La Forêt des araignées tristes - Colin Heine

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La Forêt des araignées tristes - Colin Heine
Actu SF // 2019 // 487 pages
- Service Presse transmis à ma demande -
 
Bastien de Corville est une sorte de petit noble, peu argenté, qui procrastine depuis apparemment un certain temps devant ce qu'il espère devenir une encyclopédie des bestioles et créatures qui vivent dans la vape, la brume mystérieuse qui recouvre le monde. Régulièrement Ernest Gulliver, explorateur de son état pour le compte de La Compagnie collabore avec Bastien pour lui fournir des restes et vestiges de bestioles étrange et alimenter ainsi sa future encyclopédie.
Le quotidien des deux lascars va se retrouver chamboulé quand notre scientifique en herbe va se retrouver mêler coup sur coup à un accident spectaculaire et un assassinat dont il va réchapper de justesse à chaque fois.
Ébranlé par ces évènements, Bastien va être entrainer dans une intrigue tortueuse et des complots mystérieux.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le roman de Colin Heine est ambitieux. L'intrigue s'avère assez riche, pleine de fils et ramifications faisant intervenir de multiples personnages assez variés et permettant de donner un aperçu du vaste monde qu'il nous a concocté.
Le tout est écrit dans un style souvent riche et travaillé qui participe à l'immersion dans ce riche univers, même si parfois certaines tournures de phrases m'ont parues confuses.

Un univers, qui avec son habillage steampunk fait de machines à vapeurs, de dirigeable, de gargouilles que l'on peut chevaucher et d'ambiance belle époque, est une grosse réussite. L'atmosphère 19eme siècle poisseuse, est tangible, les clins d'oeil à notre monde multiples fonctionne bien (que ce soit l'omniexpo ou bien le vaisseau Gigantic) et toutes les strates de la société sont présentés, certains chapitres pouvant presque s'appeler "Le marxisme pour les nuls".

Côté personnage, là encore c'est assez réussi. Si notre héros Bastien est parfois insupportable de naïveté et de privilège, les personnages secondaires qui gravitent autours et les antagonistes sont tous intéressants. Que ce soit Gulliver l'explorateur (héhé), Gerfon le tueur en série un peu spécial ou bien Agathe la domestique au grand cœur, tous ont une utilité.

Le roman n'est tout de même pas exempt de défauts. Certains des personnages, dans leur caractérisation manquent de finesse ou d'originalité et s'avère ainsi un peu trop stéréotypé.
L'intrigue semble retorse mais on a parfois l'impression d'une complexité un peu artificielle. Certaines intrigues paraissent un peu parachutées et il faut avouer qu'il y a tout de même de gros concours de circonstances pour que le tout se tienne.
On pourra aussi s'interroger sur le titre. La forêt fait quelque pages et on a une araignée (certes vraiment balèze) qui ne m'a pas l'air particulièrement triste.

Cependant, malgré ces points négatifs, j'ai passé un bon moment grâce a une construction de monde réussie, une ambiance travaillé et un style assez agréable. Un roman qui s'il n'est pas la révélation espéré s'avère très divertissant.

Le Gambit du Renard - Yoon-Ha Lee

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Le Gambit du Renard - Yoon-Ha Lee
Lunes d'encre // 2018 (VO 2016) // 384p
 
Je marche beaucoup aux couverture moi, et je dois avouer que celle de ce roman m'a fortement donné envie. Oui, c'est pas forcément malin, mais bon, c'est surtout le fait qu'on ai un space opéra hard sf qui m'a convaincu de sauter le pas pour ce titre qui a reçu le prix Locus 2017 du meilleur premier roman.

Et il faut dire qu'il y a clairement de la qualité et du potentiel pour ce 1er tome de ce qui est une trilogie. Petit aparté d'ailleurs sur le fait passablement agaçant que ce ne soit indiqué nulle part dans le livre. Ce n'est pas le premier éditeur qui procède de la sorte et c'est un peu malhonnête. Bref.


