Harrison Harrison - Daryl Gregory | Poulpe, secte et glougloutement

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Harrison Harrison - Daryl Gregory

Le Bélial' // 2020 (2015 VO) // 348p

Jusqu'à présent chaque texte de Daryl Gregory à être passé devant mes yeux fut un grand plaisir de lecture. Que ce soit ses rares nouvelles traduites ou bien ses deux excellent romans que sont L'éducation de Stony Mayhall et Nous allons tous très bien, merci.

Et justement, Harrison Harrison, et une préquel de ce dernier, même s'il fut en réalité écrit avant et qu'il peut tout a fait être considéré comme un one shot.

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Harrison, a vécut dans sa petite enfance un événement traumatisant. Lors d'un voyage en mer, son père est décédé, tandis que lui même à perdu sa jambe droite. Simple accident selon l'histoire officiel, une histoire qui ne colle pas avec les souvenirs étranges de monstres et de tentacules qui reviennent parfois hanter la mémoire d'Harrison.

Quand le réçit démarre on retrouve un Harrison agé de 16 ans en plein déménagement. Il vient de quitter sa Californie ensoleillé pour suivre sa mère, scientifique en quête de calamars géant, pour la sinistre ville de Dunnsmouth. 

Le choc culturel va être violent, pas de réseau, un collège sombre et peu accueillant peuplé de professeur bizarre, et dont les élèves, aux visages et vêtements ternes, participent tous à une sorte de culte ancestrale perturbant.

La disparition de sa mère lors d'un voyage en mer va obliger Harrison découvrir les secrets de Dunnsmouth, va l'entrainer en quête de son passé et va lui faire découvrir des amis inattendus.

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Si les clins d'oeil à Lovecraft sont évident, évacuons rapidement ce volet en disant que le connaisseur sourira devant les références (Dunnsmouth par exemple qui fait référence aux villes imaginaires d'Innsmouth et Dunwich) tandis que le profane n'en aura cure puisque ce n'est pas le propos du livre. Même si d'un certain côté Daryl Gregory prend le trope du monstre indicible pour le retourner, l'humaniser et remet du monstrueux dans l'humain.

Avant tout, Harrison Harrison est un roman fantastique d'aventure, et à ce titre il est parfaitement réussi.

On suit avec plaisir les aventures trépidantes d'Harrison, son enquête, les nouvelles amitiées qu'il se fait en cours de route, les surprenante rencontre et les découvertes stupéfiantes.

La galerie de personnages secondaire qui accompagne le protagoniste est savoureuse, que ce soit la faussement morne Lydia, l'étrange Lub ou la pétillante tante Sel, qui sous ses airs de bimbo superficielle s'avère en réalité complexe et intéressante.

Il y a une fibre très 90's qui se dégage du roman de Daryl Gregory avec ce groupe d'adolescent qui se réunit pour combattre les forces obscurs glougloutant dans la pénombre et c'est un vrai régal.

Avec ce roman Daryl Gregory réussit parfaitement son incursion en littérature jeunesse. Il propose une intrigue prenante, des personnages complexe croqués en quelques lignes auquel on se lie facilement, un peu d'horreur cosmique, et une atmosphère sombre voir même très glauque enrobé d'une touche d'humour noir toujours bienvenue qui s'intègre parfaitement sans jamais désamorcer les ambiances qu'il met en place.

Il aura fallut du temps pour que Le Bélial nous propose enfin ce titre, mais il faut avouer qu'ils ont très bien fait les choses sur cette édition, l'agrémentant d'illustration de Nicolas Fructus qui mettent parfaitement en image les étranges professeurs de Dunnsmouth ou les créatures effrayantes rencontrés au fil du récit.

D'autres avis : Quoi de neuf sur ma pile, De l’autre côté des livres, Au pays des Cave Trolls, Les Chroniques du Chroniqueur, Chut… Maman lit, Bookenstock, L'épaule d'Orion, Anudar

Ces livres qui font envie ! - 1er trimestre 2021

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Allez, ça faisait longtemps qu'on avait pas ici fait un petit point sur les sorties à venir qui me tente ! Et... Pas tant que ça de titre qui me font vraiment de l'oeil je trouve (mais je suis sûr que les futurs avis de mes camarades blogueurs feront gonfler les wishlist en cours d'année comme toujours), mais tout de même des choses enthousiasmantes dans ce que j'ai repéré.

