Space Raptor Butt Invasion - Chuck Tingle

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Space Raptor Butt Invasion - Chuck Tingle

Allez, on continue ce challenge Summer Star Wars 2020 par du lourd, une nouvelle sélectionné pour le prestigieux prix Hugo en 2016 et... oui bon ok, c'est un accident.

Mais ma curiosité à eu raison de moi et j'ai finalement attaqué ce monument d'un genre mineur, le Dino Porn, un genre qui se résume simplement, il y a des dinosaures qui font du sexe avec des humains.

Mais heureux hasard, la nouvelle de Chuck Tingle fait aussi parti du genre Space Opera et donc je peux m'amuser à en parler pour le challenge.

Dans l'espace, personne ne vous entendra sexer

Futur indéterminé, la Terre est petit à petit rendue inhabitable par la surpopulation. Partout dans la galaxie, des stations spatiale supervise de grands travaux pour tâcher de trouver un nouveau foyer aux humains.

C'est sur la planète Zorbus en pleine terraformation que nous allons faire connaissance de l'astronaute Lance Tanner alors qu'il s'apprête à dire au revoir à son coéquipier. Suite à des coupes budgétaire, il va effectivement devoir passer l'année suivante seul sur la station à surveiller l'avancement des travaux.

Mais est-il vraiment seul ?

Bon trêve de suspens et gros spoil, non il est pas seul puisqu'il va faire la rencontre d'Orion un... Velociraptor ! Ils vont bien sûr se lier d'amitié et plus car affinités.

Court mais bon ?

Le texte est court donc point de fioriture. Le contexte science-fictif est posé rapidement dans la première moitié du récit et la rencontre avec Orion se fait rapidement. Et là, surprise, car en plus de verser dans le space opéra, Chuck Tingle tire vers l'Uchronie car comme Orion le révèle, non les dinosaures ne sont pas morts, ils ont juste émigré vers un nouveau foyer, Terre 2. S'ensuit alors une passionante exploration des conséquences de ce point de divergence et... non, le contexte est rapidement évacué pour passer à la seconde moitié du récit : le cul.

Chuck Tingle possède un talent certain pour décrire les ébats moite de l'astronaute et du vélociraptor, c'est chaud, plein de fluide et de sueurs et entrecoupé de ligne de dialogue qui n'ont rien à envier aux meilleurs films pornos.

Et donc ?

He bien, l’expérience fut amusante et... stimulante. Le contexte SF sur fond de surpopulation ainsi que l'exploration de la solitude et de la manière dont elle change notre perception est intéressant mais tout cela manque de heu hum... profondeur. On aurait aimé que l'auteur aille un peu plus au... fond des choses. Qu'il ne contente pas de tout balancer et se retirer ainsi au moment où ça devient intéressant et... bon ok j'arrête avec mes métaphore vaseuses.

Au final, c'était drôle et je crois que je tenterai pour le fun son dernier roman Trans Wizard Harriet Porber And The Bad Boy Parasaurolophus

Un autre avis : Les chroniques du chroniqueur


[Star Wars] I Am a Padawan, transmission et parentalité

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I Am a Padawan - Ashley Eckstein & Shane Clester

Little Golden Book // 2020

Nouvelle plongée dans l'univers Star Wars mais cette fois-ci par le biais d'un album pour les tout petits tirée de la collection My Little Golden Book, une collection qui à sortit un certain nombre d'album Star Wars pour les enfants dès 2 ans, notamment des adaptations des principaux films, mais aussi comme ici, des récits centrés sur d'autres personnages de la saga.

Cet album est illustré par Shane Clester, qui réalise un très beau travail, dans la continuité du style The Clone Wars tout en simplifiant un peu le traitoffrant de belle planches variées et colorées pour les petits.

Pour l'histoire on retrouve Ashley Eckstein qui est surtout connue dans l'univers Star Wars pour avoir doublé le personnage d'Ahsoka Tano, la padawan d'Anakin Skywalker, dans les différentes saisons des séries The Clone Wars et Rebels. Et cela tombe bien puisque que c'est bien d'Ahsoka qu'il est question ici.

L'album nous retrace simplement et succinctement le parcours de la jeune Jedi en formation et à travers une succession de scénettes nous parle des qualités, des épreuves et de la vie d'un Jedi, mettant l'accent sur l'altruisme, la confiance en soi, la coopération, etc.

Bref un vrai petit livre de motivation et de positivité pour les plus jeunes qui permet aussi d'en faire une porte d'entrée idéale pour faire ses "premiers pas dans un univers plus vaste."


Transmet ce que tu as appris

Et c'est là que j'ai envie de faire une longue digression sur la transmission de ses passions.

Ce n'est pas trop une révélation pour qui suit ce blog ou bien mes comptes sur les réseaux sociaux, mais je suis très fan de la saga Star Wars, et depuis début 2018 père d'une petite choupinette.

Depuis le moment où j'ai envisagé de devenir parent, la question de la transmission m'a pas mal travaillé. Pour plein de choses, mais principalement la lecture et Star Wars.

Pour la lecture, c'est en bonne voie puisque Minipuce possède déjà une bibliothèque bien remplie et est habituée à l'objet livre depuis ses tout premiers mois.

Nous lui lisons très régulièrement des histoires, et parfois elle pourrait passer des heures sur le fauteuil à nous ramener ses piles de livres.


