Une forme de guerre - Iain M. Banks

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Après l'Homme des Jeux et l'Usage des Armes, il s'agit ici de ma 3ème incursions dans la Culture. Publié en numéro 3 en France, il s'agit en réalité du premier roman du cycle.

Pour ceux qui ne sont pas familier du cycle, la Culture est une société relativement anarchiste, utopique et idéale où les humains sont libérés des contingences matérielles tel que travailler, gagner de l'argent... Effectivement, dans la Culture, celui-ci n'a plus cours, les besoins énergétiques ne posent aucun problème et des machines plus ou moins intelligentes selon leur postes s'occupent de tout. Les citoyens de la Culture n'ont à se préoccuper que de leur bonheur immédiat. La Culture s'occupe de tout et tout le monde. Car elle aime bien fourrer son nez dans les affaires des autres sociétés qui n'ont pas atteint son niveau. Avec une sorte d'impérialisme bienveillant et discret, elle s'ingénie à guider et orienter des civilisations afin, au final, que son action résulte par l'amélioration des conditions de vie des peuples "infiltrés".
Du coup, forcément, lorsque la rencontre se fait avec les Idirans, peuple expansioniste violent et guerrier à la limite du fanatisme religieux, la Culture part en guerre. 

Le présent récit prend place à un moment clef de cette guerre, lorsqu'un mental de la Culture, sorte d'intelligence artificiel de très haut niveau, trouve refuge sur la planète Schar à l'issue d'un violent accrochage avec des unités Idiranes. Le problème c'est que la planète Schar est interdite d'accès, protégé par les Dra'Azon, une espèce quasi divine, qui en a fait une sorte de monument aux mort.
Les Idirans qui tiennent absolument à mettre la main sur le mental et sur les informations qu'il a en sa possession vont dépêcher en mission Bora Horza Gobuchul, un des dernier représentant de la race des métamorphes, qui a ses accès sur la planète. Malheureusement pour lui, tout ne se passe pas comme prévu et un long chemin semé d'embuches va l'attendre avant qu'il ne puisse espérer mener sa mission à bien.

Ce qui marque à chaque livre du cycle, c'est qu'en réalité on ne voit que très peu de chose de la Culture. La plus part du temps, l'intrigue se passe en marge de cette société idyllique, là où elle tente d'agir, là où elle entre en contact avec les autres. Ici, celle-ci nous apparait principalement à travers le prisme du métamorphe dont les pensées nous sont livrées et qui poursuit de sa haine intarissable cette société parfaite. L'autre contact cette fois plus direct avec la culture se trouve chez Pérosteck Balvéda, agent de la Culture chargée de récupérer le mental pour le compte de celle-ci et aussi par le biais de petits interludes nous présentant un autre agent, Fal' Ngeestra, une humaine aux capacités égales à celles d'un mental qui va conseiller Balvéda à distance.
A travers ces trois personnages et surtout grâce au voyage de Horza à travers la galaxie, ça va être au lecteur de se faire son image de la Culture. Et quel voyage ! Banks déploie un talent certain à créer de nombreuses espèces, des habitats, des sociétés, des personnages, c'est riche, c'est démesuré et varié.
Mais c'est tout de même long et on se prend parfois à espérer que le voyage de Horza se termine rapidement.
Situé à un moment clef de la guerre entre la Culture et les Idirans, ce récit s'attarde plus à conter une histoire individuel, celle d'hommes et de femmes pris dans les évènements, parfois si sur de leur importance et pourtant si insignifiant. Et si le déroulement de l'histoire est parfois un peu long, la fin est tout de même assez scotchante, démontrant l'inutilité, la vanité des individus face à des évènements qui les dépasses.

Si ce roman ne restera pas mon incursion favorite dans la Culture, il n'en reste pas moins remarquable. Il dépeint un univers à la richesse quasi infinie, il procure des moments grandiose de pur "sense of wonder" et offre une galerie de personnages riches et fouillés. Malheureusement lu en 3ème position, il souffre de la comparaison avec les autres romans du cycle ainsi que d'une trop grande linéarité et de digressions superflues.
Dommage de persister à le présenter en VF comme 3ème et non 1er roman du cycle, il y gagnerait à être lu avant les claques que sont l'Homme des Jeux et l'Usage des Armes.





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