Les royaumes immobiles, 1 : La princesse sans visage - Ariel Holz

Camp Damascus - Chuck Tingle

Camp Damascus - Chuck Tingle
Tor Nightfire // 2023 // 256p

S'il s'est fait connaître pour sa nomination au prix Hugo avec un chef d’œuvre du Dino Porn, Chuck Tingle s'est lancé depuis deux ans dans de la littérature un peu plus conventionnel avec le très bon roman d'horreur Straight qui sous ses atours classique offrait un divertissement efficace et abordait avec justesse nombre de problématique LGBT+.

Il est revenu cette année, toujours dans l'horreur avec Camp Damascus et là encore il tape fort avec un roman qui aborde la question des thérapies de conversion, la bigoterie, la maltraitance des personnes neuroatypique et avec un vernis d'horreur des plus divertissant.

Camp Damascus c'est le nom du camp de conversion avec le plus haut taux de réussite au monde, 100%, et il est administré par une secte évangélique au sein de laquelle à grandit Rose Darling. Et tout semblait aller pour le mieux dans la vie de rose sauf qu'elle se met à voir une femme étrange à l'allure morbide qui rôde dans les environs, qu'elle crache parfois des nuées de mouche, qu'il lui semble ressentir de drôle de sensation quand elle observe des jeunes filles de son âge et que sa mémoire semble légèrement chamboulé.

* * *

Chuck Tingle va donc nous faire suivre le parcours de Rose et autant dire qu'il n'est pas de tout repos. Rose est sur le spectre autistique, Rose est une lesbienne qui s'ignore et elle vit dans une famille profondément religieuse qui suit des préceptes fanatiques et arriérés, et en plus de ça, la vie de Rose bascule lentement dans un cauchemar.

L'intrigue du roman est plutôt réussie, on voit bien sûr venir le twist même si pas mal de révélations touche, mais l'ensemble fonctionne très bien. Chuck Tingle est très doué pour mettre en place des situations pleines de tension horrifique, c'est franchement très réussi sur ce point là aussi.

Son panel de personnages fonctionne très bien, les relations des principaux protagonistes progressant vers une petite famille trouvé qui marche très bien, et il offre un antagoniste vraiment détestable.

Et comme dans son précédent roman horrifique Straight, il propose du fond, des thèmes fort et important pour les marginalisé et traite ces sujets de très bonne manière,toujours bien entremêlé avec son intrigue.

S'il aborde les persécution subie par les personnes LGBT+ de la part des communauté évangélique, il pose sur la foi un regard nuancé et intéressant qui s'interroge sur le sens qu'on peut donner ou trouver dans celle-ci, surtout après avoir subit discrimination et violence de la part des institutions religieuse.

Avec le personnage de rose que l'on découvre sur le spectre autistique, il montre aussi la violence que ces personnes peuvent se prendre par celles et ceux qui ne cherchent pas à comprendre leurs comportement sortant parfois de la norme et qui tente de les y conformer, c'est parfois dur, comme beaucoup de choses aborder dans le roman mais fait avec finesse.

Encore une fois, Chuck Tingle montre qu'en plus d'être une personne pleine d'humour et d'une imagination débordante, il est définitivement un auteur à prendre au sérieux qui petit à petit se fait sa place dans un genre où on ne l'attendait pas forcément. Peut-être peut-on maintenant enfin espérer voir des traductions arriver, mais j'en doute fort.

En tout cas je répondrait présent en 2024 pour son prochain titre d'horreur déjà annoncé, Burry your gays.

Love is Real.

Commentaires

  1. Oh, ça m'intéresse bien, ça, mais je pense qu'il faudra que je choisisse correctement mon moment pour le lire ^^

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