Pour Star Wars, nous avons longtemps discuté et réfléchis avec ma compagne sur le moyen, le moment, les conditions de l'initiation à Star Wars (oui ça fait un peu culte mais... si, c'est un peu ça il faut avouer).

Nous sommes finalement arrivé à un consensus sur les conditions. Ce serait avec l'épisode 4 bien sûr et forcément dans l'ordre de production, donc 4,5,6,1,2,3, etc., le tout religieusement installés ensemble sur le canapé. Pour l'âge, hé bien... ça restait encore en suspens. Probablement entre 5 et 8 ans selon sa maturité, son intérêt pour les formats visuels long, bref, cela s'affinerait avec le temps.

Il y a un dicton qui dit "Avant j'avais des principes, maintenant j'ai des enfants", qui signifie en gros que toutes les prévisions, les idée, les décisions prises avant la naissance de sa descendance vont de toute façon se heurter à l'indestructible mur de la réalité de la parentalité pour voler en éclats.

Car un enfant c'est en fait relativement imprévisible. On peut avoir de grandes lignes directrices pour l'éducation mais au final, la seule chose importante dans la parentalité c'est je pense l'adaptabilité. Au caractère, aux situations qui parfois nous empêche d'agir comme on le voudrait, nous font remettre en cause nos choix, etc., et il est illusoire et même très contreproductif parfois de s'agripper coûte que coûte à certaines choses juste parce que l'on avait décidé que "ce sera comme ça parce que c'est mieux et que sinon ça ira pas", parce qu'au final, lâcher du leste sur des principes permets souvent d'avoir des relations plus sereine, et c'est quand-même assez important (confinement et dessin animé à gogo, je pense à vous ^^).

Tu as fait tes premiers pas dans un univers plus vaste

Bref, je m'éparpille, mais tout ça pour dire qu'il y a une chose que je n'avais pas du tout anticipé dans mon merveilleux plan d'initiation à Star Wars, c'est à quel point j'en suis fan et à quel point cela imprègne ma vie quotidienne.

Je n'avais pas imaginé qu'en prenant mon café, Minipuce demanderait à 18 mois "quoi c'est" en pointant du doigts les illustrations de Stormtroopers sur ma tasse.

Je n'avais pas pensé qu'elle s'amuserait, à deux ans, à rester à côté de moi pendant que je monte un lego du vaisseau de Dark Maul et qu'elle reconnaitrait le personnage en figurine sur l'étagère, puis sur mon t-shirt. "c'est dak mol papa ?"

Je n'avais pensé non plus qu'elle s'amuserait à sortir les comics des étagères pour se poser et les regarder tranquillement pendant des heures.

Je n'avais pas envisagé que je lui donnerais quelques vieilles figurines pour jouer et qu'à maintenant 2 ans presque et demi elle serait capable de me dire Kenobi quand je dis Obi Wan, de reconnaitre C-3PO, Chewi, Yoda, Dark Vador et bien d'autres personnages de la saga.

Excerce ta volonté à renoncer à ce que tu redoutes de perdre

Ce fût compliqué quand je me rendit compte que je n'allais pas réussir à préserver son esprit de toute cette connaissance avant LE moment fatidique où enfin elle découvrirait Star Wars comme moi je l'ai découvert. Ce fût compliqué, et ça l'est encore un peu malgré tout, d'accepter que peut-être quand elle verrait l'empire contre attaque, elle saurait déjà qui est Vador pour Luke. Que la première apparition de Yoda ne laisserait pour elle aucun mystère sur l'identité étrange de ce petit être verdâtre et facétieux, compliqué d'accepter que son Star Wars, ne serait pas mon Star Wars.

Mais c'est dans l'ordre des choses. Déjà moi-même suis énormément influencé par la prélogie, et j'y ai un attachement que mes ainés, ceux qui m'ont initié à Star Wars n'ont pas eu de part notre différence d'âge. Car même si j'ai découvert Star Wars jeune, vers 7 ans, avec Un Nouvel Espoir, je n'avais que 16 ans quand La Menace Fantôme est sortie et toute cette nouvelle facette de Star Wars à durablement influencé l'attachement que j'ai pour cette saga.

Et depuis, cet univers c'est encore agrandit. Il y a de nombreuses séries animés pour tous les âges, plus de 10 films, une série en cours et d'autre en préparation et ma fille entre ainsi dans un univers plus riche, plus vaste, plus diversifié que celui que j'ai découvert, et en fait, c'est pour le mieux.

Non, je suis ton père

Son Star Wars sera différent du mien, son attachement à la saga aussi, si jamais il se crée d'ailleurs. Car on peut faire des tas de choses pour favoriser les goûts de nos enfants, les initier, leur proposer, mais au final, ils se façonnent, ils décident et font leur propres choix et mon rôle de parent et de l'accompagner sur cette voie, et pas de lui laver le cerveau (même si en lui donnant un petit sabre laser plastique à sa taille c'est un peu ce que je fais quand-même hein).

Et c'est pour ça que finalement j'ai décidé de lui acheter I am a Padawan. Parce que c'est une chouette porte d'entrée dans cet univers qui propose de beaux message. Parce qu'il est accessible. Parce qu'il met en scène l'un des meilleurs personnage de la saga, et que ce personnage est une jeune fille puissante, courageuse, altruiste, honnête, qui sait se remettre en question, qui grandit et évolue, bref un rôle modèle comme on en avait peu en réalité quand moi j'ai découvert Star Wars.

