[Star Wars] La lumière des Jedi - Charles Soule

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La lumière des Jedi - Charles Soule
Pocket SF // 2020 // 512 p
- Livre reçu en SP -

C'est peut dire que ce roman Star Wars était attendu, en effet, il s'agit du roman qui ouvre un nouveau pan de la saga Star Wars, La Haute République, une nouvelle période temporelle se passant 200 ans avant la menace fantôme et présentant une république au sommet de sa gloire, et un âge d'or pour l'Ordre Jedi. 

Je dois dire que j'étais fortement enthousiasmé devant les annonces de cette nouvelle saga littéraire. Même si le nouveau canon Star Wars nous a offert de beaux romans jusqu'à présent (et je suis loin d'avoir encore tout lu), je trouve que l'on manquait de saga littéraire d'ampleur comme à pu l'être par le passé la série du Nouvel Ordre Jedi, 20 tomes publié sur de nombreuses années et qui a marqué profondément l'univers Star Wars. Et là, en privilégiant le volet littérature (et comics), Lucasfilm nous fait un très beau cadeau qui promet de belles histoires pour les années à venir. 

La tâche est rude pour Charles Soule puisqu'avec ce roman il doit donner le la de la Haute République, présenter la période, ouvrir la voie aux nombreuses histoires à venir et bien sûr ne pas oublier de raconter une histoire. Alors trêve de suspens, c'est une très grosse réussite, et nous allons voir ça en détails. 

* * * 

200 ans avant la menace fantôme, la chancelière Lina Soh s’apprête à inaugurer le Flambeau Stellaire, une station spatiale située dans la Bordure extérieure dont le but est de faire rayonner la république jusque dans ses confins, de montrer aux systèmes reculés qu'ils ne sont pas oubliés, d'améliorer les communications, d'offrir un point de rencontre culturel, politique, d'héberger un avant-poste Jedi d'importance. Sauf qu'il y a un accident, un drame, le Legacy Run rencontre un problème dans l'hyperespace et le vaisseau se disloque propulsant un monceau de débris quasiment à la vitesse de la lumière dans le système Hetzal, et même au-delà. Heureusement, un contingent de Jedi à proximité mené par la Maitre Avar Kriss intervient pour gérer la catastrophe. Cette catastrophe est-elle accidentelle ou bien a-t-elle un rapport avec les mystérieux Nihil, sorte de gang de pilleurs qui surgit et disparaît presque à volonté, pliant l'espace à ces désirs ? 

* * *

Le roman de Charles Soule se partage en deux grosses parties qu'il faut presque considérer séparément, tout d'abord la catastrophe et sa gestion immédiate, et ensuite, l'enquête et les conséquences à moyen terme. 

La première partie est un concentré d'action, elle alterne des chapitres courts, introduits une multitude de personnages, et nous présente, à travers la gestion immédiate de la crise, une partie du fonctionnement de la république et de l'ordre Jedi. Et de ce côté-là c'est grandiose, ceux-ci sont les gardiens de la paix et de la justice dans toute leur splendeurs. Ils sont flamboyants, éclatant, les Jedi tels qu'on les rêve et tels qu'on ne les a jamais vraiment vu. Alors certes, la prélogie nous présente certains de ces aspects, mais dès l'épisode I, on ressent que l'ordre n'est plus ce qu'il a pu être à une époque. Là, il est au sommet de sa gloire, les Jedi sont nombreux, compétents, différents, juste et magnifiques. 

Cette première partie présente beaucoup de personnages, et même si certains nous tapent dans l'œil plus que d'autres, il ne s'agit pas ici d'approfondir les passé et les caractérisations de tous les personnages. Cela viendra plus tard. Dans des comics ou d'autres romans pour certains, dans la seconde partie pour d'autres. 

* * *

La seconde partie du roman est en comparaison plus posée, plus lente, mais elle possède de nombreuses qualités. Elle va s'attarder sur plusieurs choses. D'abord l'enquête de la république, la découverte des Nihil, et l’approfondissement de certains personnages. 

Les Nihil sont donc amenés à être les antagonistes principaux de cette nouvelle période, et si dans un premier temps les personnages principaux composant l'organisation, de même que l'organisation en elle-même peuvent paraître un peu cliché dans le genre "criminels très méchant", tout est beaucoup plus subtil. On retiendra particulièrement le personnage de Marchion Ro, l'Oeil des Nihil, un personnage ambigu et manipulateur dont l'évolution et la transformation et l'espace d'un roman laisse présager le meilleur. 

