Une cosmologie des monstres - Shaun Hamill

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Une cosmologie des monstres - Shaun Hamill
Albin Michel Imaginaire // 2019 // 416 pages
// Livre lu en audiolecture //
 

Une cosmologie des monstres est un roman très différent de ce que j'attendais.
J'imaginais une lovecrafterie glougloutante dans une Amérique contemporaine, avec les thèmes du raciste de Providence remis au gout du jour un peu comme l'ont fait Kij Johnson ou Victor Lavalle (dans deux excellents textes) mais pas du tout, ou pas vraiment. 

L'influence de Lovecraft est très tangible, dans des titres de chapitres, dans les goûts littéraire d'Harry Turner, dans sa critique du l'auteur. Mais Shaun Hamill nous propose plutôt ici une fresque familiale qui démarre à la toute fin des années 60 avec la rencontre de Margareth et Harry Turner et qui va aller jusqu'au début des années 2010, conté par leur plus jeune fils Noah. 

Pendant toutes ces années, on va suivre quelques fragments de vie de la famille Turner, leur quotidien difficile, les problèmes qui leurs tombe dessus, leur résilience face à la vie, les dépressions, les coups durs, les enfants, les petits enfants, les amis, amants ou amours qui traversent un instant leur vie. L'obsession malsaine pour l'entreprise familiale, une maison hanté dont les idées et plans semblent soufflé par ce qu'il y a derrière le voile. La rencontre avec le surnaturel, forcément, la manière dont tout s'imbrique enfin et l'innomable.

Le récit de Shaun Hamill prend son temps, il distille les éléments fantastique avec parcimonie, laisse le lecteur s'interroger longtemps sur le sens de tout ce qu'il voit pour finalement tout résoudre dans une apothéose sinistre et amère.

Le roman de Shaun Hamill possède ce petit quelque chose qu'a Stephen King dans ses meilleurs œuvres, ce côté terre à terre, cet ancrage dans le réel, cette manière de dépeindre un quotidien normal où l'horreur n'est pas tant dans les monstres que dans la vie de tous les jours. Mais à cela il y mélange avec talent la capacité qu'avait Lovecraft de nous faire ressentir qu'il y a quelque chose d’innommable derrière le voile du réel et y ajoute un zeste de pulp qui pourrait tourner au kitsh dans les mains de quelqu'un d'autre mais il parvient avec talent à liée toute ces influences pour en sortir une très bonne fresque fantastique où rode l'horreur.

//Point représentation : Personnage secondaire bi ou lesbien.

//D’autres avis : Au pays des Cave trolls, Les lectures de Xapur, Un papillon dans la Lune, Nebal, Les chroniques du chroniqueur, Chut… maman lit!, L’Albedo, l'épaule d'orion

4 commentaires:

  1. Je l'avais offert à mon frère l'an dernier il a adoré le début et puis a complètement déchanté. Faudrait que je le lise, ça m'intrigue.

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    1. Ha, tu sais ce qui l'avait déçu ?
      Il ne faut pas s'attendre à du gros fantastique, c'est vraiment plus accès chronique d'une famille "ordinaire"

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  2. Ouais, avis mitigé pour moi
    (et merci pour le lien)

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    1. J'ai vu qu'effectivement il t'avais moins plu.
      Je comprends les reproches que tu lui fais d'ailleurs, j'attendais un roman bien plus horrifique, mais au final, l'angle choisis m'a convaincu malgré tout :)

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