Et pouvoir lui montrer une Jedi à laquelle elle pourra s'identifier si elle le souhaite, un modèle d'héroïne inspirante vers qui regarder, bah ça vaut complètement le coup, parce que dans notre monde patriarcale, la principale chose que je veux essayer de transmettre à ma fille, c'est le courage et la force dont elle aura besoin pour grandir sereinement.

[Star Wars] L'Ascension de Kylo Ren - Charles Soule & Will Sliney

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The Rise of Kylo Ren

Marvel // 2020 // 4 épisodes
Scenario : Charles Soule
Dessins : Will Sliney
Sortie VF prévue en septembre 2020

Voici une minisérie qui était attendu. L'ascension de Kylo Ren, qui aurait pu aussi s’appeler La Chute de Ben Solo.

L'histoire démarre juste après le flashback de Last Jedi où l'on découvre la confrontation Ben / Luke et la destruction de l'académie Jedi de ce dernier.

Ben court se réfugier chez Snoke qui semble le travailler au corps depuis un moment pour l'attirer tranquillement vers le côté obscur.

Ben est perdu et à l'air de trouver chez Snoke la figure paternelle qui lui manque, et pour tâcher de mettre un peu d'ordre dans ses idées, il part en quête des chevaliers de Ren.

La majeur partie de l'histoire se concentre donc sur la quête de Ben pour trouver les chevaliers de Ren, sur sa confrontation avec eux et la traque de Ben par 3 padawans rescapés, le tout entrecoupés de quelques flashback présentant son initiation à l'académie Jedi.

Si le comics n'est pas sans défaut, c'est vraiment une des lecture des plus enthousiasmante concernant la postlogie. Enfin on a un aperçu de l'académie de Luke, de ses Jedi en formation, de la relation entre Ben et Luke, et des aperçus de Snoke avant l'arrivée du Premier Ordre sur le devant de la scène.

Les liens avec l'épisode IX sont là, (avec une belle retcon des familles concernant la destruction de l'académie) et il vaut mieux avoir vu ce dernier avant de lire cette mini série.

Au rang des défauts, on dira que c'est beaucoup trop court, qu'il manque des connections avec l'excellent roman Liens du Sang, qu'on aurait voulu voir plus de détails sur Ben avant, sur la manière dont Kylo se fait connaitre de la galaxie, etc.

Côté dessins, c'est plus que moyen. Si les composition sont très correct, le trait est parfois assez caricatural et la colorisation laisse à désirer.

Quoi qu'il en soit, cette mini série est dans l'ensemble une bonne lecture et l'on espère qu'elle sera suivi d'autres oeuvres, comics ou livre, approfondissant encore un peu le passé de Kylo Ren/ Ben solo, de Snoke et du Premier ordre.



L'ascension de Skywalker - quelques reflexions

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Star Wars Episode IX : The Rise of Skywalker

Bon ça y est !!! J'ai enfin vu le dernier volet de la Saga Skywalker, qui clôture ce pan de l'univers Star Wars. Enfin jusqu'à ce qu'on ai la suite en comics, roman et peut-être nouveau film ?!

Bref Star Wars ne mourra jamais quoi :)

Enfin du coup j'avais envie de revenir sur quelques point de ce dernier film qui m'ont marqué. Je  ne vais pas faire une chronique exhaustive, mais du coup attention ce sera plein spoilers !

Les origines de Rey et le retour de Palpatine

J'ai adoré The Last Jedi, pour sa déconstruction du mythe, et le fait de ne pas donner d'ascendance prestigieuse à Rey allait dans cette direction. Tout le monde peut être un Jedi, le sang n'importe pas.

Bon du coup JJ Abrams à décidé que Rey était la petite fille de Palpatine. Ok. Pourquoi pas.

C'est pas illogique d'imaginer qu'un vieux politicien verreux devenu empereur de la galaxie ait des enfants cachés un peu partout, et le côté je vais projeter ma conscience dans ton corps pour revenir plus jeune et plus fort ça me plait à fond. Et bien sûr tout cela rappelle fortement le comics Dark Empire, publié entre 1991 et 1995 qui nous raconte le retour de l'empereur cloné et qui est dans mon panthéon personnel des œuvres de l'Univers étendu Légende.

Alors oui, ça sort de nulle part, puisque le retour de Palpy est expliqué par une phrase au début du texte déroulant et que rien dans les précédent film n'annonce l'ascendance de Rey. Mais pour peu qu'on accepte le postulat, cela fonctionne plutôt bien, avec une Rey qui lutte pour prouver qu'on est pas définit par nos origines mais par nos actions.

La rédemption de Ben Solo et le lien avec Rey

Là encore, j'avais l'impression que Rian Johnson avait détruit cette possibilité en faisant de Kylo Ren le leader du Premier Ordre. Il enterrait définitivement tout espoir de revenir en arrière et j'aimais ça. Après tout, après avoir commis le parricide, y-avait-il une lueur de Ben en Kylo.

Pour JJ Abrams oui. Et... ok. Oui c'est déjà vu, oui on a un énième bad guy romantisé qui revient. Oui. MAIS Adam Driver. Voilà.