Du côté des Jedi, on ne sait plus où donner de la tête. On a par exemple Avar Kriss, une maitre Jedi qui a la particularité de visualiser la Force sous forme de musique et qui peut s'y accorder et accorder les autres ensemble. Le duo qu'elle forme avec Elzar Mann, leur amitié, les non-dits qui flottent entre eux et qui laisse deviner ce que pouvait être l'ordre sur certaines règles à l'époque est des plus intéressant. 

Sur la planète Elphrona, nous allons suivre un petit avant-poste Jedi, l'occasion de découvrir leur quotidien loin du temple de Coruscant et de voir des personnages très humains, dont les liens d'amitiés sont fort, faisant preuve d'humour. Des personnages qui vivent, mangent, rient, et agissent quand il le faut, des Jedi vivants ! 

On découvre ainsi le vieux maître Porter Engle qui préfère finir ses vieux jours dans ce genre de coin reculé, qui a développé une passion pour la cuisine (haaaa, son ragoût aux neuf oeufs !) et qui quand la Force en a besoin n'hésite pas à devenir le guerrier dont elle a besoin. C’est un personnage très ambivalent qui par certain côté démonte totalement le cliché du Jedi guerrier justement. " L'aventure heh !l'agitation heh, ces choses, un Jedi ne les désire point." C'est exactement ça et c'est abordé de façon si simple, évidente et claire ! 

Les dynamique Maitre / Padawans que l'on découvre sont aussi très diverses, très variés et sont toutes passionnante, comme entre Loden Greatstorm et Bell Zetifar, un padawan peu sûr de lui, malmené gentiment par son maître qui croit profondément en ses capacités.

* * * 

Niveau personnages, on est admirablement servi, ceux-ci sont nombreux, variés, différents, avec un vrai souci de représentation de genre et d'ethnicité. On a des Jedi femmes puissantes, en grand nombre et c'est agréable ! On pourra juste regretter que la seule représentation LGBT concerne un couple d'homme assez secondaire, mais vu les règles sur l'attachement, il est sûrement compliqué de représenter des Jedi gay, bi ou lesbiennes on imagine… (Ceci-dit on notera que la série de comics La Haute République, scénarisée par Cavan Scot, présente deux Jedi non binaire)

* * *

La lumière des Jedi avait pour mission de nous introduire à la Haute République, et il le fait de la plus belle des manières. Le roman de Charles Soule est d'une grande richesse, il est empreint de l'esprit Star Wars à chaque page tout en nous offrant en même temps une ambiance comme on n’en avait jamais vu. Il se passe énormément d'évènement dans ce roman, de nombreuses intrigues sont mises en place, une multitude de personnages nous est présenté n'attendant que d'être développés dans les années à venir. L'émotion est palpable à de nombreux moments, on ne peut qu'être touché par les événements, les Jedi, la République que rêve cette Chancelière suprême. 

La lumière des Jedi est une magnifique réussite, un roman enthousiasmant qui ouvre la voie à de nombreuses choses, qui fait rêver, passionne et ne donne qu'une envie, plonger encore un peu plus longtemps dans une galaxie très lointaine ! 


 

Sur la pàl - Mars 2021

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C'est l'heure du bilan du mois passé !

Les arrivées

> 7 livres :

J'ai pris les tomes 4, 5 et 6 de  Fullmetal Alchemist Perfect edition histoire d'être à jour et de ne pas me laisser trop distancer.

Sont arrivé aussi Star Wars : Leia Princesse d'Alderaan, Star Wars : La lumière des Jedi, Les maitres enlumineurs, le livre de M.

Les lectures

> 5 Livres

Scarlett et Novak - Alain Damasio

Mon premier Damasio, un texte jeunesse court, 60 pages en papier, lu en 15 minutes et une bouse infâme qui se résume à "les smartphones c'est mal". Avec en plus une remarque franchement homophobe. (Oui, le héros qui se demande si les mecs qui lui courent vont pas le violer parce qu'il découvre qu'ils ont regardé du porno gay... Quel est le fuck)

Star Wars :  Leia, princesse d'Alderaan - Claudia Gray

Une super roman Star Wars sur un moment clef de l'adolescence de la Princesse Leia Organa, chronique complète ici

Epées et démons - Fritz Leiber

Je me suis lancé dans la découverte de ce vieux classique de la fantasy et... bon ce premier tome était pas ouf mais des choses intéressantes, j'attends quand même de voir la suite. (Chronique à venir prochainement)

Les maitres enlumineurs - Robert Jackson Bennet

Un excellent roman de fantasy, une univers très riche, des perso bien écrit, c'est prenant et la chronique complète est ici

L'enfance attribué - David Marusek 

Gros bof. Je n'ai pas du tout accroché au couple principal, et c'est un problème parce que toute la mise en place de l'histoire passe par leur relation. Il y a un potentiel intéressant dans l'univers décrit mais tout repose sur ces deux personnages et ça ne fonctionne pas.

