Dans le sillage de Poséidon - Alastair Reynolds

Posted by with 1 comment

 
Dans le sillage de Poséidon - Alastair Reynolds
Bragelonne // 2017 (VO 2015) // 648p  
 
Enfin ! Avec ce 3e tome, je termine la trilogie des enfants de Poséidon entamé en 2016 avec La Terre bleue de nos souvenirs.

200 ans ont passé depuis le volume précédent, l'humanité à essaimé dans la galaxie et on retrouve une fois encore la famille Akinya. D'un côté Goma Akinya, petite fille de Chiku Verte, sur Creuset, la planète Mandala, une jeune femme qui suit en quelque sorte les traces de sa famille puisqu'elle s'occupe en compagnie de sa femme Ru des derniers Tantors, des éléphants augmenté capable de raisonnement presque humain et doués de parole. De l'autre Kanu, petit fils de Sunday, encore envie si longtemps après la chute du Mécanisme. Il semble avoir tourné le dos aux Aquatique et est désormais ambassadeur sur Mars auprès des population robots avancé de l'Evolvarium.

Ce qui va mettre en route tout ce beau monde, c'est la réception d'un message à destination de Ndege Akinya, la mère de Goma, en provenance de Gliese 163.

Creuset décide de mettre en place une mission d'exploration au très long court, puisqu'il faut compter avec les vitesses relativistes sur un décalage de 300 ans pour un aller retour, afin de répondre à cet appel, avec un espoir, retrouver la trinité, Chiku, le clone robot d'Eunice et la Tantor Dakota partie il y a bien longtemps.

Avec le talent qui le caractérise, Reynolds offre dans la conclusion de cette trilogie  du bon gros "Sense of Wonder". Certains des mystères mis en place depuis 2 tomes trouvent leurs réponses et c'est proprement vertigineux.
Entre artefacts démesurés, intelligences artificielles supérieure, émergence de nouvelles espèces, exploration et voyage étalé sur des centaine d'années, l'échelle de ce 3e livre est gigantesque.

Toutes les réponses apportés par Reynolds ne seront pas entièrement satisfaisantes puisque parfois elles apportent aussi leur lot de nouvelles questions, ouvrent des pistes et laissent en suspens des interrogation philosophique, quasi métaphysique même (je sais, ce mot est interdit dans le fandom depuis vous savez quoi).
Mais malgré tout, c'est une belle conclusion qu'offre ici l'auteur, la fin d'un voyage de plusieurs siècles qui aura vu l'humanité changer, être éprouvée et évoluer vers une issue positive, lumineuse.


 

 

Seul sur Mars - Andy Weir

Posted by with 2 comments

 
Seul sur Mars - Andy Weir 
Milady // 2015 (2014 Vo) // 472pages

J'étais plutôt impatient de lire ce thriller de Hard Science, mais malheureusement, suite à un énorme spoiler concernant la fin du bouquin je l’ai un peu laissé trainer sur la pàl (Oui c'est une excuse bidon vu le nombre de livres qui traînent dessus  depuis... pfiou... au moins !!).

Bref, j'ai enfin pris ma fusée afin d'aller tenir compagnie au pauvre Mark Watney !

Is there life on Mars?

Seul sur Mars donc, c'est l'histoire d'un type qui se retrouve seul, sur Mars... Parti pour une mission d'exploration du sol martien censé duré deux mois (plus deux ans de voyage aller-retour hein), la mission tourne au vinaigre quand au bout de 6 sol (le jour martien, qui dure environ 40 minutes de plus que sur Terre), suite a une tempête trop violente, l'équipage est obligé d'abandonner l'exploration et de redécoller pour rentrer sur Terre.

Malheureusement, durant la manœuvre, un accident se produit et Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers.

Manque de pot, il a en fait survécu mais se retrouve privé de communication, et supposé mort par l'humanité entière qui n'a donc pas de raison de revenir le chercher. Il va ainsi se retrouver l'homme le plus isolé de l'univers dans l'un des environnements les plus hostile qui soit, car ici, tout est extrêmement létal pour l'être humain. Que ce soit la maigre atmosphère, très riche en CO2, ou bien les températures qui descendent régulièrement en dessous des -100 degrés, ou même encore les rayonnements solaire qui le grillerait sur place sans sa combinaison ou la protection de l'abri.