> Chroniques du Pays des Mères - Élisabeth VONARBURG
Folio SF - 7 Janvier 2021

La resortie en folio SF avec une couverture de toute beauté de ce grand classique de la littérature SF utopiste féministe devrait être l'occasion d'enfin essayer !

> La Tromperie de Guenièvre - Kiersten WHITE
De Saxus - Février 2021
aucune idée de ce que cela vaut mais cette réécriture du mythe arthurien à réveillé mes envies de table ronde et d'excalibur.

> Génèse de la cité - N.K. JEMISIN
J'ai Lu Nouveaux Millénaires - 3 février 2021
Le début d'une nouvelle trilogie de NK Jemisin, que dire d'autre, c'est à lire !

 > La Fontaine des âges - Nancy KRESS
Le Bélial' (Une heure lumière) - 18 février 2021
Le retour de Nancy Kress chez Une Heure Lumière ! Bon je les prends tous d'office de toute façon.

> Star Wars - Leia : Princesse d’Alderaan - Claudia GRAY
Pocket - 25 février 2021
Claudia Gray est devenue une autrice incontournable du nouveau canon Star Wars, chacune de ses sorties est attendue de pied ferme, et c'est pour moi un sans faute jusqu'à présent !

> Un Souvenir nommé empire - Arkady MARTINE
J'ai Lu Nouveaux Millénaires -Mars 2021
Alors celui-ci, je l'attends beaucoup, beaucoup, beaucoup ! Il me fait vraiment très envie.

> Star Wars - La lumière des Jedi - Charles Soule
Pocket - 25 mars 2021
L'autre très grosse sortie du 1er trimestre pour moi, le roman qui ouvre la nouvelle saga littéraire Star Wars La Haute république. Au programme, 2000 ans avant la menace fantôme, une république et un ordre Jedi à leur apogée, loin des errements militariste de la guerre des clones, loin de la corruption du sénat et loin la chute des Jedi.


Et vous, votre liste est déjà prête ? 

Bilan 2020

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Bon bon bon, le moins qu'on puisse dire c'est que 2020 à été totalement WTF hein.

Si j'avais quelque programme que j'ai tenté de tenir en début d'année, il a été totalement chamboulé par les événements. Le confinement de mars m'a laissé en chômage total jusquà début mai et en boulot à mi-temps jusqu'à fin juin. Le résultat c'est que j'ai pu passer beaucoup de temps avec ma fille, et que j'ai quand-même trouvé du temps pour lire après un petit moment d'ajustement et d'angoisses peu réjouissant.
M'enfin au final j'ai énormément profité de ce printemps suspendu dans un cadre agréable à faire des choses agréable. 

Mais, comme souvent quand ça va pas trop on se tourne vers des choses familières, j'ai fait un retours fracassant vers Star Wars, entre nombreuses relectures et vaines tentatives pour faire descendre la pile.

Les objectifs de l'année passée

// Lire autant de romans hors genre et lire plus de non-fiction (essais, témoignages, etc.)

He bien... C'était bien parti pourtant, avec l'excellent recueil de témoignages Noire n'est pas mon métier et puis le début de Une Culture du Viol à la française, mais je n'ai toujours pas terminé le second et je n'ai pas poursuivi dans cette voie...
Au final 1 livre terminé en non-fiction, contre 3 l'an passé...

Concernant la fiction hors imaginaire je fais identique avec 5, si l'on compte que j'ai fini cette année Tant qu'il le faudra, le roman feuilleton publié par Cordélia sur Wattpad

// Finir la Passe-Miroir et Les Enfants de Poséidon ! 

Oui ! Deux séries de finies, c'est déjà ça. Et je suis assez satisfait pour l'une, très satisfait pour l'autre ;)

// Reprendre Sanderson, clôturer aussi la trilogie de l'héritière

LOL... Nope...