> 4 Comics

Excalibur, vol 2

Un tome plus réussi, moins fouillis que le précédent. On reste un peu dans l'obscurité mais on comprend que l'autrice à des choses derrière la tête et que rien n'est laissé au hasard.

Magnificent Ms. Marvel, Vol. 3: Outlawed

Fin de la deuxième série Ms. Marvel, et j'ai beaucoup aimé. Le nouveau scénariste, Saladin Ahmed, a su capter l'essence du personnage et offrir de nouvelles choses avec. Un peu triste que cela s'achève déjà, d'autant plus que rien n'est annoncé pour la suite. On pourra se consoler en retrouvant le personnage dans la série Champions en attendant.

Valkyrie: Jane Foster, Vol. 2: At the End of All Things
Je me suis enfin mis à jour sur la série de Jason Aaron qui continue l'histoire de Jane Foster et c'était très sympa. On va retrouver le personnage dans sa mini série lié à l'event King in Black après ça.

Captain Marvel Vol. 5: The New World

Un tome très sympa avec du voyage dans le temps. Sans être la série du siècle, Kelly Thompson fait un travail très honorable et c'est franchement plaisant à lire

Et pour avril ?

Du Star Wars, parce que j'ai entamé le mois en finissant La Lumière des jedi, l'introduction à la nouvelle période Star Wars, la Haute République et que je vais enchainer avec le roman jeunesse et les comics sur la même période. Je vais peut être essayer de poursuivre ma (re)lecture du Star Wars Legends post Retour du Jedi, et puis ensuite, on verra ^^

Midnight Sun - Stephenie Meyer

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Midnight Sun - Stephenie Meyer
Hachette // 2020 // 800p

Ha, Twilight... Bella, Edward, l'humaine, le vampire, une histoire d'amour classique en somme mais un succès fulgurant. Classique dans ce qu'elle dépeins une relation hétéro standard totalement inscrite dans son temps avec tout ce que cela implique d'inégalité dans les rapports de pouvoirs, de sexisme intériorisé, de harcèlement et d'emprise romantisé. 

Et pourtant... J'ai aimé malgré tout aimé cette histoire à l'époque de sa publication vers 2007/2008. Oui, c'est malsain par bien des égards, et à ce titre le volume 4 est terrible en plus d'être chiant, mais ce n'est pas pire que 90% de ce que l'on peut trouver dans le genre, et ça simplicité et sa sincérité m'ont touchés à l'époque et fait vibré. J'ai même relu le premier tome début 2020, avec le recul, l'éducation féministe que j'ai acquise et... pas oui c'est plein de soucis mais "c'est pas si pire" quoi. Mais la série c'est pris des tombereaux de haine et de mépris, des réactions que l'on peut attribuer en partie à deux choses. La saga est le fait d'une femme, et elle vise principalement un public jeune et féminin. D'ailleurs je vous invite fortement à écouter le podcast de Lemon Adaptation sur le sujet qui développe ça bien mieux que moi.

Bref, tout ça pour dire que je suis globalement acquis à la cause quand Midnight Sun est finalement annoncé. Finalement ? Oui parce qu'à l'origine, Stephenie Meyer travaillait dessus en 2008 mais elle a mis de côté le projet quand les premiers chapitres du manuscrits ont fuité. 

***

Midnight Sun nous propose donc de revisiter le premier tome de la saga, Fascination, mais narré par Edward Cullen, le vampire, et compte donc nous faire partager l'intégralité de ses pensées. Oui, toutes ses pensées. Et croyez-moi, ça fait beaucoup, beaucoup de pensées.
Et c'est là que mon premier reproche arrive. C'est long, très long, beaucoup trop long.  Par comparaison, Midnight Sun fait 225 000 mots, là ou Fascination n'en faisait que 125 000. Et ça se ressent à chaque page. Edward se lamente, Edward réfléchit, Edward pense, Edward introspecte, Edward atermoie et le lecteur subit dans un longue agonie. C'est lourd, le style de Meyer n'est pas particulièrement mauvais (contrairement aux critiques qui lui ont été faites d'ailleurs), il est relativement sobre et sans artifice, mais le résultat c'est que ce n'est pas adapté à ce genre de chose. Les long monologues d'Edward sont un calvaire. ET PENDANT 800 PAGES !!