Avec Ninefox Gambit, on a droit à du Space Opéra Hard SF et militaire. Le côté Hard SF tient dans la conception de son univers qui se base sur un domaine des mathématiques appelé la topologie (merci à Feyd Rautha pour l'explication). honnêtement, c'est incompréhensible, mais ça n'a pas grande importance. La seule chose à retenir c'est que les propriété physique et temporelle sont maléable et altérable en fonction des systèmes de croyance dominant. Et l'Hexarcat, la société expansionniste dominante au cœur du récit à un intérêt particulier à maitriser ces conditions car cela influe grandement sur la technologie qu'ils utilisent et donc sur leur main mise sur les territoires.


L'Hexarcat est donc un état totalitaire, séparé en six factions ayant chacune leur rôle (militaire, renseignement, endoctrinement...), qui contrôle les corps, et les esprits surtout. Pour que la doctrine soit suivi et que les conditions soient maitriser, cela passe par le lavage de cerveau, les fêtes rituelles impliquant tortures et conditionnement et par l'utilisation de forteresses spatiales répartis dans leur espace contrôlé et qui projettent le calendrier, la référence temporelle qui maintient l'orthodoxie.
C'est là qu'on arrive au cœur de l'intrigue puisque tout commence par l'irruption d'une hérésie calendaire majeure dans une de leur forteresse principale, La Forteresse des Aiguilles Diffuses.
Pour combattre cette hérésie, Cheris une capitaine de la faction militaire des Kel va être sélectionné. Et pour l'aider, Jeadao, un général de la faction des Shuos. Ce dernier, considéré comme le traitre ultime devant les atrocités qu'il a commises a été condamné être décorporé et placé en animation suspendu. Il est sorti du congel à intervalles régulier pour être utilisé car il reste le plus grand stratège de l'Hexarcat, toujours invaincu sur le champs de bataille.


L'ensemble du roman va tenir sur une chose, comment accéder à la forteresse hétérodoxe et mettre un terme à l'hérésie. Le résultat c'est que sur 500 pages, nous avons quasi exclusivement le récit d'une bataille. Et cela peut-être parfois un peu long, d'autant plus que l'étrangeté des armes et technologies utilisés ne rendent pas toujours l'ensemble très clair. 
Heureusement, si l'aspect militaire et bataille est relativement prépondérant, il n'y a pas que cela, et ce qui va faire tout l’intérêt du roman et sa grande force c'est la relation entre Kel Cherris et son fantôme, Jedao. 
Au fil de l'histoire, on découvre avec intérêt la construction de la confiance, la manière subtile qu'à Jedao depuis le début d'enseigner une leçon cruciale à Cherris. Et bien sûr on finit par comprendre que comme souvent les apparences sont très trompeuses.
Avec leurs interraction, c'est l'arrière plan du roman et de son univers qui s'éclaire peu à peu. On découvre des aspects sociaux et historiques de l'Hexarcat et c'est passionnant.

Le Gambit du Renard est clairement un roman exigeant. Déjà de part son concept de base qui peut avoir tendance à donner mal à la tête, ensuite, au-delà de ça, par l'étrangeté générale qui se dégage de l'univers. Que ce soit les technologies, les noms de lieux, de vaisseaux, on est vraiment ailleurs, dans une société proprement étrangère. Aussi bien sûr par son intrigue riche et tortueuse qui réserve beaucoup de surprises. Et puis par le fait qu'il nous plonge directement dans le bain sans nous tenir la main. L'immersion est brutale mais elle vaut la peine car malgré la possible difficulté à rentrer dedans ou bien le côté très militaire qui peut éventuellement rebuté, c'est un roman riche et intelligent, plein de potentiel, et de la bonne SF.

Les Question dangereuses - Lionel Davoust

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Les Question dangereuses - Lionel Davoust
Actu SF Helios // 2019 // 121 pages
Texte publié précédemment dans Dimensions de Capes et d’Esprit vol.2, anthologie dirigée par Éric Boissau, éd. Rivière Blanche, 2011. 
Service Presse transmis par ActuSf à ma demande.

Panâme, 1637.
Thésard de la Meulière, Mancequetaire du Roi va se retrouver au cœur d'un complot d'envergure international. Armé de sa verve et de son Libram, il va enchainer Questions et Réponses pour dénouer les fils du mystère dans ce court texte de cape et de plume où le style et l'aventure vont faire de ce voyage face à l'indicible une lecture plus que plaisante et amusante.