// Relire un peu de fantasy épique, Notamment Le prieuré de l'Oranger.

He bien... J'ai lu et adoré Le Prieuré de l'Oranger mais c'est tout. (Sauf si on compte Star Wars en Fantasy...)

// Côté blog, voir le niveau à la hausse avec 20 articles, si possible 24 pour atteindre les 2 par mois, et dans un monde rêvé la 30aine \o/

De ce côté là, je suis globalement très satisfait, actuellement 25 articles ont été publiés cette année, donc j'ai atteins l'objectif supérieur, et ce malgré plusieurs passages à vide.

Au printemps, le confinement à totalement cassé mon élan.

Au mois d'aout j'ai ressenti le besoin de faire un break de 3 semaines des réseaux et de ma vie en ligne.

Et en fin d'année, un période de travail intense a sapé toute énergie.

Quoi qu'il en soit, je suis franchement content d'avoir globalement bien repris.

Bilan chiffré

150 lectures cette année, en comptant romans, BDs, Manga, essais, audiolivre et comics.
C'est très chouette, et en progression par rapport à l'an passé (mais probablement du au fait que j'ai lu 14 tomes d'une séries jeunesse dont chaque volume fait dans les 200 pages).

62 comics avec exclusivement du super héros ou du Star Wars (et quelques Buffy). Un bilan en baisse car j'ai réduit la voilure sur certains titres que je suivais par habitude mais avec beaucoup moins de plaisir. Mon seul regret, pas un seul titre indé lu cet année alors que je souhaitais augmenter cette proportion.

23 BDs francobelge Avec surtout l'intégrale 7 vies de l'éperviers / Masque Rouge. J'avais d'excellents souvenirs d'enfance de ces série qui mettait en scène l'une de mes héroïnes favorite à l'époque et cette relecture fut très mitigé notamment à cause d'une scène de viol en réunion gratuite et voyeuriste dans le dernier tome récent des 7 vies de l'épervier qui m'a fait abandonner ma lecture et me fait dire que je vais laisser le tout de côté dorénavant.

J'ai tout de même lu l'excellent Morgane, de Simon Kansara et Stephane Fert, une superbe relecture Arthurienne mettant la magicienne à l'honneur. 

3 mangas C'est maigre mais la qualité est au rendez-vous puisqu'il s'agissait des 3 premiers tome de la perfect édition de Fullmetal Alchemist !

4 livres audio Grosse chute de ce côté là due au confinement puisque j'écoute principalement en voiture et/ou au travail. Et même depuis, j'ai eu du mal à m'y remettre...

1 livre de non-fiction Comme je disais, c'est un gros fail là...

5 fictions hors imaginaire Je me maintiens, avec principalement de la romance.

54 fictions SFFF Soit 32 de plus que l'an passé !He bien c'est vraiment très satisfaisant, même s'il y dedans quelques nouvelles unitaires, j'ai globalement plus lu et ça fait du bien :)

52/48% C'est la répartition hommes/femmes n des auteurices lu.e.s cette année. (hors lectures graphiques).

Et comme toujours, je vois bien que si je ne choisis pas spécifiquement de lire des autrices, j'ai une majorité d'hommes. Et là encore, ce qui fait pencher la balance vers la parité c'est la série des jeunes chevaliers jedi, co-écrite par un couple h/f.

25 articles publiés l'an passé sur le blog. Comme je le disais plus haut c'est vraiment satisfaisant.

Et pour 2021 ?

Eh bien, continuer comme ça. En terme de quantités, je suis assez content de ce que j'ai lu cette année du coup je ne prévois pas de viser plus haut.

Je vais essayer d'augmenter le nombre de non fiction.

Essayer de reprendre les audiolectures avec plus d'assiduité parce que c'est franchement agréable.

Niveau série en cours, je vais tâcher de finir le premier cycle de Percy Jackson.
Reprendre et finir la 2e trilogie de Fils des Brumes (ça fait 3 ans que je dis ça...)
Reprendre et finir la trilogie Leviathan de Lionel Davoust, essayer d'attaquer Port d'âmes pour pouvoir ensuite envisager de lire les Dieux sauvages ^^
Lire quelques romans en anglais (lol) notamment la série Cute Mutant qui ressemble à du X-men queer et semble donc indispensable.

