Warhammer 40K - Fanfilm : Astartes

Posted by with No comments

 


Quand j'ai une nouvelle obsession, j'ai tendance à m'y mettre un peu à fond de manière intense, parfois de manière très brève mais bon, jamais raisonnable.

Du coup depuis ma lecture du premier volume de l'Hérésie d'Horus, j'ai écumé les wiki, compulsé des listes d'incontournables à lire, chercher des fanfilms en pagailles et bref, il y a beaucoup de bouses dans ce dernier secteur, mais parfois une pépite. C'est le cas d'Astartes, un court métrage d'animation d'une douzaine de minutes dédié aux Space Marines de l'Adeptus Astartes.

« Les révoltes d’Argosa ont été matées. Les retributors de l’Astartes participent maintenant à la chasse des leaders de la rébellion en fuite. »

C'est ainsi que démarre ce court métrage au rythme fou. Le scénario... oui bon il y en a un, mais disons qu'il est réduit au strict minimum. Les Spaces Marines du chapitre des Retributors arraisonnent un vaisseau, l'abordent et se frayent un passage dans ses entrailles jusqu'à un artefact mystérieux gardé par deux personnages non moins mystérieux.

Ce scénario simple, épuré, va droit au but et n'est finalement qu'un pretexte pour mettre en scène avec brutalité et talent les Spaces Marines en action. Et quelle mise en scène ! On ressent la puissance de ces formidables guerriers qui ne connaissent pas la peur, on les voit inarétables, de véritables armées à eux seuls.

Au-delà de l'action débridé qui parcourt ces 12 minutes, ce court métrage vaut aussi pour sa qualité visuelle. Textures, animations, tout cela avec une seule personnes aux commandes, c'est une réussite totale.

Astartes est une grosse réussite, un film qui en quelques minutes nous présente l'ambiance sombre et violente de l'univers de Warhammer 40000, avec brio et de bien belle manière. 

Le créateur de l’œuvre ayant été recruté depuis par la branche animation de Games Workshop, on ne peut qu’espérer voir le pan audiovisuel de l'univers se développer un peu plus avec ce genre de talent !

>>> Pour voir le court métrage :   Fanfilm Warhammer 40k - Astartes




WH40K - L'ascension d'Horus - Dan Abnett

Posted by with No comments

L'Hérésie d'Horus #1 : L'ascension d'Horus - Dan Abnett
Black Library France // 2006 // 416p

Ha Warhammer 40 000 ! Cet univers sombre, torturé, bourrin et décérébré exerce une certaine fascination sur moi depuis mon adolescence et les quelques figurines achetés et jamais terminées de peindre. 

J'ai aussi un vieux bouquin de règles dans un coin, donné par un ami à l'époque, que j'ai lu dans tous les sens pour le background, l'historique, le lore de cet univers fascisant et décérébré. Je ne sais pas ce qui m'attire dans ce monde là, le côté "classe" des armures, les photos de figurines superbes qu'on peut trouver...

C'est un univers dans lequel je n'avais jamais poussé plus avant mon intérêt, déjà parce que les figurines coutent une blinde, ensuite ça prend du temps, et puis globalement faut avouer que c'est pas le milieu qui semble le plus progressiste (même si je connais au moins une personne de qualité qui y joue). Et enfin, l'univers étendu est constitué de beaucoup trop de roman pour je me risque à y mettre un orteil.

Enfin c'est ce que je disais, je n'ai pas pu résister à la sortie en audiolivre du premier tome de la saga L'Hérésie d'Horus, et résultat, j'y suis jusqu'au cou à parcourir les wiki, chercher des fanfilms, baver sur le site de Games Workshop... C'est désespérant...

Mais c'est quoi ce livre ?

L'hérésie d'Horus, c'est l'évènement fondateur de cet univers, qui se passe 10000 ans avant le jeu, et qui raconte comment Horus, le tout fraîchement nommé Maitre de Guerre de l'Empereur de l'humanité, son fils préféré, va le trahir.

L'Empereur aimé de tous à pour but d'unifier les colonies humaines dispersé dans la galaxie depuis des milliers d'années et coupés les unes des autres, et pour se faire, il emploie ses légion de l'Adeptus Astartes, les space Marines, des surhommes, post humains modifiés pour être grand, fort, viril, et immortel (et un peu con aussi globalement). Oui parce que l'Empereur bien aimé de tous a une vision spécifique de l'unité et ceux qui ne s'y conforment pas se font cogner dessus jusqu'à s'y conformer ou crever dans des gargouillis sanglant. Voilà, ça pose l'ambiance, Warhammer 40K c'est de la baston. Contre les hérétiques d'humains, les races Xenos, et tout ce qui sort de la conformité. C'est un univers fasciste et désespéré où le seul horizon visible est la guerre totale et l'exploitation dans la machine de guerre millénaire qui broie tout et tout le monde.

