Original Sin - Jason Aaron & Mike Deodato Jr.

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Original Sin
Original Sin #0 - #8
Scénario : Jason Aaron
Dessin : Mike Deodato Jr (Jim Cheung & Paco Medina pour Original Sin #0)
Editeur : Marvel

Gros chambardement dans l'univers Marvel avec le dernier "event" en date. Uatu, le Gardien qui vit sur la Lune et dont le rôle est d'observer la Terre sans jamais intervenir a été assassiné. Comme si ce n'était pas encore assez grave, ses yeux ont été arrachés et volés à sa dépouille. Ceux-ci renfermant tous les secrets accumulés par le Gardien au fil des éons, cela risque de poser problème à de nombreuses personnes.

Après un numéro 0 qui sert de prologue, et qui tout en mettant en scène le nouveau Nova et Uatu, lève un peu le voile sur les origines de ce dernier, l'on attaque enfin le vif du sujet. Évidemment, un évènement de l'ampleur de cet assassinat va concentrer l'attention des Avengers, et les membres les plus influents du groupe vont se charger de l'enquête, appelant Nick Fury en renfort. En même temps, une sorte d'équipe de l'ombre va être montée en secret par un personnage mystérieux. Cette équipe assez improbable qui va faire coopérer des héros tels que Strange et le Punicher, ou bien Winter Soldier et Gamorra parait complètement artificielle. 

Les enquêtes vont progresser en parallèle avec une lenteur qui manque régulièrement de faire décrocher de l'histoire, et la mise en avant d'adversaires peu vus jusqu'ici, bien qu'intéressante, n'y change rien. Il faut attendre la moitié de l'histoire pour qu'une grosse révélation en forme de retcon bien capillotractée vienne bousculer un peu la routine. Celle-ci donne à un personnage assez central dans l'univers Marvel un rôle qui apparait comme peu crédible. La minisérie offre bien sûr quelques belles batailles et moments épiques, et aura des conséquences intéressantes qu'il faudra aller chercher dans les séries régulières. 

Cependant, et malgré un pitch original, qui sortait des sentiers habituels, Marvel ne convainc pas pour cause de réponses trop improbables et d'un rythme beaucoup trop lent. Heureusement, qu'aux crayons, l'on a droit à un très bon Mike Deodato Jr qui offre de superbes compositions. Pour le reste, c'est très décevant et assez dommage, surtout de la part de Jason Aaron qui a su écrire d'excellentes choses, notamment avec Wolverine & The X-Men ou son actuel run sur Thor qui est grandiose.

Un autre avis : Xapur

Participation N°12

Almost Human

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Almost Human
1 Saison / 13 Épisodes



2048, L'inspecteur John Kennex perd son partenaire dans une intervention contre un gang qui tourne mal. Il perd aussi sa jambe et se retrouve hors service pour quasiment 2 ans.
Après 17 mois de coma, la pose d'une jambe synthétique et un peu de rééducation, il reprend du service. Désormais, la loi impose que chaque policier soit accompagné d'un auxiliaire robot de classe MX, et cela ne passe pas très bien auprès de John qui rend responsable ces machines de pure logique et sans émotion de la mort de son partenaire. Quelques frictions et un robot en miette plus tard, il se retrouve avec un nouvel auxiliaire, le DRN-0167. Celui-ci, qui répond au nom de Dorian, est un ancien modèle tiré d'une série déclassé pour instabilité émotionnelle. Effectivement, contrairement aux MX, les DRN sont équipés d'un programme "d'âme synthétique", ils ressentent et sont aussi humains que des humains. La cohabitation d'abord mal aisée va évoluer au fil des enquêtes.

Au premier abord, cette série a tout pour devenir un hit SF incontournable. Un pitch (ô mon pitch, quand t'as un p'tit creux) alléchant qui laisse entrevoir des questionnements intéressants sur la nature de l'être humain, sur l'évolution des technologies, sur les rapports humain/machine, etc. Une esthétique futuriste très réussie, entre Blade Runner et Minority Report, voire même Cyberpunk par moment (notamment l'épisode 9). Un casting principal plutôt efficace entre un Karl Urban assez drôle en inspecteur Kennex bourru et un Michael Ealy qui incarne très bien le touchant robot à l'âme humaine.
Et il faut dire que le duo fonctionne bien, les deux personnages vont évidemment finir par s'apprécier et plus ou moins se comprendre, leur complémentarité et leurs similitudes les rapprochant au fil des épisodes. S'il reste un peu stéréotypé, le couple (la bromance devrais-je dire ^^) fonctionne bien et reste le moteur principal de la série. Principal, voire exclusif, car le plus gros problème, hormis des personnages secondaires quasi transparents, c'est le classicisme des intrigues.
Nous avons affaire ici à un procedural des plus standard, avec le criminel de la semaine à chaque épisode, et des enquêtes qui, sous leur vernis futuriste, sont en fait toutes déjà vues et revues. Nouvelle drogue dans les rues, académie privée et loi du silence, trafic d'organes, rien de neuf sous le soleil de 2048, et c'est bien dommage. Car si la série lance quelques pistes d'une intrigue au long cours dans le pilote, sur fond de guerre des gangs, de trahison et de complots policier, il faut attendre le 11ème épisode pour en entendre un peu reparler et voir de nouvelles pistes se lancer. Un peu tard malheureusement, puisque la série s’est vu annulée à l'issue du 13ème épisode sans pouvoir offrir de conclusion à ces intrigues.

Si la série est sympathique et agréable à suivre malgré ses défauts, on peut regretter le gâchis et le manque d'ambition des créateurs qui offrent ici un produit relativement standard alors qu'ils avaient potentiellement de l'or entre les mains.