Bon je développe. Adam Driver et Kylo, m'ont marqué depuis le début de cette trilogie, cet acteur est parfait dans ce rôle, il apporte toute une palette d'émotions et de nuances au personnages, il est vraiment phénoménal. Pour preuve son jeu après sa rédemption en tant que Ben. Il est transformé, ce n'est vraiment plus la même personne. Plus la même tension sur son visage, dans ses postures, une insolence qui rappelle celle de Han Solo mais avec la retenu de Leia et la Force des Skywalker.

Il est parfait.

Le basculement au moment de la mort de Leia est peut être trop rapide, je ne sais pas, il me faudrait d'autres visionnages. Je pense que toute l'influence de son lien avec Rey a fait une grosse part du travail. D'ailleurs, je suis très heureux de voir que JJ Abrams à conservé ce point de Last Jedi et l'a poussé plus loin encore.

Seul point éventuellement négatif... Le baiser. Ben se sacrifie finalement pour Rey, il donne sa vie pour elle et au moment de mourir, ils échangent un baiser. Sur le coup j'étais vénère. Il la torture, la traque et la manipule depuis 3 film, on veut pas voir ça. On ne veut pas encore d'une relation toxique romantisée merde !

Mais avec le recul, il n'y a pour moi aucune tension romantique dans ce baiser. J'y voit un élan d'affection, quelque chose de fort, mais pas de lien romantique. Je pense que dans d'autres circonstance, Rey et Ben seraient devenu de grand amis, des compagnons inséparable, unis dans la Force et c'est ce que j’entraperçois ici.

Poe et Finn et la représentation LGBT...

*sigh* Quelle tristesse, quelle occasion manqué. Quand je repense à ce merveilleuse alchimie entre les deux personnages... Il y avait moyen de faire quelque chose de magnifique entre ces deux là, mais... le pognon potentiellement perdu dans certains pays avec une romance gay entre deux persos à gagné.

Naaaaan, à la place, on a JJ Abrams qui tease de la représentation LGBT dans le film et au final on a une scène de baiser lesbien entre deux persos anecdotique que tu rates si tu clignes des yeux au mauvais moment. Une scène tellement anecdotique qu'elle a été coupé au montage pour la sortie du film dans certains pays bien homophobes...

Et puis on a le perso de Zorii, une femme venu du passé de Poe qui est au demeurant fort cool, même si peu développée, mais avec qui on essaye de nous forcer l'hétérosexualité de Poe. C'est rageant et ça ne fonctionne pas. De la même manière, Finn semble vouloir faire une déclaration d'amour à Rey. C'est sans aucune subtilité, mais HEUREUSEMENT, rien n'est jamais dit explicitement. Résultat, rien ne vient vraiment invalider la possibilité de Poe/Finn dans ce film, même si tout est fait pour nous le laisser supposer, comme si la production essayait de marcher sur le fil sans vraiment se décider...

Le scandale de Rose

Rose est un des meilleurs perso secondaire de cette trilogie. Apparut dans Last Jedi, elle y est fortement caractérisée, bien développée, et représente les sans voix, le petit peuple qui subit les héros inconscient et qui fait son job. Elle est la prolétaire qui fait prendre conscience à Finn de l'importance du combat, de pourquoi on se bat et de pourquoi il faut vivre.

Et elle a moins de 10 lignes de dialogues et 3 min à l'écran dans Rise of Skywalker. C'est juste un scandale. Avec tout le harcèlement raciste et mysogine qu'a subit l'adorable actrice Kelly Mari Tran après la sortie de Last Jedi, ça sonne comme une reddition de la production face à cette frange toxique et gerbante du fandom Star Wars.


Bon, voilà, cette fois c'est fini pour la saga Skywalker (enfin, on verra bien ^^).

Quoi qu'il en soit, j'ai passé un très bon moment avec ce dernier film, malgré ses imperfections et sa légèreté. Ce que je retiendrais de cette trilogie, ce sera de belle choses, d'ecellent personnages, mais un manque flagrant de vision à long terme.
En attendant il reste l'univers étendu, et puis de nouveaux films à venir qui explorons de nouveaux pans de cette univers infini !

Binti - Nnedi Okorafor

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Binti - Nnedi Okorafor 
ActuSF - Naos // 2020 (VO : Binti 2015 & Binti Home 2017) // 320 pages

Aujourd'hui on part dans l'espace avec la série jeunesse Binti de Nnedi Okorafor.
Nnedi Okorafor est une autrice américaine d'origine nigériane, qui participe au courant afrofuturiste qui vise à développer un imaginaire SF en lien avec le continent africain, ces nombreux peuples et tradition variés afin de sortir d'une vision trop occidentalo-centrée. 
Cette série est composé de 3 novellas (Binti, Binti: Retour et Binti: The Night Masquerade) et d'une nouvelle (Binti : Feu Sacré). Le premier texte eponyme, publié en 2015 a remporté cette année là le Nebula de la meilleure novella et en 2016 le prix Hugo de la meilleure novella.
Publié en France par les éditions Actu SF dans la collection Naos, un label jeunesse commun aux indés de l'imaginaire, ce premier volume intitulé Binti reprend donc les deux premières novellas ainsi que la nouvelle se situant entre les deux. The Night Masquerade, ultime (pour l'instant) volet de cette série sera publié en principe l'an prochain.