Lire de la fantasy épique, et si possible un peu plus qu'un roman lol.

Continuer à lire des romans Star Wars, en me mettant à jour tranquillement sur l'univers étendu canon et en avançant en parallèle sur ma lecture/relecture des romans legend post ROTJ.

Publier au moins autant d'articles sur le blog.

Bon, he bien je crois que c'est déjà pas mal. A bientôt pour les tops 2020 (j'avais dis ça l'an passé sans rien faire mais ça devrait aller mieux là, ils sont déjà choisis...)

Une très bonne année culturelle à toustes, pleines de bons moments de lectures !

En quête de Jake et autres nouvelles - China Miéville

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En quête de Jake et autres nouvelles - China Miéville
Outre Fleuve // 2020 (VO 2005) // 360p

Livre reçu en service presse

Il y a maintenant un paquet d'années, j'ai découvert China Miéville par Perdido Street Station et j'ai pris une grosse claque. J'ai enchainé avec son excellent roman jeunesse Lombres et bien que ce fut encore excellent, je n'ai bizarrement jamais poursuivi ma découverte d'un auteur qui a tout pour me plaire. Un style baroque et riche, une imagination foisonnante, une univers fantastique et original et un propos politique percutant. Et donc j'ai eu l'occasion de me replonger dans la plume et l'univers de l'auteur avec cet excellent recueil (oui spoiler je sais) et j'en suis plus que ravi.

En quête de Jake

Un voyage dans une Londres en déliquessence, la vision qui se précise d'une apocalypse douce, entre disparition mytérieuse et créatures étranges, le tout dans l'apathie quasi générale.

La plume de Miéville fait merveille.

Fondations.

L'homme qui murmurait à l'oreille des murs, ou plutôt celui qui entendait les morts sur lesquels s'appuient notre civilisation. C'est glauque mais il y a une douceur, presque une torpeur qui se dégage du récit.

La piscine à balles

Une histoire glauque de fantôme dans un royaume du meuble qui évoque une marque suédoise. 

De certains événements survenu à Londres

Un récit original qui donne vie à la ville littéralement. Une quête mystérieuse des et dans les rues de Londres. La découverte d'un monde dans le monde avec des combats de rues au sens littéral.

Familier

Une histoire de magie très... organique, ancré dans la chair, les détritus et l'urbanité. Miéville revisite le concept des familiers de mage et nous offre ici un récit à la fois beau et écœurant sur l'émancipation.

Entrée tirée d'une encyclopédie médicale

Où l'auteur met toute son imagination pour inventer une maladie fantastique, avec tout l'historique qui va avec, rédigé à la manière d'un dictionnaire. C'est très sympathique.


Les Détails

Les détails se précisent pour nous à chaque page, et le protagoniste, un jeune adolescent, plonge plus profond dans le récit de Mme Miller, pour comprendre sa réclusion.
Une histoire purement horrifique des plus réussies où des choses indicibles se cachent dans les interstices du monde.

Intermédiaire

Une histoire totalement paranoïaque. On sait finalement peu de chose sur cet homme, ses missions mystérieuse qui lui arrive sans prévenir et cette incertitude qui monte, ce doute qui dévore. Est-ce que je fais le bon choix ?

Un autre ciel

Et si une fenêtre nous ouvrait sur un autre lieu, un autre temps ? Et si cet aperçu nous bouffait au point de nous détruire totalement ?

Mort à la faim

L'un des textes le plus politiques qui tâcle le capitalisme dans la manière qu'il a d'essayer de s'acheter une conscience par des bonnes actions inutiles. Evidemment il y a une composante plus ou moins science fictive /fantastique, de l'étrange et de la paranoïa. Un texte anarchiste sympathique.

De saison 

Et si on privatisait Noël™ ? Un texte politique et satyrique qui ne se contente pas d'être une vague fable à moral mais qui offre une bonne histoire remplie d'un humour décapant.