*  *  *

L'Ascension d'Horus débute alors que ce dernier vient juste d'être nommé Maitre de Guerre par l'Empereur, qui a décidé de se retirer de la croisade et de délégué celle-ci à son fils, et que la légion d'Horus, les Luna Wolves s’apprête à apporter la Vérité à 63-19 un monde se prenant pour la Terre.

On va suivre principalement le capitaine Loken, capitaine de la 10e compagnie des Luna Wolves, en première ligne lors de la pacification de ce monde. Suite à cette mission il va intégrer le Mournival, sorte de conseil rapproché informel d'Horus et va ainsi se retrouver mêler aux grandes décisions de la croisade.

Invasion, répression, sauvetage de frères en difficultés face à une espèce extraterrestre insectoïde meurtrière, contact avec une autre société humaine avancé, trahison, incursions de créatures issus du Chaos, le roman va nous proposer tout ça et bien plus encore dans un enchainement de bataille sanglantes et épiques, de moment glorieux où l'Honneur et la Vérité triomphe. C'est un roman sans concession, brutal, parfois bas du front et qui laisse peu de place à la nuance, mais dans le genre militaire, action débridé et moments Bigger Than Life, on est amplement servi. Tout est démesuré. Les tailles des Space Marines, leurs armes, leurs batailles, leurs capacités, les échelles de temps (ceux-ci peuvent vivre éternellement).

*  *  *

Mais grâce au point de vue du Capitaine Loken, un être qui arrive à penser au-delà de sa fonction d'outils de l'Empereur bien aimé de tous, ainsi qu'à ces échange avec des êtres humains plus conventionnel partageant la croisade, on a un ancrage d'humanité bienvenu, un semblant de réflexion et de remise en question.

Un semblant bien sûr car si Loken se pose parfois des questions sur la manière d'apporter la Vérité et la Lumière de l'Empereur, faisant preuve d'une compassion qui semble rare dans les rangs de l'Astartes, il ne doute pas de sa mission.

L'Ascension d'Horus n'est que le premier tome d'une saga qui compte désormais plus d'une cinquantaine de volumes (même si tous ne se suivent pas et ne sont pas essentiels à l'histoire) et à ce titre, il fait effectivement œuvre d'introduction. Des bases sont posées, des éléments juste introduit (le chaos par exemple) et il est impensable de s'arrêter ici.

J'ai vraiment passé un excellent moment avec ce roman, c'est épique à souhait et bourré d'action. Les personnages sont délicieusement monolithique à quelques exceptions prête, ils agissent comme des glands virilistes, tout ce que je déteste et pourtant, je me suis honteusement éclaté avec cette lecture.

Iels en parlent : Lianne, Lorhkan


Les Voltigeurs de Gy - Ursula Le Guin

Posted by with 8 comments

Les Voltigeurs de Gy - Ursula Le Guin
Editions ActuSF (Helios) // 2021 // 184p

Après avoir été totalement conquis par ma découverte de Le Guin avec l'excellent La Main Gauche de la Nuit, c'est avec plaisir que j'ai replongé dans son œuvre pour la découvrir ici dans le format nouvelles.

J'ai vu souvent la SF de Le Guin être qualifié d'anthropologique, et ce court recueil proposant 6 nouvelles de tailles variable illustre à la perfection ce qualificatif.

Au travers de ces 6 textes, l'autrice explore différentes sociétés et culture totalement étranges et étrangères, dans leurs structures, leur fonctionnement, leurs croyance, et elle le fait avec une cohérence et une vraisemblance qui force le respect et dans un style qui parfois donne l'impression d'avoir un récit de voyage, d'exploration, de découvrir réellement ces sociétés par le truchement d'un chercheur. Mais, comme nous sommes dans la fiction, il y a ce quelque chose en plus qui va au-delà du compte rendu, ce talent pour la narration qui nous emmène à la découverte.

Les Voltigeurs de Gy
Un peuple d'êtres oiseaux qui ne vole pas à l'exception de certains individus touchés par une anomalie/déviance/exception génétique. L'occasion de montrer comme cette société se construit autours de ce qu'elle considère comme un handicap, pourquoi et comment.

C'est passionant.

