Avis Express #2

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C'est le retour de la rubrique Avis Express avec comme la fois précédente des avis repris de mon compte instagram, mais aussi un inédit :p
Ayant moins de temps qu'avant, je pense que je vais continuer régulièrement de publier des chroniques courtes sur insta pour ensuite les reprendre ici histoire d'alimenter le blog et d'en garder une trace plus accessible :)


La Quête Onirique de Vellit Boe - Kij Johnson
Le Bélial // 2018 // 220p 
Un court et très beau roman de Fantasy qui prend place dans les contrées du rêve, un univers crée et visité par Lovecraft à de nombreuses reprises.
Si l'intrigue de ce texte est somme toute assez linéaire, Kij offre un magnifique voyage à travers des paysages extraordinaires, à la rencontre de créature étranges et où la beauté côtoie l'horreur.
Elle nous offre aussi la quête initiatique d'une femme ayant du vécu, du bagage et qui quitte la quiétude d'un poste universitaire pour repartir sur la route, comme par le passé, sa jeunesse en moins mais toujours aussi alerte.
L'autrice nous offre avec Vellitt, femme d'âge mûr et accomplie, une relecture qu'on pourrait qualifier de féministe de l'univers onirique de Lovecraft.
Les références aux écrits de l'auteur sont ainsi légion, donnant au connaisseurs beaucoup de grain à moudre. Cependant, et il faut bien insister sur ce point, nul besoin d'être familier du papa de Cthulhu pour apprécier ce superbe récit plein de poésie.
Une magnifique Fantasy à l'ambiance surannée et onirique, mais modernisé pour le plus grand plaisir des lecteurs.
On notera aussi que le roman est parsemé de très belles illustrations à l'encre de Nicolas Fructus qui font de cette édition un très bel objet.


Au bonheur des ogres - Daniel Pennac
Folio // 1997 (1985) // 286p
Première plongée pour moi dans l'univers de la Saga Malaussène et ce fut un régal.
Allez savoir pourquoi j'avais l'image d'une série jeunesse légère, et j'étais totalement à côté de la plaque.
On a ici un récit plein d'humour, parfois à la limite de l'absurde, portée par une galerie de personnages hauts en couleurs aux spécificités marquantes.
La plume de Pennac toute en circonvolutions est un plaisir pour les yeux, et l'intrigue tortueuse est passionnante.
Loin d'être légère sous ses atours rigolards, on découvre une histoire assez sombre et torturée, qui va même parfois jusqu'à l'ignoble mais sans aucune lourdeur.
Très riche, elle développe beaucoup de thèmes qui s'avèrent, plus de 30 ans après très actuel.
J'irai définitivement lire la suite de la série !

Eleanor & Park - Rainbow Rowell
Pocket jeunesse // 2014 (2012) // 378p
Avec son roman Fangirl, probablement l'un de mes plus gros coup de cœur depuis des années, Rainbow Rowell est devenu l'une de mes autrices favoris. J'ai pourtant lu peu d'elle, Carry On, et puis l'actuelle série de comics Runaways qu'elle scénarise et qui est un petit bijoux.
J'ai donc enfin attaqué Eleanor & Park dont j'ai lu ici et là de nombreux avis très enthousiastes, et je n'ai pas été déçu.
On suit ici deux adolescents geek et perdus dans les années 80. Tout deux relativement en dehors de la norme ils vont développer au fil du livre une relation un peu particulière au début, amicale ensuite et jusqu'à un amour sincère et très fort.
Comme toujours avec Rainbow Rowell, c'est la consistance de ses personnages qui touchent, ceux-ci font réel. Que ce soit Park, l'ado discret un peu passe partout toujours le nez dans ses comics ou bien Eleanor, la rousse un peu trop flamboyante, trop grosse, trop voyante, pour le reste du monde et dont la famille difficile est engluée dans les problèmes financiers.
Entre les références à la pop culture et culture geek, la progression de leur relation et la découverte de la vie peu reluisante d'Eleanor, on est happé par cette romance qui touche en plein cœur.

Juste un peu de cendres - Thomas Day & Aurélien Police

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Juste un peu de cendre - Thomas Day & Aurélien Police
Éditions Glénat // 2017 // 128 pages
Service Presse demandé par mes soins.

C'est peu dire que j'apprécie énormément le travail d'illustration d'Aurélien Police, chacune de ses couverture est un régal pour les yeux et voir son nom associer à un roman me donne très souvent envie de lire celui-ci. Oui je suis superficiel, j'aime les belles couvertures ^^
Le voir donc en compagnie de Thomas Day pour ce qui est son premier travail de BD, cela titille forcément la curiosité.


Ashley Torrance à 17 ans et elle à décidé de partir de chez elle pour protéger ses parents. Ses yeux vairons lui permettent de voir l'invisible, et dans ce monde, elle découvre des êtres singulier, d'apparence humaine, que seul sa vision particulière permet de voir sous leur véritable apparence, des monstres qui vivent parmi nous et les filaments de cendre qui les relie quelque part, ailleurs... Mais Ashley n'est pas seule, et c'est avec une bande un peu disparate qu'elle part à la recherche des racines du mal.

Thomas Day offre ici une histoire sombre et horrifique, une chasse aux démons sous forme de road trip mais aussi une plongée dans l’Amérique contemporaine et ses démons que sont la misère et la pauvreté.
L'intrigue s'avère relativement classique dans son déroulé, l'équipe se réunit, affronte les démons, etc. mais grâce au propos politique sous-jacent, l'histoire est ainsi étoffée et à bien plus à offrir qu'un déjà très bon divertissement. Thomas Day plonge dans la pop culture, dans l’histoire des USA, dans de vieux mythes amérindiens et mélange le tout avec succès pour nous exposer le voyages d'adolescents perdus dans un monde en déliquescence.

Côté graphique, il va sans dire que les planche d'Aurélien Police sont somptueuses, sont style qui mélange illustration numérique et montage photos est superbe. On s'éloigne pas mal de la BD traditionnelle avec des pages très déstructurée, une narration qui passe aussi beaucoup par l'écrit et une construction qui tend parfois vers le roman illustré. Si en général l’appellation roman graphique à tendance à m'exaspérer, étant souvent utilisée à tort et à travers avec une sorte de snobisme insupportable pour parler de BD, je trouve que pour une fois le qualificatif lui va à merveille. Pas vraiment une BD dans le sens traditionnelle, pas non plus un roman illustré, mais un savant mélange de narration romanesque et de d'illustrations.
Le seul reproche que l'on pourrait faire, c'est que la conséquence de ce style fait que la plupart des pages sont assez statiques, très illustratives puisque délaissant la narration, de même que parfois il y a une certaines froideur qui se dégage de certaines planches donnant à l'ensemble un côté un peu artificiel. Ce qui est assez paradoxale puisque souvent Aurélien Police propose des choses très organiques.

Mais que l'on ne se méprenne pas, ces maigres défaut n'entache en rien le plaisir que l'on a à parcourir ce bel ouvrage qui sous couverts d'horreur nous parle d'adolescence et de notre société de bien bel manière, comme d'ailleurs toujours les meilleurs œuvres du genre.