numérique pour le prendre :)


Les Sorties :



Star Wars : Sombre Apprenti - Christie Golden
Retour à l'époque de la guerre des clones pour un chouette roman qui met en avant Assaj Ventress et Quinlan Vos. C'était très réussi, j'en reparlerais plus en détail.

Poumon Vert - Ian R. MacLeod
Un style poétique,un monde dépaysant, un récit initiatique qui parle de sexualité, de genre, du temps, le tout dans une ambiance éthéré d'inspiration moyen orientale.
Un texte emplie de langueur qui a mis du temps à m'accrocher et qui laisse un sentiment étrange une fois le livre refermé.
C'était bien, mais il m'a manqué un petit quelque chose.

Rites de Sang - Glen Duncan
La conclusion de la trilogie du dernier Loup-Garou. Si l'on retrouve toujours l'ambiance sex et rock'n'roll des deux précédent, j'ai trouvé ce dernier opus moins bon que les précédents. C'était tout de même agréable d'arriver au bout de cette trilogie.

Lecture hors pàl :



Giant Days, tome 1 & 2 - John Allison, Lissa Treiman et Max Sarin
Une série de comics qui se concentre sur le quotidien de 3 amies dans une fac anglaise. C'est de la tranche de vie, il y a de l'humour, de l'émotion, des sujets intéressant comme le féminisme, le harcèlement, la pression de la réussite. C'est frais et agréable, c'est subtile et ça se lit tout seul :)

Idéal Standard - Aude Picault
Sous ses airs mignonette, on a une véritable BD coup de poing qui parle de la pression sociale que subisse les femmes vis à vis du couple et qui remet en cause avec brio le standard hétéronormé.
C'est vraiment excellent, et j'en parle plus en détail en vidéo à l'occasion du projet Fémini-books.
Ma chronique d'idéal standard




Quelques instants de lecture... | Mai 2017

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Quelques instants de lecture est un rendez-vous mensuel, proposé par le blog Les lectures de Mariejuliet, qui se tient le 1er jour de chaque mois et revenant sur le mois précédent. Son objectif est de partager nos photos de livres, de moments de lecture, du mois passé, mis en scène.

Le premier du mois est passé depuis quelques jours mais ce n'est pas une raison pour que je laisse tomber ce chouette rendez-vous ! Voici donc mes quelques photos livresque du mois passé :)







Fémini-books #4 | Idéal Standard - Aude Picault

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Idéal Standard - Aude Picault
Dargaud // 2017 // 152 pages

Aujourd'hui je vous parle BD dans le cadre du projet fémini-books avec l'excellent Idéal Standard d'Aude Picault. Une œuvre qui n'a pour une fois rien à voir avec les genre de l'imaginaire mais qui fut pour moi un véritable coup de cœur par l'importance et la pertinence des thèmes abordés et par la manière dont le tout est mis en forme dans une très belle histoire.


Quand à Femini-Books :
Il s'agit un projet lancé au mois de mars par la chaîne youtube Les Carnets d'Opalyne ayant pour but de parler d'œuvres littéraire mettant en avant les valeurs du féminisme.
Pendant un mois, chaque jour, un booktubeur ou une booktubeuse vous fait découvrir des livres autour du thème.
Une nouvelle session est lancé depuis début juin.

Hier, c'était Jeanne de la chaîne pilalire - qui présentait une sélection de livre pour la jeunesse.
Demain, ce sera Bubblegirl67