Epées et démons - Fritz Leiber

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Epées et démons - Fritz Leiber
Pocket SF // 1985 (VO 1970) // 250p

J'ai finalement décidé de m'attaquer à un monument de l'heroic fantasy, le Cycle des épées. Si je déplore régulièrement le manque de diversité dans les littérature de l'imaginaire (Oui ça évolu, je sais pas besoin d'une liste), j'ai malgré tout le coupable plaisir d'apprécier encore certains textes surannés, épiques et riches en aventure, tel que les Conan d'Howard. Mais à petite dose.

Bref, du coup en voyant passer un article récent de Xapur sur le sujet, je me suis rappelé que j'avais envie de lire cette saga du père de la Sword & Sorcery.
Bon par contre, vu que les intégrales Livre de Poche sont pas ultra agréable (avec une couverture très bof) et que les couv des éditions Bragelonne sont moche (à part celles des 10 ans mais dur à trouver), je me suis rabattu sur un lot trouvé d'occasion des Pocket SF à dos noir avec les illustrations de Siudmak en pleine page ! Et moi j'aime bien Siudmak, même si ses illustrations sont incompréhensible et / ou n'ont aucun rapport. C'est pas grave, c'est beau.

Bref c'est parti, pour de l'aventure, de la baston et de la magie noire !

Les Femmes des Neiges

Second texte du présent volume (mais le premier fait une page et s'avère être une vague introduction joliment écrite mais sans particulièrement d'interet) et l'on fait la connaissance de Fafhrd, un barbare des terres enneigés vivant sous la coupe d'une société matriarcale de sorcière des neiges acariâtres et envieuse... tout un programme.

C'est long, rempli de clichés sexiste, et pas palpitant pour deux sous. On découvre les origines d'un des héros, un barbare en quête de civilisation, mais qui ne se sent pas assez civilisé pour assumer sa paternité puisqu'il fuit sa future femme enceinte avec une saltimbanque sexy *soupire*. 

Vu qu'en l'on a encore aucun attachement particulier aux personnages, on s'ennuie ferme. C'est le soucis de présenter des œuvres dans une chronologie interne et non dans dans l'ordre de publication.

Le Rituel profané

Cette fois-ci, se sont les origines du Souricier Gris qui nous sont présentés, et si globalement on retrouve les même soucis de représentation féminine foireuse  (combo lâcheté et attireuse d'emmerdes *soupire*), cette fois-ci on a une intrigue plus prenante. Magie noire, meurtre, trahison et torture, rien que ça. On découvre le Souricier en apprenti magicien, éperdu d'amour pour Ivrian, la fille du Duc Janarl, un amour qui va lui causer bien des ennuis. L'intrigue n'est pas extraordinaire mais l'histoire est courte et le style suffisamment dynamique pour que l'on y trouve de l'interet.

Mauvaise rencontre à Lankhmar (Nebula Award and a Hugo Award)

Et on attaque le dernier morceau, la rencontre des deux (anti-)héros. Celle-ci se fait au détours d'une allée sombre dans la cité de Lankhmar, sur le détroussage de deux membre de la guilde des voleurs.
Leur rencontre fortuite les lie instantanément, dans l'ivresse, la violence et le tragique. Les deux héros sont à Lankhmar avec leurs amour respectifs rencontré dans les textes précédent, Fafhrd pour accomplir la vengeance de sa dulcinée, le Souricier pour tenter de maintenir le niveau de vie de la sienne.

Le texte laisse parfois perplexe tellement on a juste l'impression de voir le cliché de deux potes qui picolent ensemble et râlent sur leurs femmes respectives. Mais à côté de ça, leur rencontre semble à la limite de la bromance, et l'on ne peut pas s’empêcher de déceler un sous texte homoromantique entre les deux héros dans nombre de leurs interactions (ou alors j'ai trop de yaoiste dans mon entourage).

Côté intrigue, on a de la quête de vengeance, de l'infiltration dans une guilde des voleurs, un affrontement contre un mage noir terrifiant et de l'alcool, beaucoup. C'est plaisant à lire, parfois drôle, et la fin, bien que reposant sur un ressort scénaristique un peu trop usé fonctionne surprenamment bien et offre un retournement de situation dramatique du plus bel effet, offrant un contraste fort avec l'humour et l'aventure du texte.

Bon, de là à lui filer le Hugo et le Nebula par contre...

Premier contact en demi teinte donc avec cet univers et ces héros qui accusent leur âge mais qui semblent malgré tout prometteur. Ce premier tome souffre du défaut d'avoir été conçu avec un ordre de lecture ne facilitant pas l'immersion immédiate et proposant une introduction assez molle heureusement rattrapé par un dernier texte fort agréable. Je poursuivrais donc, ne serait-ce que parce que comme un couillon, j'ai acheté l'intégrale d'un coup... (Bon pour 6 balles, ça va).

Ils en parlent :
Xapur

 

6 commentaires:

  1. C'est vrai que ce n'est pas le meilleur tome.
    Le reste est un peu dans la même veine, des bagarres, de la beuverie, des jolies filles dénudées et souvent sournoises*manipulatrices, du cynisme...
    C'est amusant dans son genre, si on aime ou si on est tolérant^^

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    1. Pour ce genre de vieilleries, ça fonctionne avec moi par petites doses, il ne faut pas que j'en enchaine trop mais ça passe, j'aime énormément les Conan de Howard d'ailleurs :)

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  2. J'en ai lu un (celui-là peut-être ?) il y a longtemps. Rien de mémorable mais c'est intéressant pour voir l'influence que ça a pu avoir. C'est un peu comme Conan, j'ai pas forcément envie de tout lire mais c'est sympa de remonter aux sources et de découvrir le vrai texte, pas les clichés qu'on a construit autour.

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    1. Oui c'est intéressant pour le côté historique. Pour l'instant ma préférence va vers Conan parce que j'aime beaucoup le côté décadent et le style de l'auteur.

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  3. Ah c'est le genre de classiques qui n'a pas bien vieilli ça. Bon courage à toi pour sa lecture !

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    1. Non effectivement, ça accuse son âge, mais on peut y trouver son compte avec un peu d'indulgence ^^

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