Pourquoi c'est bien
- Une ambiance cape et d'épée aventureuse très réussie.
- Une relecture des duels où les joutes verbales à coup d’énigmes remplacent le fer qui se croise. Ce n'était pas évident de prime abord, mais voir un gentilhomme asséner Questions sur Questions à un opposant démunie peut s'avérer aussi dynamique et entrainant qu'un duel à l'épée, et tout aussi mortel ! Chapeau bas.
- Un humour subtile et érudit, que ce soit par le contexte ou bien dans les noms de lieu et de personnages. Jean Lacanne, discliple de Sigismond Fréderic ou bien François-René de Spline et ses mémoires d'Hécatombes, c'est très joliement fait, et l'on rit beaucoup.
- C'est globalement érudit, remplis de références littéraires diverses, c'est très bien intégré, je regrette juste ma propre inculture qui m'a parfois donné l'impression de passer à côté de certaines.
- C'est joliment écrit, dans un style qui rend hommage, ou plutôt qui se moque gentiment, aux romans à la Dumas.
- Il y a de l'indicible à tentacules, mais je n'en dirait pas plus.

On notera qu'en plus du texte principal, un long entretien avec l'auteur accompagne et éclaire de manière très intéressante le présent récit.

X-Men - La résurrection du Phénix

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Phoenix Resurrection #1 - #5 - Rosenberg, Yu, Pacheco, Rosanas
Panini Comics // 2018 (2017) // 136 pages

N'est pas mort ce qui à jamais dort 

C'est une constante dans les comics de super héros, les morts finissent toujours par revenir un jour ou l'autre. On peut le déplorer, ou l'accepter. De mon côté, je n'ai aucun problème avec ça, tant que les histoires racontées sont à la hauteur.
Ici, ce n'est pas le cas.

Promenons-nous...

Des événements bizarre surviennent, les X-Men partent enquêter, ou plutôt se promener et poser au 4 coins du globe. A un moment, ils se disent que zut c'est peut-être le Phoenix qui est de retour, voir même Jean Grey et paf ils trouvent finalement une structure ou Jean vis dans un genre de Pleasantville avec des doubles des mutants décédés.

Poulet ! Piou piou piou !

Il ne se passe rien pendant les trois quart du bouquin, tout est confus et brouillon, seule la confrontation finale entre Jean et Phoenix possède un vague intérêt et ça dure moins de 10 pages.
Côté graphique, Leinil Yu s'occupe du premier épisode ainsi que de quelques planches du dernier et ça c'est cool, le reste va du quelconque au laid.

La mini série n'a au final aucun intérêt, d'autant plus au prix ou Panini tente de nous la refourguer, 18€... Oui oui, un truc qui serait sorti il y a quelque année dans un hors série à 7€ se retrouve direct en album à 18 balles. Même pour un completiste, ça ne vaut pas le coup, c'est franchement nul et sans intérêt. On prend note que Jean est de retour et on passe à la suite.


Bilan 2018

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Hé bien ça y est, 2018 s'en est allé, 2019 est arrivé, il est temps de faire le bilan, calmement, en se remémorant chaque instant (oui je ne cesserai jamais de la faire celle-là).
2018 a été une année... perturbée va-t-on dire, résultat je ne crois pas avoir fait un bilan 2017 sur le blog, d'ailleurs, je n'ai pas fait grand chose sur le blog cette année, mais petit à petit j'arrive à retrouver un peu de temps à y consacrer. C'est en dent de scie, assez aléatoire, mais vu que même avant j'ai toujours été relativement irrégulier, ce n'est pas trop grave.
Bref, plongeons nous un peu dans les chiffres pour commencer, puis regardons ensuite ce qui se détache comme lectures marquantes.