Heureusement pour lui, tout n'est pas perdu car sur place, il y a un abri, équipé de recycleur d'eau et d'air, il y a des provisions pour tenir des mois, et puis surtout, Mark est ingénieur et botaniste, deux compétence cruciale qui vont l'aider a survivre au quotidien et à prolonger sa chance chaque jour un peu plus en attendant que d'hypothétiques secours puisse venir.

It's the freakiest show

Narré sous forme d'un journal que Mark enrichit chaque jour pour raconter ses péripétie, l'histoire va se concentrer donc sur l'ensemble des problèmes qui vont se poser à lui et les ingénieuses solution qu'il va y apporter.

On va ainsi lire le récit de ses recherches et trouvailles pour faire pousser de la nourriture sur le sol stérile de Mars, pour augmenter ses réserves d'eaux en utilisant le combustible resté sur place, ou bien encore pour trouver le moyen de restaurer les communications avec la Terre. L'auteur nous explique en détail chaque étape avec une cohérence scientifique passionnante, qui témoigne d'un impressionnant travail de recherche. Ceci allié au fait que le roman offre peu de temps mort, enchainant les péripéties, les problèmes et les retournements de situations, on se retrouve avec une histoire vraiment très prenante.

Toutefois, le roman n'est pas sans défaut, et au premier de celui-ci, on peu mettre le manque d'épaisseur des personnages. Mark lui-même est assez monolithique, nous apparaissant comme un surhomme au moral à toute épreuve ayant un éventail d'émotion relativement restreint mais heureusement contrebalancé par un humour potache qui arrive à le rendre très attachant (pour peu qu'on accroche a son humour particulier).

Concernant les personnages secondaires, c'est encore plus maigre, ceux-ci n'étant défini que par leur nom et leur fonction.

Côté style, on pourra aussi repasser, le roman ne brille pas par celui-ci. C'est très aride, un peu comme Mars d'ailleurs, et très factuel.

Mais peu importe en fait, car pour peu qu'on soit un minimum intéressé par les sciences ou l'espace, on se régale avec ce roman de Hard Science et on ne le lâche pas du début à la fin.

But the film is a saddening bore

Un petit mot sur le film que du coup j'ai vu dans la foulée.

Globalement, celui-ci est de qualité, Ridley Scott sait tenir une caméra, et Matt Damon est plutôt bon dans le rôle de Mark Watney. Il apporte de l'épaisseur au personnage, présente des failles qui aident à le rendre plus humain et fait preuve de pas mal d'humour.

Mon grand regret par contre, vient du côté scientifique assez réduit. C'est le plus gros point fort du livre, mais le film se concentre beaucoup plus sur l'aspect survie et catastrophe sans entrer autant dans les détails. C'est surement compréhensible, le média étant différent, peut-être que c'est pour éviter de tourner au documentaire.

Par contre ce qui est vraiment dommage, c'est d'avoir sacrifier un certain réalisme au profit du grand spectacle, et notamment lors de deux scènes qui m'ont beaucoup marqués

La première est une scène de sortie extravéhiculaire où les astronautes évoluent sans être attaché, notamment en se jetant d'un élément à l'autre de la structure du vaisseau. C'est ridiculement dangereux, et surtout, dans le roman l'accent est vraiment mis le fait que les astronautes doivent être attachés à ce moment là, et l'un d'eux qui suggère le contraire est vertement rappelé à l'ordre par son commandant.

Et puis, il y a la scène Iron Man... Sans spoiler l'histoire, un astronaute dans le livre suggère de faire un trou dans la main de sa combinaison pour utiliser la fuite d'air comme moyen de propulsion, comme Iron Man... La suggestion est rapidement écarté dans le livre mais malheureusement, on y a droit dans le film.

Je trouve ça très dommage, car ce n'est vraiment pas nécessaire pour avoir un bon film, il faudrait que les réalisateurs cessent d'imaginer que vraisemblance égale chiant.

Bref, lisez le livre, il est vraiment très bien !