Si il y avait clairement des soucis dans la représentation des relations hétéro dans Fascination, inutile de dire qu'on retrouve ici les mêmes problème mais ceux-ci sont exacerbé puissance 10 par les pensées d'Edward. Tour à tour il la traite d'hystérique, la considère comme incapable, envisage sérieusement de la faire interner parce qu'elle n'a pas de réaction approprié, il la manipule consciemment en utilisant son attachement pour lui, bref là où l'on avait une "relation problématique mais ça va c'est mignon", on se retrouve avec un type ultra glauque et manipulateur. Edward est détestable et ces tentatives de justifications son pathétiques.

***

Au rang des points positif, car il y en a tout de même, on pourra noter quelques "scènes coupés", des moments où Edward était seul, sans Bella et qui nous offre un autre point de vue. On appreciera aussi de découvrir la dynamique de la famille Cullen, de voir son fonctionnement, de découvrir certains personnages plus en profondeur. A ce titre, la palme revient encore à Carlisle qui est adorable

Malheureusement, là encore la vision de l'autrice vient entacher ces moments. Esme, la mère d'Edward est relativement insipide, définie uniquement par l'amour inconditionnel qu'elle peut porter aux autres, mais je crois que le pire c'est Rosalie. Si le personnage n'est pas toujours franchement agréable dans la saga, on nous la présente ici de manière affreusement caricatural. Rosalie devient l'archétype de la femme belle sans rien dans le crâne, superficielle, jalouse, vindicative. L'autrice ruine totalement son personnage sous sa représentation misogyne.

Bref, je vais arrêter là, on retiendra qu'au final il n'y a pas grand chose à sauver dans ce pavé interminable et sans saveur.


Les maitres enlumineurs - Robert Jackson Bennet

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Les maitres enlumineurs - Robert Jackson Bennet
Albin Michel Imaginaire // 2021 (VO 2018) // 640 page
Lu en service presse

Un bouquin de fantasy avec un magnifique blurb promo de Brandon Sanderson, il n'en fallait pas plus pour me convaincre que je voulais lire ce livre ! Et quand en plus il est présenté chez nous avec un super couverture de Didier Graffet, il n'y avait plus d'excuses !

Sancia Grado est probablement la meilleure voleuse de Tevanne, c'est pour ça que quand commence notre histoire, elle occupée à dérober pour son receleur un objet précieux qui devrait lui rapporter un très gros pactole. Suffisamment gros pour changer sa vie, peut-être enfin se débarrasser des talents si particulier qui font d'elle une si bonne monte-en-l'air mais qui l'empêche au quotidien de vivre normalement. Mais malheureusement, quand on est une moins que rien et qu'on travail pour des puissants, cela finit toujours par nous retomber dessus.

Que celui qui a enluminé ceci, puisse m'illuminer

La première chose qui frappe à la lecture, c'est l'univers, la qualité de sa construction, que ce soit par la cité état de Tevanne ou bien par le système de magie original, précis et complexe, pensé par son auteur dans ses moindres détails.

Celui-ci, joue sur le langage, un langage ancestral, millénaire qui, une fois écrit sur les objets permet d'en altérer le fonctionnement, d'influer sur la réalité, tel ce carreau d'arbalète sur lequel les sceaux apposés vont lui faire croire qu'il pèse 10 fois son poids et chute depuis 2km au moment où il part. 

Ce système de magie, l'enluminure, est au cœur du récit de l'auteur donc, car il infuse le quotidien de quasiment tous les habitants, et surtout il possède un lien très fort avec notre héroïne Sancia. Lien qui sera dévoilé, exploré et disséqué tout au long du roman.

La ville de Tevanne, inspiré de la sérénissime est fascinante, presque un personnage à part entière. Dirigé par 4 maisons marchandes richissimes, chacune cloitré dans leurs enclaves, les Campos, où elles bénéficient de tout le confort apporté par les enluminures, exploitant sans vergogne la mains d'oeuvres qui lui tombe sous la main et laissant le reste de la cité, hors des murs des Campos, vivre dans la crasse, la misère et l’absence de loi. On y retrouve à la perfection l'ambiance vénitienne, complots, de lutte de  pouvoir, canaux et assassins masqués.