Jacques

On retourne ici dans l'univers de Perdido Street Station et dans la ville de Nouvelle Crobuzon. Un texte cynique qui donne envie de se replonger dans cet univers si particulier.

Sur le chemin du front

Un court comics qui m'a laissé perplexe. Je pense que le format n'a pas aidé ma compréhension de l'oeuvre, je suis complètement passé à côté.

Le Tain 

Le plus gros morceau, du recueil, une novella qui nous emmène dans une Londres dévasté par la guerre entre les habitants et ses reflets. Une texte riche, inventif et surprenant qui en plus propose par un certain côté une relecture du mythe vampirique. Un texte trouble qui offre de beaux retournements de situation, une fin amère et anticlimatique au possible mais qui fonctionne à merveille.

Le recueil de China Miéville est un quasi sans faute. Il explore avec brio de nombreux genres, fantasy, fantastique, horreur, sf même, en y mêlant sa patte particulière, son style foisonnant et ses idées dérangeantes. Un ouvrage très recommandable donc qui permets à ceux qui apprécie l'auteur de le découvrir aussi doué pour la forme courte et qui offre aussi une parfaite porte d'entrée à ceux qui craignent de se lancer dans ses romans en évitant l’écueil d'une longueur qui peut parfois se faire indigeste et qui s'avère ici contrainte par le format à se diriger à l'essentiel, mais sans jamais laissé derrière ce qui fait la marque de l'auteur.

Ils en parlent : Outrelivres, Bibliocosme

Shining in the Dark - Anthologie

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Shining in the Dark - Anthologie
Editions ActuSF // 2020 (VO 2018) // 420pages

Livre reçu en SP à ma demande

Pour les 20 ans du site de référence sur Stephen King Hans-Åke Lilja à dirigé et publié  une anthologie hommage rassemblant 12 nouvelles horrifiques. Dans des styles différents et pas toujours dans le genre de l'imaginaire, c'est un beau panel que nous offre donc ce livre traduit par Actu SF cette année.

Le compresseur bleu

C'est donc la nouvelle de Stephen King qui ouvre le bal, une nouvelle qui n'a pas été réédité depuis le début des années 80 et... c'est franchement mauvais...
Un écrivain perdu dans une cabane qui écrit un texte en se basant sur sa logeuse qu'il trouve immonde. Meh.

Réseau 

Cassandra et Andrew discutent sur Internet, ils s'amusent, se plaisent, ils finiront par se rencontrer.

Un texte très accrocheur qui met le malaise. On anticipe une conclusion horrible et inévitable.

L'horreur tangible du quotidien, c'est réussi.

Le livre de l'Holocause 

Où comment un écrivain est éclipsé par son oeuvre, comment celle-ci empiète sur sa réalité au point d'occulter aux yeux du public qui il est vraiment.
Une histoire de souffrance, de ce qui aurait pu être. Un texte triste.

Aeliana

 Une histoire de monstre urbain où le monstre n'est pas qui l'on croit. Un texte impitoyable qui laisse un gout amer

Charabia et Theresa 

Quand un ange foire une canonisation. Quand une tortue et un perroquet deviennent amis. Quand Dieu choisi bien mal ces saint.
Une histoire drôle et grinçante.

La fin de toutes choses - Brian Keene

Quand ce n'est pas la fin du monde qui compte mais plutôt la fin de son monde. Un texte terrifiant pour le parent que je suis, dur et d'une grande tristesse.

La danse du cimetierre - Richard Chizmar

Un texte relativement anecdotique qui joue sur l'ambiance d'un cimetière.

L'attraction des flammes - Kevin Quigley

Quand trois jeunes ado se retrouve attiré dans une maison hanté des plus étranges. Quand la visite effrayante tourne au cauchemar. Une ambiance très Stephen King avec ces enfants confrontés à l'horreur. Un long texte des plus réussi.

Le compagnon - Ramsey Campbell

Un texte qui joue sur l'ambiance d'une vieille fête foraine, qui joue sur les angoisses que l'on transporte avec nous. C'est plaisant.