Première rencontre avec les Gorgonides
Un premier contact extra-terrestre en plein bush australien. L'occasion de dépeindre la misogynie crasse, et d'offrir à la protagoniste une chance d'émancipation.

Le Sommeil de Newton
Le destin de quelques privilégiés triés sur le volet qui ont la chance de pouvoir quitter une Terre en déliquescence, ravagé par les désastres écologiques. Un espoir de société plus juste, rationnelle et égalitaire qui s'avère en réalité très conservatrice et qui aborde l'importance de ne pas oublier d'où l'on vient.

L'Ascension de la face nord
Un texte très court et amusant qui m'a fait penser au Peuple du Tapis de Pratchett

La Première pierre
Un récit fort d'émancipation, de révolution qui parle du langage caché dans le langage. Une histoire sur la manière dont les dominés peuvent s'approprier et transformer la culture dominante pour la faire sienne.

Le Kerastion
La description d'un rituel funéraire qui permet en quelques lignes d'esquisser une société inégalitaire séparé en castes et d'aborder le fonctionnement, les interdits et les croyances de cette société.


La Construction
Un réçit sur un monde qui se reconstruit, sur les traditions qui se transmettent à travers le temps, sur le temps long et les conséquences du productivisme.

 

[Star Wars] Poe Dameron : Chute Libre - Alex Segura

Posted by with No comments

Poe Dameron : Chute Libre - Alex Segura
Pocket // 2021 (2020 VO) // 352p

Ha ! Un roman sur Poe Dameron, le pilote le plus cool et sexy de toute la saga Star Wars, tout pour plaire ou presque ? Ce roman a en effet la dure tâche d'éclairer un point du malheureux scenario de l'épisode IX, une remarque lâché en passant qui nous apprend que Poe Dameron aurait été passeur d'épice. Contrebandier, mafieux quoi. Poe. Dameron... 

Mais nous ne sommes pas là pour discuter des choix discutable de l'ultime opus de la saga Skywalker, mais plutôt pour voir comment s'en sort l'auteur pour faire de cette information une histoire intéressante.

Autre point, on voit que du coup le roman va mettre à l'honneur Zorii Bliss. Vous savez, le personnage que Chris Terio a introduit pour bieeeen nous montrer que Poe est hétéro (lol nope, never ever).

Poe a 16 ans et il s'ennuie à la ferme paternel sur Yavin IV. Il tiens trop de sa mère, feu Shara Bey, et il rêve d'aventure, du frisson du pilotage, mais son père, Kes est un peu trop protecteur et basiquement refuse d'envisager autre chose pour son fils que la vie planplan sur Yavin. Pas d'entre deux ni de demi mesures, tu reste là et tu calme ta joie.

Résultat, Poe se comporte comme un couillon et embarque sur le premier transport venu peu regardant qui cherche un pilote. C'est ainsi qu'il se retrouve mêlé aux terrible Passeurs d'épices de Kijimi, et qu'il rencontre Zorii Bliss.

* * *

Le moins qu'on puisse dire c'est que le roman est dynamique, les chapitres court enchainent les ellipses et péripéties, principalement centré sur la vie de Poe au sein des Passeurs d'épices, mais nous faisant aussi découvrir une agente du Bureau de Sécurité de la Nouvelle République (BSNR) qui traque sans relâche ces criminels, tant pour des raisons professionnelles que personnelles.

Le roman nous permet aussi de découvrir une époque où la Nouvelle République n'est pas encore à son sommet et où de nombreuses organisations criminelles profite de cet état. Avec Poe et Zorii, ainsi que leurs camarades, on plonge dans les rouages de l'organisation criminelle de Kijimi.

L'un des points fort du roman est sans conteste Zorii. Le jeune passeuse d'épice en formation est intéressante. Plongée toute sa vie dans cette existence, elle se donne corps et âme pour y réussir, mais son amitié avec Poe lui apporte un autre point de vue qui va peut-être l'aider à une certaine remise en question.

* * *

C'est du côté de Poe que le bât blesse. J'ai eu du mal à accepter les raisons de l'engagement de Poe dans cette vie. Lui qui est pétri de l'idéal de justice de ses parents, même sa défiance envers son père ou son désir de rébellion ne peuvent à mon sens expliquer un engagement aussi total sur cette voie criminelle. Bien sûr, il se pose des questions, sur les buts et motivations de son équipes, sur les actions détestables entreprises, mais il est à mon sens bien trop passif face à la situation.

L'autre reproche que je pourrais faire rejoint le premier point. Le roman est dynamique, et manque de moment plus posés avec un développement de qualité. Il passe trop vite sur certains points qui mériterait approfondissement et développement.