Une intrigue prenante

Mais si l'univers est riche, côté intrigue, nous ne sommes pas non plus en reste. D'un simple casse, va découler tout un tas de conséquences, de ramifications qui vont faire passer l'histoire d'un plan personnel à un niveau collectif. D'un combat individuel pour la survie, on se retrouve pris dans une lutte de pouvoir qui dépasse les simples enjeux personnels. L'intrigue est épique, creusant le passé du monde créé par Bennet, nous plongeant dans des millénaires d'histoire et dans une mythologie profonde et oublié. C'est grandiose, mais à aucun moment l'auteur ne le fait au détriment de ses personnages.

Des personnages riches

Sancia bien sûr notre héroïne, une jeune femme endurcie, à la vie rude et au passé dramatique, qui au-delà de son histoire personnel va se retrouver à devoir faire le choix de la société face à l'individu. 

Gregor, le privilégié, l'aristocrate presque mais dont l'expérience radicale de la guerre a chargé d'une soif de justice profonde. Imbu et parfois franchement énervant avec son côté donneur de leçon, il s'avère finalement loin du justicier monolithique qu'on imagine au début.

Orso, l'enlumineur, c'est un peu le savant fou, le génie insupportable, celui qui est doué, le sait et ne supporte pas les autres. Enfin là encore c'est plus compliqué qu'au premier abord. Le personnage s'avère plein de surprise.

Berenice, l'assistante d'Orso, l'ingénieure, intelligente, faussement réservé, qui sait ce qu'elle veut et qui derrière son apparente fragilité fait preuve de beaucoup de courage.

Il y en a d'autres encore, mais le point commun; c'est que tous les personnages de Bennet sont complexes, multifacettes, qu'il y a toujours plus derrière les apparences.

On appréciera aussi beaucoup le fait que l'auteur s'attache à proposer un casting de personnages variés, et divers. Il présente ainsi une belle galerie de personnage féminins dont deux lesbiennes et il s'attarde à mettre en scène des personnages racisés.

Mais alors, ce roman est-il sans défauts ? 

He bien oui. next.

Bon ok, s'il fallait lui faire un reproche, on pourrait pinailler sur le fait que la structure se répète par moment et que, si l'auteur s'attarde à adresser les problèmes sociaux important de son univers, esclavage, exploitation, lutte des classes, on aimerait qu'il aille plus au fond des choses. Mais c'est vraiment pour pinailler.

Les maitres enlumineurs est donc une vrai grosse réussite sur tous les plans. Il propose un univers passionnant, dont les ambiances, mélange de Venise et Dishonnored (comme l'a fait très justement remarqué l'Ours Inculte. PS : jouez à ce jeu il est excellent) sont très immersive. Une intrigue haletante, qui monte en intensité tout au long du récit devenant de plus en plus épique à mesure que l'on fouille dans la mythologie de l'univers. Et le tout est porté par une galerie de personnages divers et complexes qui accroche le lecteur du début à la fin. 

Une remarque pour finir. L'éditeur facétieux à aussi classé le roman en Cyberpunk. Et effectivement, pour peu que l'on connaisse un peu le genre, on y retrouve de nombreux code. Que ce soit le système de magie qui peut s'apparenter à un langage de programmation, les maisons marchandes qui peuvent s'assimiler à des Megacorporations. C'est amusant quand on connait de faire des liens, mais il n'est pas nécessaire d'avoir ce bagage pour apprécier ce qui reste avant tout un excellent roman de Fantasy.

Ils en parlent aussi : Orion, Le Maki, Gromovar, Le Chroniqueur, Lorhkan, Albedo, Lianne, xxx

Fils des brumes : l'histoire secrète - Brandon Sanderson

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Fils des brumes : l'histoire secrète - Brandon Sanderson
texte inclus en VF dans Les Bracelets des larmes (Chronique ici)

Attention, je vais spoiler sévèrement une révélation de la toute fin du roman les Bracelets des larmes

Avec cette novella d'environ 200 pages, Brandon Sanderson avait pour ambition de nous offrir quelques explications sur un évènement arrivant à la toute fin des Bracelets des Larmes. Un évènements qui surprend à plus d'un titre, qui remet une partie du roman en question et surtout qui interroge sur ce qu'il a pu se passer dans la première trilogie. Il s'agit d'un ressort scénaristique délicat à manier car il peut potentiellement évacuer une partie de la tension dramatique du reste de l'oeuvre, passé et à venir, mais il est utilisé ici avec finesse, et surtout, il ne sort pas de nulle part puisqu'il est le résultat d'une longue planification de l'auteur. Cet évènement c'est la résurrection de Kelsier.

