Midnight Sun - Stephenie Meyer

Posted by with 8 comments

Midnight Sun - Stephenie Meyer
Hachette // 2020 // 800p

Ha, Twilight... Bella, Edward, l'humaine, le vampire, une histoire d'amour classique en somme mais un succès fulgurant. Classique dans ce qu'elle dépeins une relation hétéro standard totalement inscrite dans son temps avec tout ce que cela implique d'inégalité dans les rapports de pouvoirs, de sexisme intériorisé, de harcèlement et d'emprise romantisé. 

Et pourtant... J'ai aimé malgré tout aimé cette histoire à l'époque de sa publication vers 2007/2008. Oui, c'est malsain par bien des égards, et à ce titre le volume 4 est terrible en plus d'être chiant, mais ce n'est pas pire que 90% de ce que l'on peut trouver dans le genre, et ça simplicité et sa sincérité m'ont touchés à l'époque et fait vibré. J'ai même relu le premier tome début 2020, avec le recul, l'éducation féministe que j'ai acquise et... pas oui c'est plein de soucis mais "c'est pas si pire" quoi. Mais la série c'est pris des tombereaux de haine et de mépris, des réactions que l'on peut attribuer en partie à deux choses. La saga est le fait d'une femme, et elle vise principalement un public jeune et féminin. D'ailleurs je vous invite fortement à écouter le podcast de Lemon Adaptation sur le sujet qui développe ça bien mieux que moi.

Bref, tout ça pour dire que je suis globalement acquis à la cause quand Midnight Sun est finalement annoncé. Finalement ? Oui parce qu'à l'origine, Stephenie Meyer travaillait dessus en 2008 mais elle a mis de côté le projet quand les premiers chapitres du manuscrits ont fuité. 

***

Midnight Sun nous propose donc de revisiter le premier tome de la saga, Fascination, mais narré par Edward Cullen, le vampire, et compte donc nous faire partager l'intégralité de ses pensées. Oui, toutes ses pensées. Et croyez-moi, ça fait beaucoup, beaucoup de pensées.
Et c'est là que mon premier reproche arrive. C'est long, très long, beaucoup trop long.  Par comparaison, Midnight Sun fait 225 000 mots, là ou Fascination n'en faisait que 125 000. Et ça se ressent à chaque page. Edward se lamente, Edward réfléchit, Edward pense, Edward introspecte, Edward atermoie et le lecteur subit dans un longue agonie. C'est lourd, le style de Meyer n'est pas particulièrement mauvais (contrairement aux critiques qui lui ont été faites d'ailleurs), il est relativement sobre et sans artifice, mais le résultat c'est que ce n'est pas adapté à ce genre de chose. Les long monologues d'Edward sont un calvaire. ET PENDANT 800 PAGES !!

Si il y avait clairement des soucis dans la représentation des relations hétéro dans Fascination, inutile de dire qu'on retrouve ici les mêmes problème mais ceux-ci sont exacerbé puissance 10 par les pensées d'Edward. Tour à tour il la traite d'hystérique, la considère comme incapable, envisage sérieusement de la faire interner parce qu'elle n'a pas de réaction approprié, il la manipule consciemment en utilisant son attachement pour lui, bref là où l'on avait une "relation problématique mais ça va c'est mignon", on se retrouve avec un type ultra glauque et manipulateur. Edward est détestable et ces tentatives de justifications son pathétiques.

***

Au rang des points positif, car il y en a tout de même, on pourra noter quelques "scènes coupés", des moments où Edward était seul, sans Bella et qui nous offre un autre point de vue. On appreciera aussi de découvrir la dynamique de la famille Cullen, de voir son fonctionnement, de découvrir certains personnages plus en profondeur. A ce titre, la palme revient encore à Carlisle qui est adorable

Malheureusement, là encore la vision de l'autrice vient entacher ces moments. Esme, la mère d'Edward est relativement insipide, définie uniquement par l'amour inconditionnel qu'elle peut porter aux autres, mais je crois que le pire c'est Rosalie. Si le personnage n'est pas toujours franchement agréable dans la saga, on nous la présente ici de manière affreusement caricatural. Rosalie devient l'archétype de la femme belle sans rien dans le crâne, superficielle, jalouse, vindicative. L'autrice ruine totalement son personnage sous sa représentation misogyne.

Bref, je vais arrêter là, on retiendra qu'au final il n'y a pas grand chose à sauver dans ce pavé interminable et sans saveur.


8 commentaires:

  1. C'est sûr que là, en comparaison, "Fascination" ça a l'air pas si pire. 🙈

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ha oui complètement lol. Mais globalement, il est vraiment pas pire en vrai, il y a des tas de trucs du genre bien plus mauvais ^^

      Supprimer
  2. Mais pourquoi tu as lu ça jusqu'au bout ? 😱
    Sinon : tu arrêtes de me mettre de chouettes podcasts que je connaissais pas nous le nez ? *insérer émoji de la petite fille pas contente*

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Haha, curiosité malsaine je crois, et puis bon c'était en audiolivre et je l'ai terminé en vitesse x1,8... du coup c'était moins pénible lol
      (haha, zéro regret pour les podcast XD)

      Supprimer
  3. Mais pourquoi s'infliger ça ?! Bon après clairement moi je ne suis pas le public pour Twillight à la base, alors ça.... ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bah parce qu'à la base, j'y allais avec un bon a priori T_T

      Supprimer
  4. Tu es courageux d'avoir tenté l'expérience :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Lol, c'est ce que tout le monde me dit mais en fait, je l'attendais ce livre T_T
      J'étais motivé même au début...

      Supprimer