Le cœur révélateur - Edgar Allan Poe

Un homme commet un meurtre, il sombre dans la folie. Du fantastique classique, c'est court, ça se lit vite et c'est plutôt sympathique.

L'amour d'une mère - Brian James Freeman

Un court texte sur l'amour filial dont le twist final est relativement ignoble et réussi.

Le manuel du Gardien - John Ajvide Linqvist

Un enfant découvre le jeu de rôle l'appel de Cthulhu. Le récit va nous emmener dans le quotidien d'un ado un peu en dehors de la norme mais que l'arrogance et la lâcheté vont rendre détestable et finir par causer sa perte.

Un texte réussi tant par l'ambiance paranoïaque et inquiétante que par les surprises distillées par l'auteur.

Comme souvent dans ce genre d'anthologie thématique, tous les récits ne se valent pas forcément. Mais le niveau global est bon et la majorité des textes sont suffisamment réussi pour que le lecteur en quête de frisson, de fantastique ou d'horreur viennent y jeter un œil pour accompagner et assombrir ses longues nuits d'automne.

Ils en parlent : Célindanaé - Au pays des cave trolls, Lune

Une cosmologie des monstres - Shaun Hamill

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Une cosmologie des monstres - Shaun Hamill
Albin Michel Imaginaire // 2019 // 416 pages
// Livre lu en audiolecture //
 

Une cosmologie des monstres est un roman très différent de ce que j'attendais.
J'imaginais une lovecrafterie glougloutante dans une Amérique contemporaine, avec les thèmes du raciste de Providence remis au gout du jour un peu comme l'ont fait Kij Johnson ou Victor Lavalle (dans deux excellents textes) mais pas du tout, ou pas vraiment. 

L'influence de Lovecraft est très tangible, dans des titres de chapitres, dans les goûts littéraire d'Harry Turner, dans sa critique du l'auteur. Mais Shaun Hamill nous propose plutôt ici une fresque familiale qui démarre à la toute fin des années 60 avec la rencontre de Margareth et Harry Turner et qui va aller jusqu'au début des années 2010, conté par leur plus jeune fils Noah. 

Pendant toutes ces années, on va suivre quelques fragments de vie de la famille Turner, leur quotidien difficile, les problèmes qui leurs tombe dessus, leur résilience face à la vie, les dépressions, les coups durs, les enfants, les petits enfants, les amis, amants ou amours qui traversent un instant leur vie. L'obsession malsaine pour l'entreprise familiale, une maison hanté dont les idées et plans semblent soufflé par ce qu'il y a derrière le voile. La rencontre avec le surnaturel, forcément, la manière dont tout s'imbrique enfin et l'innomable.

Le récit de Shaun Hamill prend son temps, il distille les éléments fantastique avec parcimonie, laisse le lecteur s'interroger longtemps sur le sens de tout ce qu'il voit pour finalement tout résoudre dans une apothéose sinistre et amère.

Le roman de Shaun Hamill possède ce petit quelque chose qu'a Stephen King dans ses meilleurs œuvres, ce côté terre à terre, cet ancrage dans le réel, cette manière de dépeindre un quotidien normal où l'horreur n'est pas tant dans les monstres que dans la vie de tous les jours. Mais à cela il y mélange avec talent la capacité qu'avait Lovecraft de nous faire ressentir qu'il y a quelque chose d’innommable derrière le voile du réel et y ajoute un zeste de pulp qui pourrait tourner au kitsh dans les mains de quelqu'un d'autre mais il parvient avec talent à liée toute ces influences pour en sortir une très bonne fresque fantastique où rode l'horreur.

//Point représentation : Personnage secondaire bi ou lesbien.

//D’autres avis : Au pays des Cave trolls, Les lectures de Xapur, Un papillon dans la Lune, Nebal, Les chroniques du chroniqueur, Chut… maman lit!, L’Albedo, l'épaule d'orion

Beyond the Aquila Rift | Derrière la faille : Nouvelle et adaptation

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Beyond the Aquila Rift - Alastair Reynolds
Gollancz // 2005 // 35pages

Derrière la faille 
Scenario : Philip Gelatt
Réalisation : Léon Bérelle, Dominique Boidin, Rémi Kozyra, Maxime Luére

Aujourd'hui je parle d'un de mes auteurs favoris, Alastair Reynolds avec sa nouvelle non traduite chez nous, Beyond the Aquila rift ainsi que son adaptation en court métrage d'animation dans la série Love, Death + Robots.