 

[Star Wars] Maitre & Apprenti - Claudia Gray

Posted by with No comments

Maitre et Apprenti - Claudia Gray
Pocket // 2019 // 464p

Avec les romans Etoiles Perdues et Liens du sang, Claudia Gray est devenue une autrice incontournable du nouveau canon de l'univers étendu Star Wars dont j'attends les nouveaux romans avec impatience.
Du coup, quand on se retrouve avec un roman situé durant la période de la prélogie, une période un peu délaissé depuis le rachat par Disney mais que j'affectionne particulièrement, et qu'en plus on apprend que ce roman va s'attaquer à la relation qui lie Qui Gon Jin à son Padawan Obi Wan Kenobi, autant dire que l'impatience était très grande de pouvoir lire ce titre !


8 ans avant les évènements de La Menace Fantôme, les relations entre Qui Gon et son Padawan Obi Wan sont relativement conflictuelles. Qui Gon a l'impression de ne pas être à la hauteur d'Obi Wan, de ne pas lui transmettre son savoir comme il le peut tandis que de son côté, Obi Wan trouve son maitre distant et redoute que celui-ci ne soit déçu de son élève.
Après une mission de routine en demi teinte, Qui Gon se voit proposer une place au conseil Jedi. Si cela reste un grand honneur, Qui Gon à besoin de réflexion, d'une part parce qu'il se trouve très souvent en désaccord avec les méthodes du conseil et de l'autre parce qu'accepter le poste l'obligerai à renoncer à former Obi Wan.
Sa décision va bientôt devoir être repoussée quand le conseil reçoit une demande d'aide de Rael Aveross, un Jedi atypique aux méthode peu conventionnelle et ancien disciple de Dooku, car celui-ci requiert expressément l'expertise de son ami Qui Gon.
 
Wahou ! Que dire d'autre à part que ce roman était tout ce que j'espérais et encore plus.
D'un côté, on a donc la relation Qui Gon, Obi Wan qui est exposée et développé, leur différences, leurs doutes, les inévitables conflits. De l'autre, on a une plongé dans les rouages de l'ordre Jedi par le prise de Qui Gon. Et si' l'on savait déjà que des points de frictions existait entre cet ordre millénaire, encrassé par l'immobilisme et la vision plus idéaliste et ouverte de Qui Gon, on ne réalisait pas à quel point la défiance de ce dernier était grande vis à vis du conseil.
Un autre point passionnant est la découverte des prophéties. On connait celle de l'élue grâce à la prélogie, mais on découvre ici qu'elle sont nombreuses, très ancienne et qu'elles ne sont pas forcément très bien considérés par la plupart des Jedi qui laisse de côté cette mystique pour une approche plus pragmatique de la Force. 
La jeunesse de Qui Gon est abordée aussi, son lien avec son ancien maitre Dooku, et globalement, c'est tout un réseau de connexions qui s'établit grâce à ce roman.
 
L'intrigue en elle même n'est pas forcément des plus originale, une mission diplomatique sur planète lointaine, une conspiration à mettre à jour, etc. mais elle réserve quand-même son lot de suprises, et surtout il nous fait découvrir l'ordre Jedi comme jamais, avec ses forces, mais surtout ses faiblesse, sa trop grande implication dans le jeu politique au détriment d'une approche à la fois plus mystique et plus terre à terre. Les Jedi se sont éloignés du quotidien, du peuple, c'est quelque chose que l'on peut voir très clairement dans la saison 7 de la série The Clone Wars avec l'arc sur Ahsoka dans les bas fond de Coruscant, et qui apparait encore plus distinctement ici, en plein coeur de la machine, avec l'un des leurs qui s'oppose ouvertement à leurs choix.

Ce roman est un indispensable pour quiconque s'intéresse aux Jedi, à la prélogie ou tout simplement à Star Wars.
 

Terre Errante - Liu Cixin

Posted by with 2 comments

Terre Errante - Liu Cixin
Actes Sud // 2020 (2000 VO) // 80 pages

Le pitch est simple, le soleil doit se transformer en géante rouge d'ici 4 siècles. Pour que l'espèce humaine survive à ce cataclysme annoncé, les sociétés humaine s'unissent avec un seul but, construire des milliers de propulseurs pour stopper la rotation de la Terre, la dévier de son orbite et finalement l'envoyer dans le vide intersidéral à destination de Proxima du Centaure où 2500 ans plus tard elle ira tranquillement intégrer l'orbite de sa nouvelle étoile.