La novella commence donc tout naturellement par sa mort face au Seigneur Maitre dans le roman L'Empire Ultime. Sauf qu'au moment de passer dans l'autre monde, Kelsier s'arrange avec Sauvegarde et devient une sorte de spectre, une présence qui tout au long des deux volumes suivants interviendra comme il le pourra en arrière plan pour aider et faciliter l'accomplissement du destin de Vin.

Et c'est là que tout le talent de planification de l'auteur nous explose au visage car si l'on regarde bien, les indices sont là depuis très longtemps ! On rejoue ainsi certain moment clef du Puits de l'ascension et du Héros des siècles mais depuis les coulisses, et c'est passionnant de découvrir les causes de certains évènements, les coups de pouce de Kelsier, les luttes de pouvoir sur des plans autres et de comprendre un peu plus le fonctionnement de ce monde.

Mais bien sûr, Sanderson ne s'arrête pas là, il nous permet de nous impliquer plus profondément dans la lutte divine entre Ravage et Sauvegarde et surtout au-delà, d'avoir un aperçu de son grand œuvre, le Cosmere. C'est encore succin, quelques indices, quelques bribes d'informations, mais l'on apprends des choses, on voit que Scadrial n'est pas seule, que d'autres forces œuvrent, comme on avait d'ailleurs pu en avoir un aperçu dans les deux derniers roman de Fils des Brumes avec l'évocation de Trell.

La conclusion de ce texte coïncide à peu près avec la fin de la première trilogie et là, l'émotion est au rendez-vous.  Kelsier est là pour la mort de Vin, et les retrouvailles sont puissantes, émouvantes. On est touché de voir une partie de l'équipe se retrouver.

L'histoire secrète est un incontournable absolu pour quiconque s'intéresse à la série Fils des Brumes, le texte lève des voiles mais tout n'est pas encore expliqué, loin de là. Sanderson le dit dans une postface, il sait tout sur le destin de Kelsier après ça déjà, et on ne peut qu'être impatient d'en découvrir plus dans Lost Metal, la conclusion à venir des aventures de Wax et Wayne et pourquoi pas dans d'autres volets de l'histoire secrète !

 

[Star Wars] Leia : Princesse d'Alderaan - Claudia Gray

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Leia : Princesse d'Alderaan - Claudia Gray
Pocket SF // 2021 (2017 VO) // 397p
Livre reçu en SP à ma demande

Un nouveau roman Star Wars par Claudia Gray vient d'arriver chez nous, et comme d'habitude, je l'ai dévoré ! Après les excellent étoiles perdues (chronique ici), Liens du Sang et Maitre et Apprenti (Chronique ici) Claudia Gray s'intéresse de nouveau à la Princesse Leia Organa en abordant cette fois-ci sa jeunesse, avant Un Nouvel Espoir, et à un moment charnière de sa vie.

Leia Organa vient d'avoir 16 ans et elle va bientôt être officiellement intronisée héritière du trône d'Alderaan, mais afin d'y prétendre, elle doit, comme la tradition l'exige, se conformer à 3 épreuves. Les épreuves de l'esprit, du cœur et du corps qui ont pour but d'évaluer sa détermination et sa capacité à régner sagement et avec compétence. Et le roman va donc suivre sur quelques mois la vie de Leia au travers de ces épreuves. Orientations et exploration, missions humanitaire, et introduction au monde politique, voici les épreuves qui attendent notre princesse et qui vont la façonner tout au long de ce roman.

Le roman de Claudia Gray est un roman initiatique pur jus. Il nous introduit une Leia jeune, encore relativement naïve sur certains sujets, mais déjà pétri de sens du devoir et il va donc la faire passer par diverses étapes de formation qui vont la façonner pour l'amener vers celle que nous connaissons et la faire passer, parfois brutalement, à l'âge adulte. Pour cela, l'autrice introduit une galerie de personnages secondaire très réussie qui va graviter autour de la princesse. 