Puisqu'ici il faut faire des bilans et du chiffre

73 livres lus cette année, en comptant romans, BDs, Manga, essais, audiolivre et comics.
J'ai décidé pour les comics de maintenant compté l'équivalent des volumes reliés. C'est à dire que je les li à leur sortie mensuels par épisodes de 22pages, mais tout les 5 ou 7 épisodes, ils sont republiés en volumes reliés. C'est ça que j'ai décidé de compter maintenant. Et comme j'ai pris cette décision tardivement, il est est très probable que j'en ai oublié un paquet donc ce chiffre est un peu en dessous de la réalité, mais bon il fallait bien s'arrêter quelque part ^^

Maintenant, quelques détails supplémentaires :
14031 pages 35 pages pour le plus court 553 pages pour le plus long

1 audiolivre, et qui fût d'ailleurs une expérience plutôt agréable.J'ai depuis recommencé et viens d'ailleurs de terminer mon premier roman de 2019 sous cette forme. Cela restera ponctuel tout de même, je préfère lire qu'écouter.

2 nouvelles à l'unité, ce n'est donc pas encore que je vais finir d'écluser mon stock.


3 livre de non fiction. Un record, et d'ailleurs que de bonnes lecture. Il y a un livre sur l'éducation (et oui) un essai sur la conditions des hommes noirs aux USA et un magnifique témoignage sur la différence.

3 mangas. C'est particulièrement maigre, surtout si l'on compare avec 2016 (je crois) ou je m'étais fais la quasi intégrale des Naruto d'un coups ^^

7 romans hors imaginaire. Là encore, je bats mes records. Il y a pas mal de choses légères, j'en avais besoin, mon attention n'étant pas à son maximum.

8 BDs Franco belges. J'aurais voulu plus, mais c'est déjà pas mal, d'autant plus qu'il y a pas mal d'emprunts en bibliothèque, et des choses qui changent de mes lectures habituelles.

 8 C'est aussi le nombre d'articles qu'il y a eu de publiés sur le blog cette année. C'est pas glorieux hein, mais je vais tâcher pour l'année qui vient de remonter ça. 1 par semaine serait pas mal mais je vais me garder un objectif raisonnable, entre 12 et 24, soit entre 1 et 2 par mois.

10 livres non graphique lus en numérique. Et cela va continuer à prendre un grande part puisque j'ai investit au mois d'août dans une liseuse !

12 romans SFFF. Il y en a rarement eu aussi peu, à peine la moitié de mes lectures non-graphiques !! sachant que je compte la dedans les deux nouvelles lues à l'unité et pas moins de 3 novellas assez courtes. C'est pour le moins maigre de chez maigre. Ce n'est pas l'envie qui manque pourtant, mais avec le temps de lecture réduit, j'ai peu de courage pour me lancer dans des gros pavés, et malheureusement pour moi c'est quand-même la norme dans le genre.

36 comics. Le gros morceau comme toujours, alimenté principalement par ma boulimie de super-héros, même si j'essaye là aussi d'élargir un peu mon horizon.


Lectures marquantes

Saga, volume 9
Incontestablement la lecture coup de poing la plus terriblement marquante de l'année. L'une des meilleures série de comics actuelle nous assène un violent coup de grâce juste avant d'entrer en hiatus pour 1 à 2 ans. c'est cruel, mais c'est magistral et superbe de narration et de réalisation.

Rainbow Rowell
J'ai terminé tout début 2018 ma 3ème relecture de Fangirl et ce fût encore un gros plaisir, c'est vraiment LA lecture doudou. J'ai aussi enfin lu cette année Eleanor & Park, et gros coup de cœur aussi c'était excellent. Et puis j'ai continué et complètement adoré le travail que réalise l'autrice sur la série de comics Marvel Runaways. Elle maîtrise ses personnages, elle connaît l'historique de la série et en joue à la perfection et n'oublie pas de créer de nouvelles intrigue passionnante. Bref, mon amour pour cette autrice se confirme.

Donny Cates
Ce scénariste de comics était relativement peu connu au début de l'année et en quelques mois à complètement explosé.
Je l'ai découvert avec son court run sur Dr Strange et c'était excellent. J'ai ensuite essayé la série Venom et j'ai pris une grosse claque. J'ai lu sa mini série Death of Inhumans et il a réussi à me faire aimer pour la première fois les Inhumains. Et puis, son court run (6 épisodes) sur Thanos est parut en VF, et grosse claque encore. c'est délirant, épique, inventif, bref c'est excellent.

L'atelier des sorciers, tome 1 - Shirahama Kamome
Une école de sorcellerie, une magie basée sur le dessin, des complots, un trait sublime à tomber par terre. Il faut absoluement que je poursuive avec les 2 autres tomes sortis.