Ouais. Rien que ça. Alors déjà là, on a le cerveau qui explose en ayant lu ces quelques lignes, mais la réalisation étant du tonnerre, c'est pas fini.

Écrite en 2000, cette courte novella va s'attarder à nous raconter par le regard d'un enfant né peu de temps avant que la Terre n'entame son accélération, toute cette période de grand changement. La société qui évolue, avec notamment des personnes qui deviennent froides, presque sans aucun sentiment, ceux-ci étant devenu futile face à l'extinction programmé et la chance infime de s'en sortir.

On verra aussi comment une pathologie psychique, l'héliophobie se développe pour les terriens vivant du côté de la Terre perpétuellement dans la nuit

Ce n'est pas parfait, les personnages manquent d'épaisseur, sont parfois un peu caricaturaux et certains passages vont trop vite donnant une impression de fouillis.

MAIS ! En 80 pages, et pour peut qu'on fasse marcher sa suspension d'incrédulité Liu Cixin nous offre un voyage vertigineux sur une Terre au bord de la catastrophe. Il explore les changements drastique d'une société qui a pris conscience de son extinction quasi inéluctable et qui tend ensemble vers la survie. Et surtout il offre de purs moment de vertige science fictif, de "sense of wonder". Ça vaut le voyage !

 

 

[TAG] Les incontournables SFFF récents

Posted by with 13 comments

Régulièrement, que ce soit pour conseiller des lectures de plages, ou bien pour constituer une liste de Noël, ou même juste comme ça, la presse généraliste nous propose des listes de classiques, d'incontournables de la SFFF. Quand on est un fervent amateur de ces genres de l'imaginaire, on fait tous le même constat : ses listes sont ringardes, dépassés, recyclés, elles sentent la naphtaline et bouclent sans cesse sur les même roman d'il y 50, 60 ou 70ans. Des romans qui certes possèdent des tas de qualités que je reconnais puisque souvent ce sont des romans que j'ai lu et apprécié, mais des romans qui donnent l'impression qu'en littérature, la SFFF est un genre dépassé, moribond. Une remarque que j'ai entendu régulièrement d'ailleurs de la part de personne ayant grandit avec ces vieux classique c'est "ha oui je lisais de la SF avant, mais j'ai arrêté et puis on a pas fait mieux que [inséré ici vieil auteur mort]". Spoiler, si, on a fait mieux, différent, et on continuera longtemps.

Parce que le temps passe, la société évolue, de nouvelles voix s'élèvent pour raconter des histoires plus en phase avec notre monde. Des histoires prenant en compte des problématique sociales que n'auraient jamais abordé ces vieux auteurs mort à cause de leur appartenance sociale. Des histoires donnant la voix aux sans voix, des histoires aussi riches, si ce n'est plus, que les textes surannés qu'on nous propose sans cesse.

Il est important de connaître son histoire, ces racines, mais il est bien dommage de ne jamais s'en affranchir. C'est un peu le constat que fait toute la blogosphère SFFF, et c'est en partant de ça que Vert du blog Nevertwhere à eu l'idée d'un tag qui permettrait enfin de mettre en avant toute la richesse de cette littérature que nous aimons. 

Le but est de lister 5 à 10 ouvrages publiés après 2000. Alors voilà, ma... heu mes listes. Oui, j'ai accepté de faire moins de 10... par catégorie, parce que c'est trop dur sinon ^^

Science-Fiction


Janus - Alastair Reynolds (2005)

Alastair Reynolds a publié son premier roman L'espace de la révélation au début des années 2000 et j'ai pris un claque. Depuis j'ai aimé chacun de ses titres. Il fait de la SF monumentale, produit du Sense of wonder démesuré et n'oublie jamais de raconter des histoires avec des personnages.