***

Au plus proche d'elle, il y a bien sûr ses parents. Bail Organa est fidèle à lui-même, à l'image que l'on en connait par les films et les séries, c'est un politicien juste, un père aimant, un homme qui doute malgré tout et qui cherche à faire les bons choix. Breha, la reine et mère de Leia est un ajout de qualité. On découvre vraiment pour la première fois ce personnage et il est des plus réussi. Elle porte de nombreuse qualités que l'on retrouvera plus tard chez sa fille, que ce soit sa détermination, son sens du devoir ou sa capacité à prendre des décisions difficiles quand elles s'imposent.

Avec ces deux personnages, Claudia Gray explore des questionnement sur les relations parents-enfants. Elle parle de la confiance donné et de la façon dont l'inquiétude peut parfois entraver cette confiance. 

Il y a aussi Amilyn Holdo, l'amirale de la résistance dont le courageux sacrifice sauva Leia et ses partisans dans Les derniers Jedi. C'est sa rencontre avec la princesse qui est abordé ici, dans le cadre du programme legislatif pour la jeunesse. Une rencontre amicale décisive, importante qui apportera beaucoup à Leia sur le plan personnel, mais aussi en terme d'alliance politique futur. La relation entre les deux jeune fille est intéressante et propose un bel exemple de sororité.

***

Qui dit roman young adulte initiatique, dit romance. C'est limite un passage obligé, et c'est bien traité ici. Leia rencontre Kier Domadi, un compatriote alderaanien qui comme elle suit le programme legislatif et bien que d'une classe sociale supérieur (parents universitaires), il aporte un contrepoint et des réflexions intéressante sur la monarchie d'Alderaan, mais aussi sur le rapport à l'empire, les conséquences des choix d'opposition et le prix à payer. La relation est bien gérée, crédible et le personnage est attachant.

Évidemment qui dit Leia dit aussi rebellion, et avec Bail Organa, ou Mon Mothma dans les environs, c'est un sujet qui devait être abordé. On assiste ainsi à l'introduction de la princesse à cet environnement et c'est l'occasion de s'interroger sur la manière de combattre un régime totalitaire, de se questionner sur les moyens d'actions. Le sujet de l'usage de la violence révolutionnaire est abordé avec justesse, bien qu'un peu superficiellement (oui, on reste dans du Star Wars hein c'est pas non plus un pamphlet gauchiste antifasciste) mais il permet de poser frontalement la chose tout en explorant ses conséquences. On sera parfois surpris par les radicalité d'opinions de certains personnages, celle-ce ne vient pas forcément d'où on l'attend et c'est suffisamment nuancé pour être intéressant.

Le roman de Claudia Gray est une vrai réussite, il offre un voyage formateur à un personnage incontournable, la confronte efficacement à de nombreuses épreuves transformatrice proposant ainsi un roman de passage à l'âge adulte prenant et réussi et dont les quelques ficelles et facilités n’entache jamais la qualité du récit. C'est un roman honnête et sincère, plein d'amour pour notre princesse de l'espace trop tôt parti et je défie quiconque de ne pas verser une larme à la toute fin.



Les Bracelets des larmes - Brandon Sanderson

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Les Bracelets des larmes - Brandon Sanderson
Livre de poche (Orbit) // 2018 (2016 VO) // 800p

Quelques mois ont passé depuis le roman précédent et Waxillium se remet douloureusement de la révélation et la perte qu'ont occasionné la chasse au Kandra Paalm. Il est plein de ressentiment envers Harmonie et n'est donc pas le moins du monde intéressé quand le jour de son mariage avec Steris, un kandra vient lui proposer de mettre en quête des bracelets des larmes, les anciens cerveaux métalliques du seigneur maitre qui rendent leurs porteurs doté des pleins pouvoirs allomantiques et ferrochimique. Mais c'était sans compter que cette quête semble mêler le Cercle, son oncle et sa sœur disparue.

Avec l'intrigue de ce nouveau volume, Sanderson plonge plus profondément encore dans la mythologie de Scadrial et ressert une fois de plus les liens avec la première trilogie. Mais il ne se contente pas de jouer sur les souvenirs ou la nostalgie, il continue de développer cette nouvelle époque, que ce soit par les avancé technologique, les explorations magiques, les nouveaux usages magique qu'il développe ou bien l'ouverture vers un monde plus grand.

Si la première trilogie de Fils des Brumes nous dépeignait une révolution brutale, un changement de paradigme radical et cataclysmique, ici c'est la lente et inexorable mutation qui est au cœur de l'histoire. Mutation des mœurs, des croyances, des liens, des personnages, des technologies avec l'implacable avancé du progrès.