Binti est une jeune fille Himba de 16 ans, un peuple du nord de la Namibie réputé pour une pratique qui consiste à s'enduire le corps et les cheveux d'Otjize, un mélange de terre ocre et de graisse qui les protège notamment de l'ardeur du soleil. Binti est une surdouée en math et une harmonisatrice, elle voit les équations et est capable de générer une sorte de courant électrique, et surtout Binti a reçu une lettre l'invitant à rejoindre l'université d'Oomza, un établissement situé à plusieurs systèmes solaire de là. Le problème, c'est qu'aucun Himba n'a quitté la Terre et que sa famille ne voit pas d'un très bon oeil cette invitation. Mais Binti a pris sa décision et elle part pour les étoiles en quête de connaissance, une quête qui va s'avérer semer d'embuches et qui va la confronter à elle même, aux autres et à sa famille.

Évacuons tout de suite les points qui peuvent coincer. Binti est une œuvre jeunesse et ça se sent. C'est parfois naïf, notamment dans la résolution du conflit entre les Méduses, un peuple alien ennemi héréditaire des Koush, un peuple humain qui traitent avec mépris et parfois haine les Himba que la peau plus sombre et la pratique de l'otjize rebute...
L'histoire est basée sur une coïncidence un peu forte, un device ex-machina pourrait-on dire. Binti possède un Edan, un morceau de technologie antique et mystérieux trouvé dans le désert pendant son enfance et qui va s'avérer crucial pour affronter les Méduses, pour discuter et résoudre le conflit.

Parlons maintenant de ce qui fait le grand intérêt de ce livre

Binti, l'héroïne de l'histoire est attachante, et son parcours intéressant. L'univers, les cultures abordés permettent d'ouvrir au monde, et c'est passionnant de découvrir cela par les yeux de Binti.
Les thématiques abordés par les textes sont variés, on y parle de racisme bien sûr par la manière dont sont traités les Himba par les Koush. On y parle des conséquences de la guerre, de la faculté à pardonner à l'ennemi pour des conflits qui nous ont touchés mais dont les raisons ne nous concernent pas.

On y parle aussi du poids des traditions, d'une manière très fine et complexe. Il y a la façon dont celles-ci peuvent être une entrave à l'apprentissage, un frein à l'émancipation et aux désirs individuels. Mais Okorafor apporte de la nuance en montrant aussi comme ces traditions qui peuvent être un poids sont parfois aussi un ancrage salutaire dans ses racines quand on quitte son foyer pour s'ouvrir au monde.

Binti : Retour poursuit encore la réflexion en abordant comme son nom l'indique le retour aux sources. Comment retrouver sa famille, ses racines, sa culture et accepter tout de celle-ci quand on a été confronté à un univers si vaste et si cosmopolite ?
Peut-on retrouver sa place comme si de rien n'était ? Peut-on renouer les liens brisés avec ceux qui n'ont que rancœur envers nous pour avoir ainsi trahit notre identité ?

La question de l'identité se pose aussi beaucoup. Binti est transformée part son émancipation des règles stricts des Himba et sa découverte de l'université, mais elle est aussi transformée physiquement à un certains point du récit, et une nouvelle rencontre va finir de renverser toutes ses certitudes sur qui elle est ?
Peut-elle se raccrocher à son identité Himba ? N'est-elle pas plus que ça, un pont entre les cultures, les espèces ? Les identités sont changeantes, fluctuante, rien n'est figé et Binti va devoir le comprendre pour accepter pleinement toutes les facettes de son être.

Toutes ces questions sont abordées avec justesse, et l'identité de Nnedi Okorafor, une femme noire, au carrefour de deux cultures, expérimentant régulièrement le racisme de plein fouet, n'est pas étranger à cette finesse dans ces interrogations.

Binti est une œuvre de SF jeunesse plus que réussie et une excellente porte d'entrée pour un jeune public novice qui voudrait s'initier au genre. C'est une œuvre riche et originale qui pousse à la réflexion sur des sujets peu abordés dans le genre ou en tout cas pas avec ce point de vue et cette réussite.

D'autres avis : Célindanaé, Feydrautha, Lutin, Blackwolf, Lune, Tigger Lilly

https://les-lectures-du-maki.blogspot.com/2019/12/le-projet-maki-presentation-inscriptions.html

Une madeleine nommée Narnia

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J'étais motivé, j'avais fait tout un programme pour participer au challenge de Lune, mais mon habituelle gestion catastrophique du temps aura eu raison de moi encore une fois.
Malgré tout, j'ai réussi à relire un livre et devant l'avalanche de cancre, Lune dans sa grande bonté nous a donner un délais supplémentaire pour publier une chronique pour le challenge.
à la base, je voulais me relire tout le cycle de Narnia, mais finalement cela n'aura été que le premier tome (en content l'ordre de publication).