La Justice de l'Ancillaire - Ann Leckie (2013)
chronique

Gros coup de cœur pour ce roman de SF militaire qui bouscule le genre, et les identités de genre. Sa SF synthétise beaucoup de choses faites avant elle mais avec un regard qui lui est propre et qui en fait un roman et une série incontournable.

 

L'espace d'un an - Beckie Chambers (2014)

Du space opera feel good. Un roman qui vaut pour ses personnages, qui fait voyager comme rarement.Un parfum de Firefly mais avec une diversité de personnage qui nous emporte. Et les deux suivants sont aussi bien !

 

Planetfall - Emma Newman (2015)
chronique

De l'anticipation tangible, le sujet de la maladie mentale abordé avec justesse.

 

L'incivilité des fantômes - Solomon Rivers (2017)

Un premier roman coup de point qui s'attaque au racisme dans sa dimension systémique, aux systèmes oppressif, qui bouscule les identité de genre et leurs représentation avec un.e auteurice queer inventive à surveiller !


Journal d'un AssaSynth - Martha Wells (2017)

Là aussi on est dans de la SF "à personnage". Si les intrigues de cette série sont agréables et même se bonifie avec les tomes, c'est pour AssaSynth, androïde associal.e préférant passer son temps devant des séries plutôt qu'interagir avec les humains, que la série est très marquante.

Fantasy


Fils des brumes - Brandon Sanderson (2006)

Et si le seigneur des ténèbres avait gagné, et si le héros de la prophétie avait échoué ?

La première trilogie de Fils des Brumes est un sans faute qui revisite certains tropes de la fantasy avec succès. Sanderson offre un monde très riche, une intrigue surprenante, et un système de magie extrêmement cohérent (c'est devenu sa marque de fabrique un peu) qui offre des moments très visuels.


Un pont sur la brume - Kij Johnson (2011) chronique

Un récit presque contemplatif, très onirique qui parle de la vie, des êtres humains et de ce qui les relie. Un texte magnifique.



Morwenna - Jo Walton (2011) chronique

Un livre qui parle de livre, mais pas que. Quiquonque c'est un jour senti à la marge, perdans ses livres peut s'y retrouver. Un très beau roman sur le passage à l'âge adulte, sur la magie et la lecture d'imaginaire.


La route de la conquête - Lionel Davoust (2014) Chronique

Des nouvelles qui explore un monde, un univers, une chronologies. Des thématiques variées, un constructions intéressante, une porte d'entrée dans l'oeuvre majeur d'un auteur de talent.


La cinquième saison - N. K. Jemisin (2015) chronique

3 tomes, 3 prix Hugos. Très largement mérité. C'est fort, c'set puissant, c'est ultra prenant.


Le prieuré de l'oranger - Samantha Shanon (2019) chronique

De la fantasy épique féministe par essence. Une intrigue palpitante, des personnages parfait, des thématiques riches et une construction d'univers qualitative.

Fantastique


World War Z - Max Brooks (2006)

Grosse claque pour cette chronique d'une guerre totale qui met à jour brutalement le genre zombie. Un livre coup de poing, la forme est un sans faute. (On oublie le film médiocre par contre).



Feed - Mira Grant (2010) Chronique

Politique, critique des medias, plongée dans un monde post apo qui a survécut aux zombies mais où les même monstres qu'avant trainent encore.


L'éducation de Stony Mayhall - Daryll Gregory (2011) chronique

Daryll Gregory s'est révélé chez nous avec ce superbe roman qui s'approprie le mythe du zombie pour nous parler de nos sociétés, d'oppression et de révolte.


Le dernier Loup Garou - Glen Duncan (2011)

Sex, blood and rock'n roll. Glen duncan passionne avec ce premier tome très réussie qui se suffit à lui-même. Le suivant est pas mal du tout mais la conclusion laisse à désirer.


Je suis ton ombre - Morgan Caussarieu (2014)

Du vampire sombre, crade, glauque et désespéré. Une histoire de misère social qui rend les vampires de nouveaux effrayant !