Au bonheur des ogres - Daniel Pennac
J'en ai parlé en cours d'année, ce fût vraiment une très bonne découverte, très surprenante et différente de ce à quoi je m'attendais

J'ai tout essayé - Isabelle Filliozat
Et oui, qui dit bébé dit livre sur l'éducation, et comme je m'intéresse à l'éducation dites positives ou bienveillante j'ai pris cet incontournable et il mérite bien ce qualificatif.c'est rempli d'exemples et de situations concrète et le tout s'appuie à chaque fois sur l'état des connaissances actuelles en neuroscience sur le fonctionnement du cerveau des tout petits.
Un seul reproche, il s'adresse en permanence aux mamans...

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens
Une romance gay young adulte que j'ai énormément aimée. c'est frais, c'est agréable, c'est le genre de lecture qui fait du bien au moral, ce fût un très bon moment.

Marche ou crève - Stephen King
Je n'en avais pas lu depuis mon adolescence, c'était un plaisir de replonger dans les mots du King, c'était très prenant. Un livre court et haletant, complètement désespérer et terriblement accrocheur.

Le Gambit du Renard - Yoon-Ha Lee
Une SF exigeante de haut vol, une lecture ardue mais qui vaut le coup. J'en reparle très bientôt, la chronique est écrite ;)

Et en 2019 ?

Et bien on verra. 

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Hum oui je développe.
Alors j'ai quand-même quelques objectifs, notamment continuer/finir quelques séries entamées comme les trilogies l'héritière de Jeanne-A Debats, Les enfants de Poséidon d'Alastair Reynolds et les Chroniques de la Terre fracturée de NK Jemisin, et j'aimerai aussi lire le tome 3 de la Passe-miroir.
Il faudrait aussi me mettre à jour sur les dernières sorties Une Heure Lumière, et puis peut-être lire un tome supplémentaire des Rougon Macquard de Zola dont je viens de terminer le 3eme il y a quelques jours et ce fût un gros wahou !
Je compte aussi relire puis terminer enfin le manga Evangelion. le tome 14 qui est aussi le dernier est finalement sorti il y a maintenant 2 ou 3 ans et il va être temps de conclure cette série que j'ai entamé il y a bientôt 20 ans !
Côté blog j'ai déjà parlé de ce que j'aimerais faire, on verra bien, et si jamais je retrouve vraiment un peu plus de temps, peut-être que j'arriverai à reprendre la chaine Youtube, mais je pense que ce n'est pas encore pour tout de suite ^^

Avis Express #2

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C'est le retour de la rubrique Avis Express avec comme la fois précédente des avis repris de mon compte instagram, mais aussi un inédit :p
Ayant moins de temps qu'avant, je pense que je vais continuer régulièrement de publier des chroniques courtes sur insta pour ensuite les reprendre ici histoire d'alimenter le blog et d'en garder une trace plus accessible :)


La Quête Onirique de Vellit Boe - Kij Johnson
Le Bélial // 2018 // 220p 
Un court et très beau roman de Fantasy qui prend place dans les contrées du rêve, un univers crée et visité par Lovecraft à de nombreuses reprises.
Si l'intrigue de ce texte est somme toute assez linéaire, Kij offre un magnifique voyage à travers des paysages extraordinaires, à la rencontre de créature étranges et où la beauté côtoie l'horreur.
Elle nous offre aussi la quête initiatique d'une femme ayant du vécu, du bagage et qui quitte la quiétude d'un poste universitaire pour repartir sur la route, comme par le passé, sa jeunesse en moins mais toujours aussi alerte.
L'autrice nous offre avec Vellitt, femme d'âge mûr et accomplie, une relecture qu'on pourrait qualifier de féministe de l'univers onirique de Lovecraft.
Les références aux écrits de l'auteur sont ainsi légion, donnant au connaisseurs beaucoup de grain à moudre. Cependant, et il faut bien insister sur ce point, nul besoin d'être familier du papa de Cthulhu pour apprécier ce superbe récit plein de poésie.
Une magnifique Fantasy à l'ambiance surannée et onirique, mais modernisé pour le plus grand plaisir des lecteurs.
On notera aussi que le roman est parsemé de très belles illustrations à l'encre de Nicolas Fructus qui font de cette édition un très bel objet.