Ha Narnia, si la série a été grandement popularisée par la sortie du film de Disney en 2005 (Omagad, 15 ans !!!!!), pour moi, cette saga littéraire évoque avant tout le parfun de moquette poussiéreuse et de livre jauni de la bibliothèque où je passais mes mercredi après-midi dans mon enfance.
Narnia c'est les éditions de la Bibliothèque du Chat Perché avec leur couverture cartonnée, leurs couleurs hasardeuses et leurs illustrations de couverture surannée.
J'ai encore en mémoire la première fois que j'ai sortie cet exemplaire des rayonnages, attirée par le mot "Magique" comme c'était souvent le cas à cette époque, vers 8/10ans.
Et puis l'émerveillement. Une armoire, qui permet de quitter ce monde si cartésien et sans magie pour découvrir tout un univers fantastique où les créatures de mythes sont tangibles, où un lion majestueux vous adoube Roi ou Reine d'une contrée merveilleuse ?!
J'aurais signé sans hésiter en ce temps là ! Et d'ailleurs j'ai souvent essayé moi-même de trouver un passage vers ce pays mythique, en inspectant le fond de mon armoire ou en me perdant au milieux des manteaux dans le dressing de mes parents ou les placards de ma grand-mère.
Narnia c'est ça pour moi. C'est j'ai 9 ans et je dévore les aventures de Peter, Susan, Lucy et Edmund. Je rencontre le Prince Caspian, je suis amis avec Jill et Eustache, j'échappe moi aussi à mon quotidien compliqué, je rêve un peu plus et je met de la magie dans mon existence.
Alors cette relecture, ça donne quoi ? 
Peu importe en fait, ce qui compte c'est que j'ai retrouvé ce petit garçon timide et solitaire qui grattait au fond de l'armoire et que j'ai rêvé encore un peu avec lui.

https://unpapillondanslalune.blogspot.com/2019/11/challenge-hivernal-madeleine-de-proust.html

I sexually identify as an attack helicopter - Isabel Fall

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I Sexually Identify as an Attack Helicopter - Isabel Fall
Clarkesworld Magazine // 2020 // 20pages
 
Cet article est la reprise d'un thread publié sur mon compte twitter.
Il y a peu de temps, j'ai lu la nouvelle de SF "I sexually identify as an attack helicopter" par Isabel Fall publié dans le numéro 160 de la revue américaine Clarkesworld et disponible gratuitement en ligne.
J'avais pas mal hésité à en parler à cause d'une polémique assez violente qui s'est abattue sur l'autrice, qui a du coup pris la décision de retirer le texte du site. Mais, je trouve ce texte très bon et je déplore ce qu'il c'est passé et la manière dont c'est arrivé. 

Pour ceux qui ne sont pas familier de la chose, le titre de la nouvelle fait référence à un même transphobe.

Le texte décrit un futur proche dans des USA éclatés en différentes factions politique dirigés par des IA et où la guerre est permanente, incompréhensible mais inévitable. Le point important est que l'armée a décidé de militariser et d'exploiter la notion de genre.
On se retrouve donc avec un.e protagoniste dont le genre est Attack Helicopter. 
Alors ok, dit comme ça, ça parait très con, voir très moqueur. Cependant, le premier point à savoir c'est que l'autrice est une femme transgenre, qui a d'ailleurs du s'outer à l'issue de la shitstorm déclenchée par sa publication.
Ensuite, il suffit de lire la nouvelle pour se rendre compte que l'on se retrouve clairement dans un texte profondément ironique qui cherche à se réapproprier un terme, à retourner le stigmate comme c'est régulièrement le cas pour les minorités opprimées. 
Et dernier point, le texte est assez brillant dans la manière dont il aborde le genre, dont il aborde le rapport que l'on a son genre, la manière dont les rôles genrés peuvent être des performances pour beaucoup de personnes et la manière dont ces performances façonne le monde.
Can you tell me honestly that killing is a genderless act? The method? The motive? The victim?
When you imagine the innocent dead, who do you see?

Pouvez vous honnêtement dire que le meurtre n'a pas de genre ? La méthode ? Le mobile ? La victime ?
Quand vous pensez aux victimes innocentes, qui voyez-vous ?
(Libre traduction approximative de ma part)
Il faudra aussi noter la description très intéressante d'un futur militarisé à l'excès ou la guerre n'a plus d'autre sens que d'être, et c'est dans cette optique que le militaire c'est emparé du genre afin de naturaliser un état de guerre permanent qui n'a aucun sens.
  
Concernant ce qui a poussé l'autrice a retirer le texte et la réception d'une partie de la communauté des personnes transgenre, c'est délicat pour moi d'en parler bien sûr car je ne suis pas concerné. On pourra souligner que le texte est un ownvoices (c'est à dire écrit par une personne concerné par le sujet abordé), qu'il a été relu par des Sensitivity Readers (des personnes issus de minorité sociales qui peuvent être embauchées pour relire des textes afin de donner leur ressenti sur des points les concernant, le but étant avec ces relectures d'obtenir des textes justes, qui sortent des stéréotypes et qui offrent des représentations cohérentes) mais au final, bien sûr que ça n'invalide pas le ressenti des personnes qui ont été blessé par la manière dont Isabel Fall dépeint et aborde le genre, la transition ou la dysphorie de genre dans son texte.

Some people say that there is no gender, that it is a postmodern construct, that in fact there are only man and woman and a few marginal confusions. To those people I ask: if your body-fact is enough to establish your gender, you would willingly wear bright dresses and cry at movies, wouldn’t you? You would hold hands and compliment each other on your beauty, wouldn’t you? Because your cock would be enough to make you a man.
Have you ever guarded anything so vigilantly as you protect yourself against the shame of gender-wrong?