Nouvelles


La Tour de Babylone - Ted Chiang (2002 ??) Chronique


Serpentine - Mélanie Fazi (2004)


Axiomatique - Greg Egan (2006 pour la VF, 1995 pour la VO)


Infinité - Vandana Singh (2009)


Ainsi naissent les fantômes - Lisa Tuttle (2011)


La ménagerie de Papier - Ken Liu (2015) chronique


Son corps et autre célébration - Carmen Maria Machado (2017)

Un recueil féministe, queer, parfois dérangeant, toujours percutant.

Quelques listes de camarades blogueureuses

Vert, Lorhkan, Anne-Laure - Chut Maman Lit, Anudar, Anouchka, L'Ours inculte, Le chien critique,
FeydRautha, TmbM, Herbefol, Lihsbei, Lhotseshar
Shaya, Yogo, Snow, Sometimes a book, Lune

 

Les Jeunes Chevaliers Jedi - Kevin J. Anderson et Rebecca Moesta

Posted by with 3 comments
Petite plongée dans l'univers Star Wars "legends" avec cette série jeunesse en 14 tomes. Parue entre 1995 et 1998, la série ce centre principalement sur Jacen et Jaina, jumeaux et enfants aînés de Lei et Han, ainsi que sur leurs amis Tenel Ka et Lowbacca.
J'ai un attachement particulier à cette série que j'ai commencé quand j'étais adolescent et que je n'avais jusque là jamais terminé. Mais le confinement m'a fait retombé dans une frénésie de lectures Star Wars et ce fut l'occasion de relire la série et d'enfin la terminer.


Jacen et Jaina ont longtemps été mes personnages préférés de Star Wars. Rencontré quand j'avais à peu près leur âge, j'ai un peu grandit avec eux à travers cette série, celle du nouvel Ordre Jedi ou bien de l'Héritage de la Force et le destin tragique de Jacen.
quand on suit des personnages pendant 20 ans, on se lie fortement à eux et une des grosses difficulté lors du reboot de l'univers étendu Star Wars fut pour moi d'accepter que je ne verrais plus ces personnages évoluer.

Mais alors qu'en est-il de cette série ?

Hé bien on va suivre les aventures de nos Jedi en formation à travers différentes épreuves, aventures, et péripéties sur une période d'environ 3 ans. Au fil du temps on les verra évoluer, grandir et devenir des Jedi confirmés. La série peut se découper en 3 actes.
L'académie de l'ombre qui les voit affronter des vestiges de l'empire et une version miroir de leur académie Jedi peuplée de Jedi obscurs. C'est du classique Star Wars avec des imperiaux, des utilisateurs du côté obscur et il confrontera nos héros à leurs premiers choix, leurs premières épreuve et à la tentation du côté obscur.
L'alliance de la diversité, ou une organisation politique d’extraterrestre menée par une chef Twilek va se transformer en nazi en puissance anti humains malgrés son désir initial de combatre les injustices et discriminations dont les non humains sont victimes dans l'univers Star Wars. Une antagoniste aux motivations bancales qui montre une vision politique au mieux naïve de l'auteur.
Le retour du soleil noir enfin qui confrontera nos héros au retour de cette organisation criminel et les fera douter de leur père.

Évacuons tout de suite les points négatifs.

C'est à destination d'un public jeunesse et c'est daté. On sent qu'on est dans un monde pré Harry Potter où les publications jeunesse n'avait pas toujours un niveau d'exigence très élevé. Les intrigues sont très naïves, les situations tirés par les cheveux et les résolutions souvent trop faciles.

Il y a du bon en lui.

Mais tout n'est pas à jeter dans cette série, loin de là ! Car si les intrigues sont globalement bancales, il en va autrement de la galerie de personnages adolescent que nous offres les deux auteurices !
Déjà, on a la parité au sein du groupe principal, et les deux jeunes filles, Jaina et Tenel Ka sont loin d'être là pour faire de la figuration.

Chaque personnage est caractérisé, multi-facette et loin des clichés. Ils affrontent toutes et tous des épreuves difficiles, font parfois preuves de faiblesse, de force, bref iels sont  complexes et travaillés.
En plus de ça, ils évoluent sur le long terme et ça se voit. A la naïveté des début succède l'assurance de l'expérience et les premiers émois adolescent. Leurs relation sont bien écrites, on s'attache fortement à eux, et on apprécie de les voir grandir et s'affirmer chacun à leur manière. De ce côté là c'est une vrai réussite.