Au bonheur des ogres - Daniel Pennac
Folio // 1997 (1985) // 286p
Première plongée pour moi dans l'univers de la Saga Malaussène et ce fut un régal.
Allez savoir pourquoi j'avais l'image d'une série jeunesse légère, et j'étais totalement à côté de la plaque.
On a ici un récit plein d'humour, parfois à la limite de l'absurde, portée par une galerie de personnages hauts en couleurs aux spécificités marquantes.
La plume de Pennac toute en circonvolutions est un plaisir pour les yeux, et l'intrigue tortueuse est passionnante.
Loin d'être légère sous ses atours rigolards, on découvre une histoire assez sombre et torturée, qui va même parfois jusqu'à l'ignoble mais sans aucune lourdeur.
Très riche, elle développe beaucoup de thèmes qui s'avèrent, plus de 30 ans après très actuel.
J'irai définitivement lire la suite de la série !

Eleanor & Park - Rainbow Rowell
Pocket jeunesse // 2014 (2012) // 378p
Avec son roman Fangirl, probablement l'un de mes plus gros coup de cœur depuis des années, Rainbow Rowell est devenu l'une de mes autrices favoris. J'ai pourtant lu peu d'elle, Carry On, et puis l'actuelle série de comics Runaways qu'elle scénarise et qui est un petit bijoux.
J'ai donc enfin attaqué Eleanor & Park dont j'ai lu ici et là de nombreux avis très enthousiastes, et je n'ai pas été déçu.
On suit ici deux adolescents geek et perdus dans les années 80. Tout deux relativement en dehors de la norme ils vont développer au fil du livre une relation un peu particulière au début, amicale ensuite et jusqu'à un amour sincère et très fort.
Comme toujours avec Rainbow Rowell, c'est la consistance de ses personnages qui touchent, ceux-ci font réel. Que ce soit Park, l'ado discret un peu passe partout toujours le nez dans ses comics ou bien Eleanor, la rousse un peu trop flamboyante, trop grosse, trop voyante, pour le reste du monde et dont la famille difficile est engluée dans les problèmes financiers.
Entre les références à la pop culture et culture geek, la progression de leur relation et la découverte de la vie peu reluisante d'Eleanor, on est happé par cette romance qui touche en plein cœur.

Juste un peu de cendres - Thomas Day & Aurélien Police

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Juste un peu de cendre - Thomas Day & Aurélien Police
Éditions Glénat // 2017 // 128 pages
Service Presse demandé par mes soins.

C'est peu dire que j'apprécie énormément le travail d'illustration d'Aurélien Police, chacune de ses couverture est un régal pour les yeux et voir son nom associer à un roman me donne très souvent envie de lire celui-ci. Oui je suis superficiel, j'aime les belles couvertures ^^
Le voir donc en compagnie de Thomas Day pour ce qui est son premier travail de BD, cela titille forcément la curiosité.


Ashley Torrance à 17 ans et elle à décidé de partir de chez elle pour protéger ses parents. Ses yeux vairons lui permettent de voir l'invisible, et dans ce monde, elle découvre des êtres singulier, d'apparence humaine, que seul sa vision particulière permet de voir sous leur véritable apparence, des monstres qui vivent parmi nous et les filaments de cendre qui les relie quelque part, ailleurs... Mais Ashley n'est pas seule, et c'est avec une bande un peu disparate qu'elle part à la recherche des racines du mal.

Thomas Day offre ici une histoire sombre et horrifique, une chasse aux démons sous forme de road trip mais aussi une plongée dans l’Amérique contemporaine et ses démons que sont la misère et la pauvreté.
L'intrigue s'avère relativement classique dans son déroulé, l'équipe se réunit, affronte les démons, etc. mais grâce au propos politique sous-jacent, l'histoire est ainsi étoffée et à bien plus à offrir qu'un déjà très bon divertissement. Thomas Day plonge dans la pop culture, dans l’histoire des USA, dans de vieux mythes amérindiens et mélange le tout avec succès pour nous exposer le voyages d'adolescents perdus dans un monde en déliquescence.