Et le dernier reproche. L'hétérosexualité 😛. Mais merde, laissez Poe être gay ou bi, arrêtez de forcer avec des romance hétéro qui n'amènent rien. Une amitié forte et fusionnelle mais platonique c'est bien aussi hein.

Au final Chute libre est pour moi une lecture en demi teinte. Mais si l'on passe au-delà de l'élément déclencheur et de certaines facilités scénaristique, on pourra apprécier un roman d'action vif et dynamique qui met en avant l'un des meilleur personnages de la postlogie (même s'il prend ici pas mal de décision à la con mais bon, on l'aime un peu pour ça aussi).

 

Sur la pàl - Juin 2021

Posted by with 2 comments

Après un mois de mai fatiguant et rempli de lectures moyenne, on se retrouve avec un mois de juin bien plus qualitatif mais où la fatigue continue de plomber mon rythme. Ma fille a pas mal été malade ces dernières semaine et il en résulte des nuits agitées, plus courtes et compliquées et donc je suis un zombie qui n'arrive pas à aligner plus de 10 pages le soir. 

Cependant j'ai lu de très bonnes choses ! :)

Les arrivées :

Un souvenir nommé empire - Arkady Martine

Nous avons toujours vécu au château - Shirley Jackson
Je me le réserve pour le mois d'octobre histoire d'aller dans ma thématique Halloween, ce sera l'occasion de découvrir l'autrice.

Elric tome 4 la cité qui rêve
Je vais le lire prochainement je pense mais d'abord je vais me refaire les tomes précédents

Heartstopper, vol 4 - Alice Oseman
Là aussi je vais relire les 3 premiers volumes avant de poursuivre avec celui-ci que pour le coup, contrairement aux autres, je n'ai pas lu en prépublication web :)

Straight - Chuck Tingle

Lectures du mois :

Les Tambours du Dieu Noir - P. Djéli Clark ⭐⭐⭐⭐

Très bonne découverte de l'auteur avec deux court texte fantasy / Steampunk. Une uchronie dans la moiteur de la nouvelle Orléans pour le premier, à l'intrigue classique mais aux personnages réussis et à l'ambiance immersive, et une enquête dans une egypte du début du XXe siècle émancipé grâce aux magies des Djiins. C'est là aussi très prenant, très immersif et on se réjouit de pouvoir retourner dans cette univers pour découvrir d'autres enquête de l'inspectrice Fatma el-Sha’arawi

Straight - Chuck Tingle  ⭐⭐⭐⭐

J'en reparle très vite en détail, mais c'était surprenamment bien. Du survival/slasher/zombie totalement queer, classique mais plein de surprises.

Un souvenir nommé Empire - Arkady Martine (Chronique ici) ⭐⭐⭐⭐

Beaucoup aimé ce premier roman de l'autrice :)


Ubik - Philippe K. Dick 💜

Une relecture que j'appréhendais tellement ce livre m'avait marqué, et si certains côté accusent leur âge, ce roman est toujours de grande qualité, surprenant, déroutant, avec un rythme bien dosé, un concentré des obsessions de son auteur. Bref, je continuerais de le conseiller, d'autant plus que je l'ai relu en audio, et que le lecteur Damien Witecka est franchement talentueux, c'est un plaisir de suivre l'histoire avec ses voix !


Comics divers

J'ai terminé deux story arc, tout d'abord le volume 2 de la série Star Wars - Doctor Aphra qui s'avère toujours fun à lire avec son personnage principale archéologue à la moralité douteuse.

Et ensuite le 6e volume de la série Venom par Donny Cates qui s'intéresse au répercussion de son event King in Black et qui met fin au run de l'auteur sur le personnage. Un run de grande qualité d'une excellent auteur qui aura réussi à m'intéresser à un personnage pour lequel je n'avais à la base aucun intérêt.



Un souvenir nommé empire - Arkady Martine

Posted by with 10 comments

Un souvenir nommé empire - Arkady Martine
J'ai Lu Nouveaux Millénaires // 2021 (2019 VO) // 512p

Allez, on part dans l'espace avec le 1er roman du diptyque Teixcalaan, un space opera écrit par une autrice lesbienne, mettant en scène une héroïne lesbienne et ayant obtenu le prix Hugo du meilleur roman, bref que des choses pour me plaire !


Mahit Dzmare est sélectionnée pour être la nouvelle ambassadrice de la station Lsel auprès de l'Empire Teixcalaan après la mort troublante de son prédécesseur. Un prédécesseur dont elle porte en elle une partie de la mémoire dans un implant cérébral, l'Imago. Une partie seulement car ce dernier n'a pas remis les pieds sur Lsel depuis 15 ans, laissant dans le flou ses compatriotes.