Certains disent que le genre n'existe pas, que c'est une construction postmoderne, qu'en réalité il n'existe que les hommes et les femmes et quelques aberrations marginales. A ceux-là, je demande : si votre biologie est suffisante pour établir votre genre, vous n'hésiteriez pas à porter des robes brillantes, à pleurer au cinéma non ? Vous vous tiendriez par la main, complimenteriez votre beauté n'est-ce pas ? Parce que votre bite serait suffisante pour faire de vous un homme.
Vous êtes vous déjà protégé autant que face à la honte d'être mégenré ?

(Libre traduction approximative de ma part)

Alors quoi ? Est-ce qu'on peut parler de censure ? Pas vraiment, le texte est toujours disponible dans la version papier du magazine. Est-ce que les réactions étaient disproportionnée ? Étant donné qu'elles ont forcé l'outing de l'autrice, peut-être ?

Les seules choses dont je suis sûr, c'est que le texte est très bon et qu'il apporte des choses que l'on voit trop peu en SF. Et l'autre chose, c'est qu'il est des sujets qui malgré toutes les précautions, les réflexions et les remises en question seront toujours très sensibles et que l'ironie, la satyre et le retournement du stigmate sont difficiles à maniés avec clarté pour chacun


https://les-lectures-du-maki.blogspot.com/2019/12/le-projet-maki-presentation-inscriptions.html

Lolita - Vladimir Nabokov

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Lolita - Vladimir Nabokov
Folio // 2005 (1955) // 532p

Qu'est-ce que ça vous évoque "Lolita" ? 

A une époque, quand j'entendais ce nom, je pensais aguicheuse, provocatrice, délurée, et tout ça accolée à des jeunes filles, des ados. Du roman de Nabokov que je ne connaissais pas vraiment, j'avais l'idée d'une histoire complaisante de pédophilie qui mettrait en scène ce genre de personnage.
J'avais tort.
Il y a peu, je suis tombé sur cette archive de l'INA ou Nabokov remet Bernard Pivot à sa place et clarifie son propos. Il se désole aussi de la manière dont le public a perverti l'image de Lolita, en a fait un jeune fille perverse et manipulatrice là où elle n'est pour lui qu'une enfant victime.

Mais de quoi ça parle Lolita ?

Dolorès "Lolita" Haze est une américaine de douze an pour qui Humbert Humbert, un pédophile européen d'une bonne 40aine d'année, va développer une obsession malsaine.
Par un concours de circonstance, dont le décès accidentel de la mère de Lolita, il va se retrouver tuteur de l'enfant et va l'isoler de ses proches durant de long mois pour abuser d'elle en tout impunité.
Durant 500 pages, Nabokov nous propose de passer du temps dans la tête d'Humbert Humbert (HH) depuis son enfance jusqu'à l'acte qui le conduira derrière les barreaux.
Le roman est raconté du point de vue d'HH, à la manière d'une confession, alors que celui-ci croupis en prison. Et donc durant 500 longues, voir très longues pages, nous avons un vieux mec blanc pédocriminel qui va tenter de justifier son comportement, essayer de se faire passer pour un bel érudit victime des circonstances, nous détailler l'amour obsessionnel qu'il pense éprouver pour Lolita en particulier et les "nymphettes" (de très jeunes filles qu'il sexualise à outrance) en général. Il va aussi nous dépeindre Lolita comme une enfant manipulatrice mais parfois, dans un éclair de lucidité reconnaitre à demi mot le mal qu'il lui a fait.

Une lecture pénible

Bon soyons clair, j'ai franchement détesté ce livre, mais pas pour les raisons qu'on pourrait croire, et il m'a été très très pénible à lire.
Pour peu que l'on soit attentif, il ne peut y avoir d’ambiguïté. HH est un pédocriminel, il manipule Lolita, profite de sa jeunesse, voir de sa naïveté, exploite (ce que l'on pourrait qualifier de "crush d'ado") l’intérêt que lui porte l'enfant, et la viole longuement et à de multiple reprise laissant au final une jeune fille traumatisée dont le compas moral finit passablement dérangé...
Le propos du livre concernant HH est univoque, celui-ci est un manipulateur dangereux, un narrateur non fiable dont il faut se méfier de chaque mot posé sur la page, on ne peut lui faire confiance et à ce titre certaines descriptions de ses moments d'intimité avec Lolita sont impérativement à contextualiser.
S'il y a une chose avec laquelle je suis d'accord, c'est qu'il me parait important que la littérature s'attache à dépeindre des personnages détestable, mauvais, et à le faire bien. Il y a un enjeux fort dans le fait de montrer que le mal n'est pas aussi clair, que les être humains sont complexes, animés de vastes et nombreuses motivation et surtout que les monstres n'existent pas.
Parler de monstre, assimiler les actes délictueux, criminels et horribles au seuls fait de monstres c'est fermer les yeux sur le fait que c'est la société qui produit ces individus. Ne pas reconnaître leur humanité c'est nier notre responsabilité collective à faire en sorte que nos sociétés mettent en place les conditions pour que ces actes n'arrivent pas. Dire que quelque chose est monstrueux, c'est renoncer à changer le monde, c'est la plus lâche des excuses.
Et en ça, ce livre est une réussite, puisque HH nous est dépeint avec complexité, il n'est pas un monstre, c'est un être humain qui a un problème et qui bénéficie d'un contexte propice, d'une éducation favorable, et finalement de la complaisance de beaucoup de monde.
Pourquoi est-ce que j'ai détesté cette lecture alors ?
Déjà, c'est long, très long, voir chiant, le style est loin d'être marquant et les atermoiement d'HH ne sont pas vraiment les choses les plus agréables à supporter. Ensuite, et malgré le talent de l'auteur pour décrire un personnage complexe, à aucun moment on ne peut ressentir de sympahie pour HH, et étant le seul point de vue sur l'histoire il est difficile alors de maintenir son interet en dehors d'un désir voyeuriste de savoir comment cela va finir.
Ensuite, ce roman apparaît comme relativement vain au vu de ce qu'il en reste et de l'image négative de la Lolita qui reste auprès du grand public.