J'ai commencé la série il y a peu et le visionnage de l'épisode m'a très donné envie de lire la nouvelle afin de comparer et parce que bon Reynolds c'est bien mangez-en.

Derrière la faille

Dans un lointain futur, l'humanité voyage dans la galaxie en utilisant des portails laissé à l'abandon par une civilisation extraterrestre. Personne ne comprends vraiment cette technologie mais l'humanité en sait assez pour les utiliser afin de se déplacer au sein de la bulle locale, une sphère de 400 années lumières de diamètre centrée sur notre système solaire.

Mais de temps en temps, il y a un petit bug qui fait dévier de la trajectoire, qui envoi ailleurs, ou bien un peu plus loin.

C'est ce que Thom, capitaine du Blue Goose découvre en sortant de son caisson de sommeil sur la station Saumlaki. Lui et son équipage auraient déviés. De quelques jours, peut-être un peu plus, enfin c'est que lui dit Greta, une vieille connaissance qui par un heureux hasard se trouve à son chevet pour lui annoncer la nouvelle.

Alors que le délai des réparations du Blue Goose s'allonge chaque jour, Thom et Greta tentent avec difficulté de réveiller Suzy, l'une des autres membre d'équipage, et de lui faire accepter une situation qui n'est peut être pas exactement ce qu'elle semble être.

La nouvelle

Celle-ci est vraiment très réussie. En quelques pages le contexte est posée et il est riche. L'intrigue avance doucement, la situation se dégradant progressivement avec une progression vers l'horreur très bien gérée. Le retournement de situation final à tiroir est réussie et laisse un sentiment de malaise, un doute horrible, une incertitude qui fait frissonner. 

Alastair Reynolds réussi à mêler habilement sense of wonder et huis clos presque horrifique.

L'adaptation

Elle aussi très réussi. L'intrigue est très fidèle dans son déroulée, même si elle amène moins d'informations sur le contexte et s'avère plus directe, mais elle apporte énormément côté visuel tout en conservant l'esprit de l'histoire.

Pas de twist à tiroir, par contre mais le retournement de situation mise visuellement sur l'horreur cosmique et c'est glaçant. On termine sur de la terreur pure, et ça fonctionne à merveille.

Au rang des défauts de cette adaptation, mais c'est quelques choses qui revient dans plusieurs épisodes de Love, Death + Robot, on notera un abus du male gaze dans la mise en scène des relation Thom/Greta et une hypersexualisation du personnage de Greta. C'est lourd, c'est banal et c'est pénible d'avoir encore ce genre de représentation.


Quoi qu'il en soit, je recommande fortement la nouvelle d'Alastair Reynolds qui un excellent texte de SF au relent horrifique ainsi que son adaptation qui vaut le coup pour les superbes visuels.

L'épaule d'Orion en parle aussi

 https://les-lectures-du-maki.blogspot.com/2019/12/le-projet-maki-presentation-inscriptions.html

 

 

House of X / Powers of X | Le renouveau de l'univers Mutant

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House of X / Powers of X

House of X #1 -#6 / Powers of X #1 - #6
Scenario : Jonathan Hickman Dessins : Pepe Laraz et RB Silva Couleurs : Marte Garcia
VO : Marvel // 2019 VF : Panini // 2020. Dans les softcover House of X/Powers of X #& à #4


Pendant que vous dormez, le monde change

L'humanité se réveille un matin et cette fois ça y est, les mutants ont fait sécession. Adieu le rêve pacifique de Charles Xavier de cohabitation entre mutanité et humanité. Lassés de protéger un monde qui les hait et les craint, le Professeur X à déclarer la nation mutante sur l'ile de Krakoa. Et celle-ci est ouverte à tous, car pour trouver le salut, une seule solution, faire front commun, laisser derrière soi les inimités et se mettre définitivement en dehors de l'humanité. C'est ainsi que Magneto se retrouve au côté de Xavier, mais aussi Apocalypse, Sinistre et d'autres ennemis de longue date afin de créer une nation mutante unie.