Côté personnages, c'est encore une fois un sans faute et Sanderson pousse ses différents protagonistes à évoluer. Que ce soit Wax dont les croyances et la foi ont été ébranlé et qui va finalement réaliser qui il est après une épreuve transformatrice radicale, Wayne qui va s’affranchir, se libérer et s'émanciper un peu de sa relation avec Wax. Côté émancipation, Marasi n'est pas en reste non plus. Vu au début comme un love interest potentiel de Wax, elle a changé, laissant derrière elle cette possibilité, trouvant sa voie, montrant une force, une intelligence et là aussi elle affrontera son épreuve, sa tentation pour en sortir libéré.

Et puis il y a Steris. Si on sentait qu'il y avait avec ce personnage un énorme potentiel, on pouvait regretter qu'il soit trop inexploité. Certes elle prend un peu plus d'ampleur dans Jeux de Masques mais il y avait matière à la mettre un peu plus sur le devant de la scène. Et c'est chose faite ! Et encore une fois avec le talent d'écriture de Sanderson, c'est tout en subtilité qu'il nous montre enfin le vrai visage de Steris, tout ce que l'on présentait s’accomplit. Steris Harms est un personnage atypique (que Sanderson confirme être asperger d'ailleurs) et chacun des moments la mettant en scène est un réel plaisir. C'est un personnage qui fait preuve de beaucoup de courage et de résilience, d'une manière peu valorisé en général et c'est ce qui est agréable avec elle.

Avec cet avant dernier volume de la deuxième époque de Fils des Brumes, Sanderson enfonce le clou des révélations, il bouscule encore les certitudes de son lectorat et offre une aventure épique prenante de bout en bout qui fait avancer ses personnages et offre des perspectives et réflexions intéressante sur la divinité, la politique et le changement. Un roman riche et des plus réussi.

On notera que le livre contient une novella bonus intitulé Fils des Brumes : L'histoire secrète. Ce texte fera l'objet d'un article à part.

D'autres avis : Nathalie, Lianne 

Sur la pàl - Février 2021

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 C'est l'heure du bilan du mois passé !

Les arrivées

> 7 livres :

Cela aurait pu être raisonnable, j'ai remporté Genèse de la cité, le dernier N K Jemisin chez Yogo et j'aurais pu m’arrêter là, mais j'ai craqué pour les 6 premiers tomes du cycles des épées de Fritz Leiber en édition Pocket à dos noir avec les belles illustrations de Siudmak en couverture. Moi qui me félicitais de bien faire baisser la pàl...

Les lectures

  

> 1 Audiolecture

Midnight Sun de Stephenie Meyer, nouveau tome de la saga Twilight qui reprend le premier roman vu par les yeux du vampire Edward Cullen et... c'est nul. 800 pages, au moins une grosse moitié de trop. C'est chiant, on s'ennuie, tout les défauts de la saga sont exacerbés.

> 4 Livres

Percy Jackson : Le sort du titan - Rick Riordan. Je continue tranquillement mon exploration de cette série jeunesse qui s'avère surprenante et de très bonne facture

Fils des Brumes : L'alliage de la Justice (chronique ici), Jeux de Masques (chronique ici), les Bracelets des larmes - Brandon Sanderson
J'ai rempli mon objectif de reprendre et me mettre à jour sur cette excellente série ! Je l'ai ai dévoré comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps ! :)

> 3 Comics

Excalibur, vol 1 - Tini Howard & Marcus To
Un premier tome un peu fouillis qui peut perdre le lecteur mais qui semble poser de nombreuses pistes pour le futur

X-Men, vol 2 - Jonathan Hickman, Leinil Francis Yu & Mahmud Asrar
Hickman continue de poser les jalons de son run, on sent qu'il prépare un plan au très long court et cette mise en place et franchement plaisante à lire, notamment dans son exploration des conséquences de la création de la nation mutante.

Marauders, vol2 - Gerry Duggan, Stefano Caselli & Matteo Lolli
Un excellent second volume qui explore les suites des manigances de Sebastian Shaw. La dynamique de groupe fonctionne à merveille, Emma Frost est génial, Kate Pryde aussi et globalement tout le reste du casting

Et pour mars ?

Et bien je n'ai rien de prévu. J'ai profité des vacances pour faire une orgie de comics et me mettre à jour sur quelques séries sur lesquelles j'avais beaucoup de retard mais sinon je verrais au fil des envies je pense :)