 

Batman Eternal

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Batman Eternal #1-52
DC Comics // 2014-2015
Dessins :

Batman Eternal est une série de comics en 52 épisodes, centrée sur Batman et son entourage. Lancée en avril 2014 sur un rythme de publication hebdomadaire, elle est enfin arrivée à son terme ce mercredi. C'est l'heure du bilan pour cette année écoulée sous le signe de la chauve-souris.
Alors que la série principale Batman était engagée dans Zero Year, une très longue histoire se déroulant dans le passé et s'attardant sur les débuts du justicier, le scénariste de cette série, aidée d'un beau panel d'auteurs lance Batman Eternal. Le but est de fêter les 75 ans du héros en grande pompe mais aussi de faire évoluer le présent de la Bat Family, mise à mal lors de la précédente apparition du Joker dans Death of the Family.

Alors que le commissaire Gordon poursuit un suspect, il va commettre une erreur, et déclencher une catastrophe effroyable dans le métro de Gotham City. Les victimes se comptent par centaines, et tandis que le policier héros de Gotham va se retrouver derrière les barreaux, son remplaçant décrète la chauve-souris persona non grata dans la ville. Toute la Bat Family, unie pour innocenter le commissaire doit en plus faire face à une foule d'attaque venant de tous les côtés. Petit à petit un lien se fait entre tout ces événements alors qu'il semble qu'un cerveau machiavélique tire les ficelles dans l'ombre.

L’exercice de la série hebdomadaire est délicat, tenir en haleine de manière aussi régulière, et sur un temps si long n'est pas chose aisé, et quand on voit le nombre d'artistes et scénaristes impliqués, on se dit que les réunions éditoriales doivent être un vrai casse-tête. Ceci étant dit, trêve de suspens, on peut dire que Batman Eternal est dans l'ensemble une réussite. 
Au fil des semaines, le nombre de fils narratifs n'a pas cessé de grandir, offrant à l'ensemble de l'entourage de Batman l'occasion de briller. Évidemment, toutes les intrigues parallèles n'ont pas présentées le même intérêt, mais l'histoire globale s'est avéré plus qu’intéressante à suivre. Tout au long de son parcours vers la vérité, Batman à été mis à mal, il s'est retrouvé face à toute sa galerie d'ennemis, il à été blessé et mis à terre, mais a toujours pu compter sur son entourage. Car s'il y a bien une chose que nous fait comprendre cette série c'est que si Batman est bien éternel, c'est parce qu'il a su transmettre ses valeurs, son idée de la justice et qu'il n'est pas seul à se battre.

Au rang des reproches, on peut trouver que l'histoire s'est parfois un peu trop délayée. Notamment sur la fin où l'on va de rebondissement en rebondissement alors que l'on attend de découvrir l'identité du marionnettiste derrière tout le chaos. Paradoxalement, la fin est du coup trop rapide, et la confrontation finale qui arrive vraiment tardivement s'en trouve un peu décevante. D'autant plus, que le lecteur attentifs aux nombreux indices, et familier du run de Snyder aura depuis longtemps éventé l'identité de l'adversaire ultime.
Il est à noter aussi que, commencé avant la fin d'Eternal, l'arc Endgame de la série principale spoil tout de même quelques questions que l'on pouvait avoir sur le destin de certains personnages à l'issue de la série hebdomadaire.

Malgré tout, Batman Eternal restera comme une bonne histoire. Certainement pas un classique ou un incontournable, mais une série à lire pour qui suit en ce moment l'actualité du Chevalier Noir. Elle offre de bons moments, et si les changements de statut sont minimes à son issue, on aura quand-même vu fleurir de nouvelles têtes que l'on attendra de revoir avec plaisir.


Participation N°11

Un Océan d'Amour - Lupano/Panaccione

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Un Océan d'Amour
Scenario : Wilfrid Lupano
Dessins & couleurs : Grégory Panaccione
Delcourt/Mirages // 2014 // 224p

Cet article est publié dans le cadre de l'opération La BD fait son Festival sur Priceminister

Monsieur et Madame sont bretons. Lui, un petit bonhomme bougon et taciturne est marin pêcheur. Elle, grande femme replète et attentionnée est bigoudène, dentelle et crêpes n'ont pas de secret pour elle. Comme tout les matins, il part en mer, sauf qu'un concours de circonstances à commencer par la rencontre impromptue avec un gigantesque chalutier, bateau de pêche-usine inhumain va le perdre en mer. Ne voulant pas croire à la mort de son petit bonhomme de mari, Madame va prendre son courage à deux mains et partir à l'aventure pour le retrouver.

La première chose qui frappe à la lecture c'est bien sur l'absence de dialogue. Le livre est entièrement muet, pas de dialogues, pas de narration, et l'histoire est intégralement porté par le dessin de Panaccione. Avec un style oscillant entre l'enfantin et la caricature, il offre des cases détaillées aux environnements réalistes ainsi que des personnages d'une très grande expressivité. Tout passe par les visages et la gestuelle des personnages, et ceux-ci raconte l'histoire aussi bien que des mots pourrait le faire.

Entre humour et gravité, nous suivons les aventures improbables et hors du commun de ce couple attachant, séparé par les éléments et les circonstances. Portés par de nombreux rebondissements aussi drôle qu'inattendus, cette fable romantique et aventureuse aborde aussi des sujets plus grave. Entre dégazage de pétrolier, continents de déchets et surconsommation, cet BD d'apparence légère ouvre les yeux sur un état du monde et des océans.

Originale, intelligente et touchante tant dans le fond que dans la forme, cette découverte est une vraie réussite, une petite pépite d'humour, d'amour et de conscience.

Et puisqu'une fois n'est pas coutume il faut une note, c'est un beau 18/20 que j'attribue.

http://www.priceminister.com/blog/la-bd-fait-son-festival-2015-12976