Que s'est-il donc passé durant ces années ? Dans quel état se trouve cet empire vorace qui lorgne de plus en plus sur la station Lsel ? C'est avec ces questions et bien d'autres que Dzmare va se retrouver embourbée jusqu'au cou dans des intrigues politiques aux répercussions galactiques, avec pour seul soutien sa chargée de liaison culturelle Trois Posidonnie, et sa connaissance de la poésie Teixcalaanlitzlim.

*  *  *

Avec ce premier roman, Arkady Martine met en scène un empire galactique expansionniste dont la structure, et la culture n'est pas sans rappeler Rome. Teixcalaan est le nom de la cité comme de l'empire, les non citoyens sont vus comme des barbares et sa politiques guerrière d'annexion obéit là aussi à des règles strictes, qui peuvent sembler un peu artificielles pour les non citoyens mais qui ont un impact majeur sur les intrigues politiques.

Des intrigues politiques, qui vont être au coeur de l'intrigue développée par l'autrice puisque Dzmare débarque alors que la question de la succession de l'empereur vieillissant Six Direction semble la question centrale dans la cité.

La politiques de Teixcalaan est complexe, pleine de faux semblant, non dits, de sous entendu, le tout évoquée et déclamé en poésie. Car c'est une des caractéristique principale de cette culture dont notre ambassadrice est profondément éprise, la poésie imprègne tout. Des relations interpersonnelles aux conflits politiques en passant par les diners mondains.

*  *  *

Un Souvenir nommé empire est aussi l'histoire d'une rencontre culturelle, de la manière dont on peut tomber amoureux d'une culture autre malgré tout ces défauts, comment on peut avoir envie de s'en imprégner totalement et se rendre compte qu'on ne sera jamais assez citoyen.

Le roman de Martine aborde aussi des questionnement intéressant sur la construction de l'individus, la mémoire, la personnalité, notamment par le biais de la technologie de l'Imago. Cet implant cérébral qui transporte la mémoire des morts est un éléments centrale de la culture de Lsel va s'avérer crucial à plus d'un titre.

Si l'intrigue politique est prenante, l'univers foisonnant et fascinant, les personnages de Martine ne sont pas en reste, au premier rang desquels notre protagoniste Dzmare et sa chargée de liaison culturelle Trois Posidonie. C'est un plaisir de voir nos deux héroïnes apprendre à se connaitre, apprendre l'une de l'autre, et se rapprocher tout au long du roman.

*  *  *

Que ce soit avec nos héroïnes ou bien avec les nombreux personnages secondaires qui gravitent autours du duo principal, l'autrice offre pour notre plus grand plaisir une galerie de personnages aux identités de genre et sexuelles diverses. Gay, bi lesbienne, intégrés au récit, normalisés dans ce monde, et les intrigues relationnelles / romantiques qui concernent ces personnages, bien que pas forcément de premier plan sont traités avec subtilité et vraisemblance.

Est-ce que ce roman est sans défaut alors ? Peut-être que non mais là on touche à des choses plus personnelles. On pourrait éventuellement reprocher une certaine naïveté à Dzmare, ainsi qu'une tendance à faire confiance trop facilement mais pour celle qui se retrouve isolée, plongée jusqu'au cou dans une culture qu'elle aime par dessus tout malgré son désir de prédation sur sa propre nation, il n'est pas inenvisageable de la voir se raccrocher aux bribes d'amitiés, de bienveillance, d'intérêt qu'elle glane ici où là.

Un Souvenir nommé Empire est un roman qui prend son temps, qui laisse l'action de côté au profit d'intrigues de cour tortueuses, il se concentre beaucoup sur le langage, la poésie ayant une importance capitale en Teixcalaan, et met au centre de son récit une galerie de personnages complexes et attachant. J'ai personnellement été transporté par la fascination de Dzmare pour l'Empire, par les questionnements identitaires portés par l'Imago, par le savoureux développement de la relation entre Dzmare et Trois Posidonie et j'ai adoré plonger avec l'ambassadrice dans cette rencontre culturelle totale.

J'attends avec impatience le second volume qui cloturera avec brio, je l'espère cet excellente histoire.

>>> Iels en parlent : Yogo, Lianne, Blackwolf, Lune, Celinedanaé (Signalez-vous en commentaire si je vous ai oublié, si je vous aime bien, je vous rajouterais :p)