C'est sur ce postulat de départ que démarre le dyptique HoX/PoX, un duo de mini série fonctionnant de concert et dont le but est de redéfinir l'univers X-Men. Et cela commence par la création de cette nation mutante, mais ne s'arrête pas là puisque tout au long des 12 chapitres de l'histoire, Hickman va bousculer violemment les certitudes du lecteurs.
D'abord, il va y avoir une RetCon (changement de continuité, modification d'un événement du passé ayant des répercussions sur la vision qu'on avait d'évènement déjà écrit en en changeant la perspective rétroactivement) dévastatrice, un changement radical sur un personnage établi qui vient bouleverser beaucoup de chose.
Il y a aussi ces aperçus de l'avenir, 100 ans dans le futur avec cette guerre raciale entre mutant, humains et machines, et puis 1000 ans plus tard cette civilisation mystérieuse qui court vers une ascension spirituelle et va atteindre une singularité inattendue.

Comme souvent avec Hickman, les pistes sont nombreuses, les échelles étirées au maximum, et le récit nous entraine dans des directions inattendus, dans des boucles et des circonvolutions complexes, denses, mais ici, jamais au détriment de la lisibilité de l'histoire qui reste d'une grande limpidité.

Plus qu'une bonne histoire de super-héros, Hickman propose ici un excellent comics de science-fiction. Il nous parle bien sûr mutation et évolution lors de ses explorations temporelles. Il aborde la notion d'humanité [mutanité ?] avec un concept de résurrection fascinant, et bien il aborde tout ce qui permets à une nation, une société de se créer. Les références culturelles commune, la langue, les rituels.  Et puis il parle aussi de nos société, de la manière dont les opprimé doivent prendre le pouvoir pour exister.

Vous avez de nouveaux Dieux maintenant

Xavier révait d'un monde où Mutant et Humains pourrait coexister pacifiquement. Ce monde n'est jamais advenu puisque les Mutants ont toujours subit les discrimination et la haine dans l'indifférence générale, une indifférence qui à souvent touché aussi les autres héros de l'univers Marvel. 

Quand la société ne veut plus t'intégrer, il ne reste qu'a trouver le moyen de maintenir la société à distance pour se créer un espace de liberté protégé. Et c'est ainsi que grâce aux ressources de Krakoa, Xavier obtient ce pouvoir, ce moyens de compter véritablement, pour renverser un rapport de force défavorable depuis le génocide mutant de Genosha.

Avec ce choix, Hickman s'inscrit dans une perspective très actuelle où les minorités opprimés sont contraintes à ce choix, à la création d'espace en dehors des normes pour pouvoir se retrouver et exister. Et il ne s'agit pas "d'essentialisme vociférant" comme le dise certains mais d'une nécessité de survie et d'une réaction face à un monde dont l'universalisme consiste en l'effacement de ce qui ne correspond pas à sa norme.
Les mutants ne s'extraient pas de la société parce qu'ils la refusent mais parce que celle-ci leur déni depuis des décennies le droit de vivre.

Impossible de parler de HoX/PoX sans aborder la somptueuse partie graphique. Que ce soit Pepe Laraz ou RB Silva, les planches sont sublimes. Leurs traits parfait, leurs composition aussi réussie sur les moments intimes que sur les plans plus épiques et grandioses. Et le tout est superbement mis en couleur par Mate Gracia.

Je n'ai pas honte de ce que je suis

Après plusieurs années en demi teinte, apportant son lot de bonnes histoires mais manquant parfois de vision à long terme, Jonathan Hickman prend les rênes de l'univers mutant avec comme à son habitude, des idées novatrices et un plan au long cours. Le résultat est riche, complexe, prenant et laisse entrevoir un schéma global qu'on ne fait ici qu'effleurer dans ce qui est une superbe et épique introduction.