De la réception de l'oeuvre

Une chose m'interroge beaucoup, c'est la reception de cette œuvre et la vision déformée de ce que la Lolita ou la nymphette représente dans l'imaginaire collectif.
Nabokov est clair dans son interview, et comme on l'a vu, il ne peut y avoir d'ambiguité sur son propos. Pourtant nombreuses sont les personnes à voir Lolita comme perverse, comme en partie responsable de ce qui lui arrive.
On se souviendra aussi de la « mode des lolita » au début des année 2000... Britney Spears, Alizée, Christina Aguilera, etc. Que des jeunes filles sexualisé par les leur prod et par les media et de manière franchement écoeurante.
Du coup voilà, on se retrouve avec cette idée que Lolita l'a bien cherché, qu'elle provoque et que c'est un peu normal si un vieux mec de 40 ans ai envie de la baiser...
On pourrait évoquer les visuels de couverture qui présente souvent des filles plus agées que celle du roman et avec des angles sensuels, parfois des poses sexualisés. Peut être que cela contribue à fixer une certaine image auprès du public, mais si ces visuels sont là, ils sont le fruit de choix editoriaux et donc d'une vision de l'oeuvre déjà ancrée dans ceux qui font ces choix.
Il y a le film de Stanley Kubrick peut-être. Si Nabokov est crédité au scénario, il ne reste en réalité quasiment rien de son travail dessus et le film semble prendre des liberté avec le livre et présenter une relation beaucoup plus sensuelle, édulcorant les manipulations et viol d'HH. (Je n'ai pas encore trouvé le courage de voir le film...)

De la culture du viol et de la culpabilisation des victimes

J'ai commencé à lire quasiment au même moment que Lolita, Une Culture du Viol à la Française de Valérie Rey-Robert, une lecture qui par bien des aspects peut être extrèmement éclairante sur la réception de Lolita par le public.
On pourrait se poser mille question sur pourquoi beaucoup de personnes continuent de culpabiliser Lolita, sur la faute des représentations, mais la réponse apparaît très clairement.
Nous vivons tout simplement dans une société où il est accepté de rendre responsable les victimes de ce qui leur arrivent. Le nombre de violeur condamné avoisine les 1%, les idées reçus sur le viol parasitent le crédit qu'on accorde aux victimes, et même actuellement, on continue de considérer qu'une jeune fille de 11 ans peut donner un consentement éclairé auprès d'un adulte de 28 ans..
On ne croit pas les femmes, on ne croit pas les enfants, on continue de considérer ces dernières comme des manipulatrices, et partant de là, on est fatalement conditionné à excuser voir romantiser le comportement d'HH et à blâmer Lolita pour des comportements dont elle n'a pas conscience de la portée. On pourra rappeler la toute récente médiatisation de l'affaire Matzneff où tout un aréopage de ses pairs continue d'excuser et de justifier ses viols et manipulation sur une enfant de 14 ans !

Un livre vain.

Je l'ai dit, cette lecture m'apparait comme extrêmement vaine.
Dans une société où la parole est plus souvent donnés aux agresseurs qu'aux victimes, a-t-on besoin encore de lire le récit d'un prédateur de cette manière ?
Alors que des Matzneff sont impunis, que des DSK prospèrent, qu'en tant que société nous ignorons la majorité des victimes de viols et violences sexuelles, est-il utile de lire le réçit romancé d'un homme qui leur est si semblable, blanc, aisé, éduqué, manipulateur, violeur et impuni ?
Bien sûr qu'il nous faut des histoires qui mettent en scène le mal, bien sûr qu'il faut que ces histoires soient profondes, nuancée, voir même ambiguë. Mais il est aussi et surtout primordial de donner la voix aux victimes, d'être clair sur les dégâts infligés, d'être sans complaisance avec ces hommes et surtout, surtout, il est indispensable de montrer des histoires de résilience.
J'ai la conviction profonde que la littérature peut être un formidable moteur de changement par la force de ses représentations et Lolita, malgré l'intention de son auteur, malgré parfois la finesse d'écriture tombe dans l'écueil de sortir dans une société qui ne pouvait que pervertir son propos.
Le roman n'est pas mauvais en soi, il est juste, perspicace, clair, mais la focale choisi ne pouvait que le desservir. Au final, la postérité ne retient que l'histoire d'amour sulfureuse entre une jeune adolescente et un adulte là où il n'y a que la prédation et le viol, et elle ne s'en inquiète pas.