Côté graphique, il va sans dire que les planche d'Aurélien Police sont somptueuses, sont style qui mélange illustration numérique et montage photos est superbe. On s'éloigne pas mal de la BD traditionnelle avec des pages très déstructurée, une narration qui passe aussi beaucoup par l'écrit et une construction qui tend parfois vers le roman illustré. Si en général l’appellation roman graphique à tendance à m'exaspérer, étant souvent utilisée à tort et à travers avec une sorte de snobisme insupportable pour parler de BD, je trouve que pour une fois le qualificatif lui va à merveille. Pas vraiment une BD dans le sens traditionnelle, pas non plus un roman illustré, mais un savant mélange de narration romanesque et de d'illustrations.
Le seul reproche que l'on pourrait faire, c'est que la conséquence de ce style fait que la plupart des pages sont assez statiques, très illustratives puisque délaissant la narration, de même que parfois il y a une certaines froideur qui se dégage de certaines planches donnant à l'ensemble un côté un peu artificiel. Ce qui est assez paradoxale puisque souvent Aurélien Police propose des choses très organiques.

Mais que l'on ne se méprenne pas, ces maigres défaut n'entache en rien le plaisir que l'on a à parcourir ce bel ouvrage qui sous couverts d'horreur nous parle d'adolescence et de notre société de bien bel manière, comme d'ailleurs toujours les meilleurs œuvres du genre.

Pyramides - Romain Benassaya

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  Pyramides - Romain Benassaya
Critic // 2018 // 533 pages

Aujourd'hui on parle space opéra avec un titre paru chez Critic qui navigue entre Janus d'Alastair Reynolds et Interstellar.

Futur lointain, la Terre a lancé une vague de colonisation sous forme de gigantesques vaisseaux arches embarquant les futurs colon en sommeil cryogénique. Le Stern III est l'un de ces vaisseaux, et a priori il n'atteindra jamais sa destination puisque lorsque les colons se réveillent le vaisseau est échoué au sein d'un artefact labyrinthique aux dimensions titanesque. Coincé dans la structure, les colons vont devoir trouver l'équilibre entre survie immédiate et exploration.

Si l'on a effectivement un peu de "Sense of Wonder" (émerveillement devant l'immensité propre à la SF) dans ce titre, il reste tout de même assez décevant.
Comme dans Janus de Reynolds, on s'attarde ici sur le développement d'une colonie humaine loin de la Terre, perdue et confronté à un inconnue aussi étrange qu'incompréhensible. L'histoire va ainsi se focaliser principalement sur les problèmes sociaux que vont traverser les colons, sur les divergence d'opinions quand à la conduite à tenir, entre partisans de la survie et partisans de l'exploration. Une idée de base qui si elle n'est pas forcément des plus originale se trouve être relativement intéressante. Sur le papier en tout cas.

Le problème, c'est que l'ensemble manque cruellement de nuances dans ce récit "politique", et que les personnages sont relativement caricaturaux dans leurs traits et leurs réactions. Si l'on accepte sans sourciller certaines idées et concept intéressant comme ces insectes génétiquement modifiés pour être ultra adaptable qui vont gagner en sentience au fil du récit, c'est vraiment du côtés des humains que le tout manque de vraisemblance.

Et c'est très dommage puisque la quasi totalité du livre se base sur ces interactions humaines, délaissant l'exploration quasiment jusqu'à la toute fin. Une fin en demi teinte d'ailleurs qui tranche étrangement avec la teneur du roman jusqu'ici, comme si l'auteur avait brusquement décidé de changer de point de vue sur son histoire pour s'attaquer à un récit d'exploration.
Si elle renouvèle un peu l’intérêt pour l'histoire, elle arrive tardivement, et offrant une ultime conclusion lorgnant du côté d'Interstellar qui  surprend mais laisse un poil dubitatif.

Le roman, aidé par de court chapitre et une écriture agréable se lit plutôt facilement, il propose tout un amalgame de concept science-fictif déjà vu mais qui synthétisé correctement et porté par des personnages plus réussi aurait pu donner un récit classique mais prenant. Au final il ne reste qu'une impression de déjà vu et un sentiment de déception devant un rendez-vous manqué. On préférera Janus d'Alastair Reynolds qui traite le thème avec bien plus de succès.