Alors est-ce que cette série vaut le coup ?

Diffic ile à dire, disons que ça dépend de ce que l'on cherche. Pour découvrir les début de Jacen, Jaina et Tenel Ka parce qu'on vient de lire le Nouvel Ordre Jedi et qu'on veut en avoir un peu plus sur eux, je dirais oui, pareil si on veut faire découvrir du Star Wars littéraire à un enfant.
Pour débuter l'univers étendu legends clairement non, comme je dis, c'est très jeunesse et c'est daté.








Retour sur Titan - Stephen Baxter

Posted by with 4 comments

Retour sur Titan - Stephen Baxter

Le Bélial (Une Heure Lumière) // 2018 (VO 2010) // 160p

Jovik Emry est un gardien de la sentience, un organisme chargé de contrôlé et préservé les possibilité de vie sur les astres du système solaire, et lui, il s'occupe de Titan, l'un des satellites de Saturne.
Notre histoire commence quand il est enlevé par un groupe de personne désirant e son statut pour explorer Titan afin de préparer une éventuelle exploitation commercial du satellite. Jovik étant ce qu'il est, à savoir un trouduc sans moral, il coopère parce qu'il s'en fout.
Démarre donc une aventure qui va mener 4 explorateurs inconscient jusqu'au cœur glacé de la petite lune.

Qu'on soit prévenu de suite, ce court récit est de la pur hard SF qui joue à fond sur l'émerveillement scientifique. Il en a toutes les qualités, mais aussi les défauts.
Ici, l'intrigue est réduite à sa portion congrue, ce qui compte c'est l'exploration et les découverte faites en chemin. De nouvelles formes de vie basé sur le méthane, le silice, des océans glacé visqueux plongeant jusqu'au cœur même de l'astre, une intelligence coopérative active depuis un milliard d'année,  et tout cela bien détaillé. C'est clairement du grand wahou, ça en met plein les yeux, pour peu que l'on ai une appétence pour ces domaines.

Le problème de ce récit, c'est que les personnages de Baxter sont relativement unidimensionnel, presque purement utilitaire. Il servent uniquement par leur interactions à proposer les théories et réflexions scientifiques ou bien à débloquer le récit pour l'emmener au stade suivant. Cela peut-être un peu aride par moment.

De Baxter je n'ai lu que Singularité qui concentrait à mon sens un peu les même défauts, ainsi que Gravité qui même s'il péchait par un manque de profondeur côté personnage, s'avérait plus humain grâce à certaines problématiques abordées.

La brièveté du récit et certain passage de pur "sense of wonder" font qu'on peut tout de même passer un bon moment, mais clairement, cette novella aurait gagné à être enrichi côté personnage.


Wilder Girls - Rory Power

Posted by with 2 comments
Wilder Girls - Rory Power

Robert Laffont (Collection R) // 2020(2019VO) // 440p

Depuis 18 mois, le pensionnant pour fille de l'île de Raxter est en quarantaine totale à cause de la Tox.
Après avoir tué les profs, la Tox s'est attaqué aux élèves, causant des souffrance terrible ainsi que d'étrange stigmates et mutation chez celles qui ont survécu. Pour une cela va être des plaie purulentes permanente dans la bouche, pour une autre c'est une deuxième colonne vertébrable, des os blanc décharnés qui vont saillir de son dos. Il va aussi y avoir cette jeune fille dont la main s'est mué en acier tranchant et cette autre qui sent un deuxième pouls battre à côté du sien. Et puis il y a les crises, qui reviennent à intervales réguliers, les laissant toujours plus marqués, toujours plus affaiblie jusqu'à une mort douloureuse qui semble inévitable.
Il y a aussi le danger qui vient de l'île elle même, que ce soit par les plantes étrangement mutées, ces arbres trop haut, trop serrés, leurs racines qui avancent trop loin, qui semblent presque chercher quelque chose, ou bien les animaux. Eux aussi ont changé, difforme, disproportionnés, perverti par la Tox, rendu plus agressif, plus mortel. De nombreuses filles en ont fait les frais d'ailleurs.
A cela s'ajoute la faim, les restrictions, car le ravitaillement est maigre, et puis le sentiment d'abandon, la peur et l'incompréhension.

Une incompréhension qui s'empare du lecteur dès les premières pages d'un récit dont l'ambiance étrange happe pour ne jamais relâcher.
Les questions sont nombreuses. Qu'est-ce que la Tox, pourquoi des jeunes filles de 16 ans sont abandonnées, quasi livrées à elle même sans adulte à l'exception de l'effrayante et autoritaire Mademoiselle Welsh et de l'evanescente lointaine directrice. Pourquoi y a-t-il si peu de ravitaillement ? Que font leurs parents ? Pourquoi seul l'armée semble s'intéresser vaguement à leur situation désespérée.

Wilder Girls est un roman à l'atmosphère pesante, oppressante, glauque et parfois écoeurante. Rory Power y distille une horreur de situation et d'ambiance mais ce qui se fait parfois très tangible, organique, sanglante et sans concession.

Mais Wilder Girls n'est pas uniquement un roman d'ambiance car on peut aussi compter sur un trio de personnages principaux bien campé, subtile et tangible.
Hetty, Byatt et Reese sont ensemble dans cette galère, elles se soutiennent et ont chacune à leur manière des traumas, des questionnements, des choses à régler. L'autrice présente ainsi une amitié forte, pleine d'amour et de respect entre ses jeunes filles sans tomber à aucun moment une relation malsaine où la jalousie, l'envie s'immiscerait comme cela est souvent le cas dans certaines représentation. Entre ces 3 là, il y a une vrai sororité, une fidélité qui arrive à passer au-delà des douleurs et des colères.
C'est d'ailleurs quelque chose qui fait plaisir à voir globalement dans ce livre, une vrai sororité, une solidarité qui se crée. Bien sûr il y a des inimités, bien sûr des actes d'égoïsmes vont avoir lieu et avec des conséquences parfois dramatiques, mais malgré tout ça, il y a surtout de l'entraide.

En plus d'amitiés féminine forte, Rory Power nous propose avec Wilder Girls une très belle représentation queer avec deux héroïnes lesbienne. Si la romance naissante va s'avérer marquante et importante pour les deux personnages, comme une résolution d'une possibilité en suspens depuis trop longtemps, c'est un point qui reste anecdotique dans le sens où il ne prend pas le pas sur le reste. L'amitié reste l'un des moteur principaux de nos personnages. C'est ainsi fortement agréable de voir de la représentation lesbienne normalisé. Ces deux jeunes filles sont lesbienne, et a un moment, elle vont s'aimer, mais elles ont leur propres motivation en dehors de cette caractéristique et une éventuelle homophobie ne sera pas abordé. Mais attention, il ne s'agit pas de négation et d'utilisation de cette représentation en token, mais bien de normaliser leur homosexualité et d'en faire un point de l'histoire comme un autre.

Mais alors est-ce que Wilder Girls à des défauts ?
Non.
Voilà.
Suivant.
Bon ok, éventuellement, on pourrait reprocher au livre de ne pas apporter suffisamment de réponse, ainsi qu'une fin trop heureuse. Mais je me garderais bien de faire ces reproches. Oui, tout ne sera pas éclairci, mais partant du principe que tout le roman nous offre une perspective adolescente, il n'est pas gênant que comme nos héroïnes, la vision d'ensemble nous échappe. Mais il est parfois plus dommageable d'apporter des réponses décevante que de rester dans un flou salutaire.
Concernant la toute fin, ce serait un reproche trop facile. Nos héroïnes en bavent, et Rory Power ne fait aucune concession sur la violence et l'horreur que subissent les pensionnaires de Raxter. C'est sanglant et crade de bout en bout, parfois désespéré, mais il est agréable de voir au bout une lueur d'espoir même si la dernière page se ferme sur une incertitude.

Wilder Girls est un excellent roman d'horreur féministe qui met en scène des personnages riches et divers. Il pose une ambiance sombre, oppressante et nous pousse à l’écœurement à plus d'un moment. L'intrigue distille avec soin mystère et angoisse ce qui en fait un véritable page turner (ou accrolivre selon l'académie française ^^) !